Regard sur l'édition 2021-2022
des Canadiens

Avec l'arrivée de quelques joueurs en plus d'un groupe de jeunes voulant faire leur place dans la formation, les Canadiens de Montréal seront une différente équipe à l'amorce de la saison 2021-2022.

Même s’il est impossible de prédire précisément comment ces nouveaux venus et ces jeunes se joindront au noyau de l’équipe, il semble y avoir eu un changement de philosophie drastique en ce qui concerne les résultats escomptés.

Le noyau de l’équipe est majoritairement resté identique à celui qui a mené le Tricolore jusqu’à la Finale de la coupe Stanley la saison dernière, mais l’équipe a adopté une approche plus axée sur l’attaque que lors des récentes saisons, offrant plusieurs opportunités aux jeunes espoirs de faire leur marque et de passer au prochain niveau.

Cela ne veut toutefois pas dire pour autant que les Canadiens ont abandonné leur approche défensive qui leur a très bien servi dans la dernière décennie, mais, concrètement, la formation actuelle devrait pouvoir effectuer davantage de jeux excitants en zone offensive et, idéalement, davantage de buts.

Quel joueur devrait éclore?

À seulement 20 ans, le meilleur reste à venir pour Cole Caufield. En raison de son incroyable saison 2020-2021, qui l’a vu remporter plusieurs honneurs, notamment le trophée Hobey-Baker remis au meilleur joueur de la NCAA, la barre est déjà haute.

Il se présentera au camp d’entraînement comme l’un des favoris à l’obtention du trophée Calder, mais il le fera alors qu’il a déjà prouvé sa valeur à l’équipe grâce à une audition de 10 matchs en fin de saison, auxquels s’ajoutent 20 rencontres éliminatoires.

On ignore toujours s’il sera en mesure de maintenir sa production de l’année dernière, c’est-à-dire environ 33 buts inscrits dans une saison de 82 matchs. Cependant, nous savons déjà que Caufield possède énormément de talent et est le genre de joueur que les Canadiens n’ont pas eu dans les dix dernières années.

Il est peut-être injuste d’avoir autant d’attentes envers un si jeune joueur, mais le parcours de Caufield vers la LNH nous a prouvé qu’il est le genre de joueur qui brille dans les moments importants et qui profite des opportunités qui se présentent à lui, comme en témoigne sa récolte de 2,15 points par 60 minutes de temps d’utilisation lors des plus récentes séries, un sommet chez tous les joueurs des Canadiens.

Il a aussi obtenu de très bonnes statistiques à cinq contre cinq en fin de saison. Notons le fait que cette production est tout à fait soutenable et qu’il ne serait pas étonnant que celle-ci augmente alors qu’il trouve son rythme de croisière dans la LNH.

En avantage numérique, Caufield ne se contentera pas seulement de marquer des buts. Son tir menaçant, l’un des meilleurs de toute la Ligue, créera des lignes de passe et des chances de marquer pour ses coéquipiers.

Il ne terminera peut-être pas sa saison recrue en tête des marqueurs de l’équipe, car tout ne repose pas entièrement sur lui, mais il devrait tout de même parvenir à créer des chances de marquer qui mèneront à de longues présences en zone offensive.

En résumé, Caufield est taillé pour le marché de Montréal. Il a tout pour devenir un joueur vedette et possède la concentration, le dévouement et le talent pour y arriver.

Quid de la position de centre?

Avec le départ de Phillip Danault, une opportunité en or s’est présentée à Nick Suzuki. Son temps d’utilisation devrait augmenter drastiquement, de même que ses responsabilités, alors qu’il est le favori pour occuper le rôle de premier centre de l’équipe.

Avec ces nouvelles responsabilités, Suzuki aura enfin la chance de montrer au reste du monde du hockey un aspect de son jeu qui demeure extrêmement sous-estimé : son intelligence défensive.

Oui, Danault manquera aux Canadiens, mais Suzuki peut absolument suivre les traces de Danault en défense, en plus de produire offensivement comme nous sommes en droit de nous attendre de la part d’un joueur de premier trio.

