Les boutiques Bizou en faillite

Bizou a officiellement annoncé la faillite de ses 45 boutiques, qui ont été vidées et fermées en début de semaine. L’entreprise fondée en 1982 attribue ses problèmes financiers à l’augmentation des ventes en ligne, aux conséquences de la pandémie, à une « diminution considérable de l’achalandage en centres commerciaux », à l’augmentation des coûts d’exploitation et aux défis d’approvisionnement. Les 350 employés recevront tous un dédommagement via le Programme de protection des salariés du gouvernement du Canada. « Bizou devra repositionner son modèle d’affaires », précise le communiqué. On y apprend également le décès du fondateur Marcel Labrecque survenu subitement en avril 2022. L’entreprise avait déjà eu recours à la Loi sur la faillite et l’insolvabilité en octobre 2020. — Marie-Eve Fournier, La Presse

Taux directeur

Vers une huitième hausse de suite ?

La Banque du Canada devrait annoncer mercredi prochain la huitième hausse consécutive de ses taux d’intérêt, et la plupart des banques commerciales prévoient une augmentation d’un quart de point de pourcentage.

Cela porterait le taux directeur de la banque centrale à 4,5 %, le plus élevé depuis 2007.

Bien que l’inflation globale ait sensiblement ralenti le mois dernier, Royce Mendes, chef de la stratégie macroéconomique du Mouvement Desjardins, observe que les pressions inflationnistes sous-jacentes sont toujours persistantes. « Je pense que [la banque] utilisera tout cela pour justifier la nouvelle hausse des taux », dit-il.

Le mois dernier, le taux de chômage est tombé à 5,0 % au Canada, légèrement au-dessus du creux historique de 4,9 %.

Après avoir de nouveau relevé les taux d’intérêt en décembre, la Banque du Canada a signalé qu’elle était prête à faire une pause dans son cycle de fortes hausses de taux.

L’institution est probablement encouragée par le ralentissement de l’inflation globale ; après avoir culminé à 8,1 % au cours de l’été, le taux d’inflation annuel a chuté à 6,3 % le mois dernier.

Cependant, Royce Mendes a noté que les mesures de base de l’inflation, à l’exclusion des éléments plus volatils tels que la nourriture et les hydrocarbures, n’ont baissé que légèrement le mois dernier.

Pendant des mois, les observateurs du marché ont tenté de deviner à quel moment la banque centrale serait prête à cesser de relever les taux, certains exprimant leur optimisme quant au fait que la hausse de décembre serait la dernière. Cependant, cette fois, la plupart des prévisionnistes semblent s’entendre sur une hausse en janvier, affirmant qu’une augmentation la semaine prochaine serait la dernière du cycle.

Royce Mendes s’attend lui aussi à ce que ce soit la dernière augmentation avant un certain temps. Cependant, à son avis, « la Banque du Canada doit s’assurer qu’elle en a fait suffisamment pour remettre l’inflation sur la voie de la cible de 2 %. Et ce n’est pas encore clair ».

Des hausses seulement si nécessaire

Le directeur de l’économie du Groupe Banque TD, James Orlando, estime que même si elle avait l’intention de cesser d’augmenter les taux, la Banque du Canada ne semble pas prête à reculer dans son annonce de la semaine prochaine.

M. Orlando s’attend à ce que la Banque du Canada dise qu’elle ne prévoit pas la nécessité de nouvelles hausses de taux, mais qu’elle continuera de surveiller l’évolution des conditions économiques. De cette façon, la porte est ouverte à de nouvelles hausses, si nécessaire. « De toute évidence, si les choses deviennent incontrôlables… alors elle pourrait devoir augmenter à nouveau les taux. »

Depuis le mois de mars dernier, la Banque du Canada s’est lancée dans l’un des cycles de hausse des taux les plus rapides de son histoire.

Après avoir réduit les taux d’intérêt à près de zéro pendant la pandémie pour stimuler une économie en chute libre, elle n’a cessé, en 2022, de les augmenter pour réprimer la flambée des prix.

Les hausses ont déjà considérablement ralenti le marché du logement et devraient affecter l’économie plus largement avec le temps. Les entreprises et les consommateurs confrontés à des coûts d’emprunt plus élevés réduiront leurs dépenses, amenuisant ainsi la demande et atténuant les pressions à la hausse sur les prix.

Pourtant, jusqu’à présent, les économistes disent qu’une grande partie de la baisse de l’inflation a été causée par des facteurs indépendants de la volonté de la Banque du Canada, comme la baisse des prix de l’énergie. Cela signifie que le poids des hausses de taux d’intérêt n’a pas encore été ressenti.

Royce Mendes voit de la part de la Banque du Canada une volonté d’équilibrer les risques d’augmenter les taux trop fortement ou trop peu. « C’est un exercice d’équilibre très difficile », explique-t-il.

La Banque du Canada publiera également mercredi son rapport trimestriel sur la politique monétaire, qui fournira des prévisions mises à jour pour la croissance économique et l’inflation.

Alors que l’économie canadienne réagit aux taux d’intérêt plus élevés, de nombreux économistes disent que le Canada entrera dans une légère récession cette année. Certains signes indiquent que les taux d’intérêt élevés et l’inflation pèsent sur les entreprises et les consommateurs.

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