Sommet virtuel du G20

« Serons-nous prêts à garantir l’accès [aux vaccins] à l’échelle planétaire, et à éviter à tout prix le scénario d’un monde à deux vitesses, où seuls les plus riches pourraient se protéger du virus ? »

— Le président de la République française, Emmanuel Macron, dans une adresse à ses homologues lors du sommet virtuel du G20, présidé par l’Arabie saoudite

Des manifestants mettent le feu au parlement

Des centaines de Guatémaltèques ont mis le feu samedi au parlement du Guatemala pour protester contre le budget 2021, au moment où des manifestants exigeaient la démission du président Alejandro Giammattei, a constaté un journaliste de l’AFP. Des flammes gigantesques ravageaient l’intérieur du bâtiment, dont la façade était constellée de graffitis antigouvernementaux. La Croix-Rouge a soigné plusieurs personnes intoxiquées par les fumées, selon un porte-parole de l’organisation, Andrés Lemus. Le groupe ayant mis le feu au bâtiment a agi alors qu’une manifestation pacifique avait lieu devant l’ancien palais du gouvernement, dans le centre historique de la capitale et à proximité du Congrès, pour exiger la démission du chef de l’État, un médecin de 64 ans au pouvoir seulement depuis janvier. Les manifestants lui reprochent notamment d’avoir donné son aval au budget controversé de près de 13 milliards de dollars, le plus important de l’histoire du pays. Des Guatémaltèques mécontents dénoncent aussi l’opacité des ressources pour faire face à la pandémie du nouveau coronavirus ou la création d’un poste de super-ministre attribué à un jeune proche du président. Dans la nuit de vendredi à samedi, le vice-président du Guatemala lui-même, Guillermo Castillo, avait exhorté le président Giammattei à démissionner avec lui. — Agence France-Presse

Cuba

Une protestation d’artistes reçoit l’appui des groupes d’opposition

Les principales organisations d’opposition à Cuba ont exprimé samedi leur soutien à une protestation de jeunes artistes, membres du collectif Mouvement San Isidro, qui a débuté lundi pour dénoncer l’emprisonnement d’un des leurs. « Nous sommes déjà 25 membres de l’UNPACU et de Cuba Decide à observer un jeûne solidaire avec le Mouvement San Isidro », a annoncé sur Twitter l’ex-prisonnier politique José Daniel Ferrer, leader de l’Union patriotique de Cuba (UNPACU). Des organisations dissidentes modérées, réunies dans le Rassemblement d’unité d’action démocratique, ont également apporté dans un communiqué leur « plus ferme soutien » au mouvement. Une douzaine de membres du Mouvement San Isidro campent depuis lundi dans le local du mouvement, dans le quartier historique de La Havane, pour dénoncer l’emprisonnement d’un de leurs membres, le rappeur Denis Solís, arrêté le 9 novembre et condamné à huit mois de prison pour « outrage » à l’autorité. L’affaire a fait réagir les autorités américaines : « Le monde regarde, la communauté internationale reconnaît votre protestation pacifique », a lancé sur Twitter, à l’attention des artistes, le chargé d’affaires des États-Unis à Cuba, Timothy Zúñiga-Brown. Le gouvernement communiste cubain ne reconnaît légalement aucun mouvement d’opposition, dont il considère les membres comme des « mercenaires » au service de Washington. — Agence France-Presse

Irak

Une embuscade fait neuf morts, dont six militaires

Neuf personnes, six militaires et trois civils, ont été tuées samedi soir dans une embuscade tendue par des djihadistes du groupe État islamique (EI) au nord de Bagdad, a indiqué à l’AFP un responsable local. Une bombe placée en bord de route, à environ 200 km au nord de la capitale irakienne, a explosé au passage d’une voiture de civils et lorsque des policiers et des membres du Hachd al-Chaabi – coalition de paramilitaires désormais intégrés à l’État – sont venus à leur rescousse, ils ont essuyé des tirs de djihadistes, a détaillé à l’AFP une source policière. « Quatre membres du Hachd tribal », les unités sunnites de cette coalition dominée par les chiites pro-Iran, « deux policiers et trois civils ont été tués dans l’attaque de l’EI », a déclaré à l’AFP Mohammed Zidane, maire de la localité de Zouiya. L’attaque n’a pas été officiellement revendiquée, mais M. Zidane et la source policière ont tous deux accusé le groupe EI. L’Irak a déclaré il y a trois ans la « victoire » sur l’EI, mais le groupe conserve des cellules clandestines dans les provinces sunnites du pays, notamment Salaheddine, où a eu lieu l’attaque de samedi soir.

— Agence France-Presse

Brésil

« Immense tristesse » aux obsèques d’un homme noir tabassé à mort

L’émotion était perceptible samedi à Porto Alegre, dans le sud du Brésil, à l’enterrement de João Alberto Silveira Freitas, un homme noir mort après avoir été roué de coups par des gardiens de sécurité blancs d’un supermarché Carrefour.

« C’est une immense tristesse, je ne souhaite ça à personne, j’ai du mal à retenir mes larmes », a dit à l’AFP João Batista Rodrigues Freitas, le père de ce Brésilien de 40 ans tué jeudi soir, à la veille de la Journée nationale de la conscience noire.

« J’espère que toute l’émotion que sa mort a suscitée fera en sorte que notre société s’améliore […], qu’on enseigne les principes d’égalité sur les bancs de l’école », a lancé son père.

Les images insoutenables d’une vidéo montrant la victime frappée à coups de poing par un gardien dans le stationnement du supermarché pendant qu’un autre le tenait ont choqué le Brésil.

Selon les premiers éléments de l’enquête, il a été roué de coups pendant plus de cinq minutes avant d’être immobilisé par ses agresseurs et de mourir asphyxié.

Bolsonaro dans le déni

Samedi, au début de son discours au sommet virtuel du G20, le président Jair Bolsonaro a une nouvelle fois ignoré les graves problèmes de racisme structurel qui minent le Brésil, pays dont plus de la moitié des 212 millions d’habitants sont noirs ou métis.

Le dirigeant d’extrême droite a mis en avant le « métissage » du Brésil et a fustigé « ceux qui veulent semer le conflit et la discorde » en tentant d’« importer » dans son pays des « tensions » raciales « qui ne font pas partie de son histoire ».

« En tant qu’homme et en tant que président, je vois tout le monde de la même couleur : vert et jaune [les couleurs du drapeau du Brésil] », a-t-il aussi affirmé, réitérant des propos diffusés la veille sur Twitter, dans lesquels il se disait « daltonien ».

« Nous savons à quel point il est difficile d’éveiller les consciences, parce que les ennemis du combat contre le racisme sont au pouvoir actuellement », a déclaré à l’AFP Matheus Gomes, élu (de gauche) à l’Assemblée législative de Porto Alegre, présent à l’enterrement.

Vendredi soir, des manifestations réunissant plusieurs centaines de personnes ont eu lieu devant des supermarchés Carrefour à Porto Alegre et dans d’autres grandes villes brésiliennes.

— Agence France-Presse

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