La qualité de l’opposition augmentera, mais celle de ses coéquipiers aussi, surtout si Suzuki est jumelé à Brendan Gallagher.

Ce n’est plus un secret pour personne : Gallagher est l’équivalent d’un « cheat code » au hockey.

Aucun autre joueur dans l’équipe ne peut rendre ses coéquipiers meilleurs, en plus d’augmenter leurs chances de marquer, lorsqu’il est sur la patinoire.

Par exemple, lorsque Gallagher se retrouvait sur la glace avec Danault, ils étaient en mesure de contrôler 57 % des tirs, une statistique impressionnante. Cependant, lorsqu’ils étaient séparés, cette statistique baissait à 47 % pour Danault, tandis que Gallagher continuait à contrôler la majorité des tirs.

Il existe des joueurs de centre dans la Ligue qui peuvent freiner des attaquants tout en continuant de maintenir d’excellentes statistiques à l’attaque. S’il n’y a aucune garantie que ce sera le cas pour Suzuki lors de la prochaine saison, il est parfaitement fait pour ce rôle, surtout s’il peut compter sur l’aide précieuse de Gallagher.

Qui marquerA des buts?

Il ne serait pas faux d’affirmer que les Canadiens possèdent actuellement leur meilleure formation à l’attaque depuis des années.

Mike Hoffman, Josh Anderson et Tyler Toffoli seront en mesure de marquer des buts, mais ils utiliseront tous les trois des manières différentes d’y arriver.

Hoffman est un marqueur naturel, alors qu’il combine tir et précision pour marquer la majorité de ses buts. Vous pouvez vous attendre à une saison de 25 buts et plus de sa part, tout dépendant de la rapidité avec laquelle la chimie sera créée au sein de l’avantage numérique de l’équipe.

De son côté, Anderson ressemble beaucoup à Hoffman, alors qu’il trouve le fond du filet grâce à d’excellentes chances de marquer. Cependant, il inscrit davantage de buts en fonçant vers le filet et en créant lui-même ses chances de marquer suite à un bon positionnement, plutôt qu’à un bon lancer.

Quant à Toffoli, celui-ci se situe à l’opposé des deux premiers buteurs puisqu’il a tendance à tirer énormément pour se créer des chances de marquer, de la même façon que le fait Gallagher.

Ce trio d’ailiers talentueux devrait pouvoir faire plus que mener l’attaque de l’équipe à cinq contre cinq, même si cet aspect de leur jeu demeure très important. Ils seront tous les trois cruciaux dans les succès en avantage numérique, surtout si Hoffman peut continuer à produire au même rythme qu’il y est parvenu avec ses équipes lors dernières années.

Qui sera la surprise de la saison?

Les Canadiens ont solidifié leurs troisième et quatrième trios en procédant aux acquisitions de Mathieu Perreault et de Cédric Paquette, au point où ces combinaisons devraient être meilleures que n’importe quels troisième ou quatrième trios formés l’an passé.

Cependant, il y aura des blessures et quelques espoirs pourraient être en mesure de venir prêter main-forte aux Canadiens.

On pense immédiatement à Ryan Poehling, le candidat numéro un à être rappelé. Après une première saison décevante dans la AHL, Poehling est parvenu à s’établir comme l’un des meilleurs joueurs du Rocket de Laval la saison dernière.

Non seulement il a augmenté sa production, passant de 0,36 à 0,89 point par match, mais il a aussi effectué des pas de géant pour passer à la prochaine étape de sa carrière. Son jeu défensif s’est, lui aussi, grandement amélioré, tout comme son coup de patin, sa force et sa capacité à utiliser ses ailiers à chaque présence sur la glace.

Jesse Ylönen a aussi le potentiel pour causer une surprise cette saison, grâce à son redoutable tir et à son excellent coup de patin. Il n’est pas le genre de joueur à placer sur un troisième ou quatrième trio, mais si un joueur de « top 6 » venait à manquer à l’appel, Ylönen serait un choix logique pour contribuer offensivement.

