SEPB-Québec

Vers une transformation plus humaine des institutions financières

Les institutions financières sont en pleine mutation. Centralisation des services, virage numérique, restructurations successives : ces grandes transformations concernent les clients et membres de ces institutions, certes, mais elles ont aussi une incidence directe sur leurs employés. Refusant d’emblée d’être un frein au changement, le SEPB-Québec met tout en œuvre pour faire partie de la solution tout en veillant aux intérêts de ses membres.

Comptant 12 sections locales et quelque 15 000 membres répartis partout au Québec, cette organisation syndicale représente principalement des employés de bureau et techniques ainsi que des membres d’ordres professionnels. Au sein du Mouvement Desjardins et de la Banque Laurentienne du Canada, elle protège les droits et intérêts de 3800 employés syndiqués.

Chez Desjardins, une transformation organisationnelle est en cours depuis sept ans. Les activités opérationnelles qui se faisaient dans les caisses sont déplacées vers des centres de services partagés, et ce, dans l’objectif évident d’augmenter la rentabilité des opérations. Pour le personnel touché, les répercussions sont nombreuses : abolition de postes, redéfinition des tâches, changement de milieu de travail ou encore mutation dans une autre ville.

Le syndicat de la Banque Laurentienne, établi à Montréal, observe aussi des changements importants. Les fusions successives des succursales ont entraîné des inconvénients majeurs pour la clientèle, et le plan de transformation a aussi eu pour effet de réduire de manière significative le nombre d’employés syndiqués au sein de l’institution. La banque a par ailleurs fait un pas de plus dans cette direction en abandonnant entièrement le service aux caisses et en adoptant un modèle sans argent comptant, orienté sur le conseil financier.

Le syndicat : un acteur central dans le changement

Pour la direction du SEPB-Québec, l’intention du syndicat n’est jamais d’entraver la transformation des entreprises. La volonté de l’organisation est toutefois d’assurer une transition juste et plus humaine pour ses membres qui subissent les contrecoups de tels changements. « Notre rôle est de baliser la façon dont ceux-ci se déroulent pour voir à ce que ce soit fait dans le respect des travailleuses et des travailleurs. C’est pourquoi nous avons toujours voulu faire partie du changement et travailler avec tous les employeurs dans une approche collaborative. »

— Andréanne Lemay, directrice exécutive adjointe du SEPB-Québec

À la Banque Laurentienne, la présence du syndicat aura ainsi permis de sauver des emplois au Québec.

« À nos yeux, il ne fait aucun doute que sans le travail du syndicat, un grand nombre d’emplois auraient déjà été transférés à Toronto. »

— Julie Tancrède, présidente de la section locale 434  Dans les cas où des pertes d’emploi se sont avérées inévitables, des indemnités de départ de cinq à sept fois plus généreuses que le minimum prévu au Code canadien du travail sont inscrites dans la convention collective. « Pour quelqu’un qui vient de perdre son emploi, ça fait une différence énorme d’un point de vue financier ; ça permet d’amortir le coup », soutient Julie Tancrède.

Chez Desjardins, la dynamique syndicale fonctionne très bien, et les décennies de militantisme au sein de l’institution démontrent bien l’engagement du SEPB-Québec dans le domaine financier. « Depuis nos débuts, en 1967, nous avons démontré que nous faisons une réelle différence dans la qualité de vie et les conditions de travail de nos membres », indique Guy Latour, président du SEPB-575, plus grand syndicat chez Desjardins. « Nous sommes à même de le constater quand nous voyons les conditions des employées et employés non syndiqués : nos augmentations salariales et nos conditions de travail négociées sont supérieures à celles des travailleurs que nous ne représentons pas », ajoute-t-il.

Des gains pour tous

Le président du SEPB-Québec, Loïc Breton, tient à le souligner : « Les études confirment que les employés syndiqués continuent d’obtenir une rémunération horaire moyenne supérieure à celle des employés non syndiqués. Et on ne parle même pas des assurances collectives ou des régimes de retraite. » Une forte présence syndicale dans un secteur — qu’il soit financier, manufacturier ou autre — a un effet positif sur l’ensemble des conditions de travail et sur la qualité de vie des travailleuses et travailleurs. A contrario, l’exemple le plus probant est celui des États-Unis, où la chute du taux de syndicalisation a été accompagnée d’une hausse fulgurante des inégalités sociales et économiques.

Le bien-être de la collectivité est d’ailleurs l’un des objectifs du SEPB-Québec. Au-delà de ses membres, le syndicat se positionne aussi sur les principaux enjeux de notre société qui affectent l’ensemble de la population, comme le salaire minimum à 15 $/h et un régime d’assurance médicaments universel.

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