Rafaël Harvey-Pinard a encore beaucoup à apprendre dans la AHL, mais si sa saison recrue est un indice des choses à venir, il serait un joueur idéal à rappeler si l’équipe était à la recherche de combativité, puisqu’il est fait du même moule que Brendan Gallagher. Même s’il ne marquera pas autant de buts que le numéro 11 du Tricolore, il rendra ses adversaires fous en se postant sans arrêt devant le filet adverse.

Quels sont les défis à la ligne bleue?

Suite à l’annonce de l’absence de longue durée du capitaine Shea Weber, il y aura vraisemblablement des minutes et des tâches à combler à la ligne bleue.

Comme à l’habitude, ce sera à Jeff Petry de mener la charge pendant l’absence de Weber et, puisqu’il est constant autant offensivement que défensivement, vous pouvez être certains que Petry effectuera le travail avec aplomb à forces égales.

En avantage numérique, Petry sera à nouveau l’un des joueurs clés de l’équipe. S’il ne possède pas le même redoutable tir que Weber, il demeure l’un des défenseurs les plus productifs en avantage numérique de toute la Ligue, comme le prouvent ses 15 points obtenus en supériorité numérique la saison dernière, le classant au dixième rang chez les défenseurs.

L’emploi de quatre attaquants en avantage numérique permettra aussi de pallier l’absence de Weber. Cependant, l’équipe aura besoin d’un meneur de jeu sur la deuxième vague, un rôle qui pourrait être confié à Alexander Romanov.

Sa vision, à laquelle s’ajoute son penchant pour rester en haut de zone et créer des lignes de passes, le rendent l’une des options les plus intéressantes pour voir son temps d’utilisation avec l’avantage d’un homme augmenter.

David Savard et Brett Kulak sont aussi des candidats potentiels de l’attaque massive, mais ils devraient déjà être énormément utilisés en compagnie de Ben Chiarot et de Joel Edmundson pour réduire au silence les attaquants adverses à cinq contre cinq, un rôle qu’ils remplissent admirablement bien.

À quoi ressemblera la gestion des gardiens de but?

Après avoir été opéré au genou, Carey Price devrait être à son poste au début de la saison, mais, à l’instar de la dernière campagne, attendez-vous à ce que son utilisation soit plus limitée qu’il y a cinq ans.

Comme nous avons pu le voir lors du récent parcours éliminatoire de l’équipe, le repos a bien servi Price, ce qui a résulté en des responsabilités accrues pour Jake Allen, qui a très bien performé à sa première saison à Montréal. Il tentera de conserver ce même niveau de jeu cette saison en tant qu’adjoint de Price.

Mais ne soyez pas surpris si un troisième gardien se pointe avec l’équipe. Cayden Primeau n’est pas encore prêt à assumer le rôle de gardien numéro un dans la LNH, mais le jeune gardien devrait pouvoir obtenir quelques départs lorsque l’occasion se présentera.

En conclusion

Il n’est pas évident de prédire à quelle position les Canadiens concluront la prochaine saison, notamment en raison des changements effectués cet été. Néanmoins, avec le fait qu’ils risquent de marquer encore plus de buts cette saison grâce à leurs ajouts, il serait raisonnable pour eux de viser les séries encore une fois cette année.

Une fois les séries amorcées, comme ce fut le cas l’année dernière, tout peut arriver. Le hockey qui s’y joue est différent et les Canadiens savent que ce style leur convient très bien.

Mais, à long terme, cette saison permettra au Club de se mesurer aux autres équipes afin d’évaluer la progression de certains joueurs pour déterminer s’ils sont prêts à occuper un rôle plus important avec l’équipe ainsi que de connaître la vraie valeur du nouveau programme de développement.

Les vétérans devront continuer à mener la charge, mais la saison à venir est peut-être celle où ils passeront le flambeau à la prochaine génération.

Un texte de Marc Dumont, collaboration spéciale traduite par François Lafleur du magazine des Canadiens.

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