Jeux Olympiques

Regard extérieur

Alexandre Pratt, Yves Boisvert, Simon Drouin et Bernard Brault vous feront vivre les Jeux olympiques de Tokyo au quotidien, à travers leurs yeux. Mais peut-être avez-vous des questions ou des suggestions à leur transmettre ? C’est l’occasion de le faire. Ils vous répondront dans le cadre de la chronique Regard extérieur.

Ils seront les vedettes des Jeux… Caeleb Dressel

Dans le sillage de Michael Phelps

Révélé aux Mondiaux de 2017 avec une récolte de sept médailles d’or, Caeleb Dressel est le nouveau visage de la natation américaine

Après Mark Spitz, Matt Biondi et Michael Phelps, la natation américaine espère avoir trouvé son nouveau monarque : Caeleb Dressel.

Le nageur de 24 ans, déjà double champion olympique en 2016 à Rio (en relais), pourrait s’imposer dans six ou même sept épreuves à Tokyo, un exploit qu’il a déjà réalisé aux Mondiaux de 2017.

Maintenant âgé de 35 ans, Phelps ne sera pas des Jeux pour la première fois depuis 1996 et plusieurs autres vétérans – Ryan Lochte, Anthony Ervin et Nathan Adrian – ont aussi tiré leur révérence. C’est donc sur les épaules de Dressel que repose la tâche de mener une équipe américaine particulièrement jeune, avec pas moins de 11 nageurs de moins de 20 ans.

Avec sa compatriote Katie Ledecky, le spécialiste des sprints est le seul véritable candidat à une récolte de médailles parmi les Américains. Et l’absence de profondeur du côté masculin pourrait lui compliquer la tâche dans les relais.

« Le départ des vétérans laisse un vide immense, c’est évident, a reconnu le spécialiste des sprints. Nous allons tous devoir apprendre vite et tenter d’en faire un peu plus chacun.

« Et les prédictions me concernant ne me dérangent pas. Je comprends l’intérêt des amateurs pour ma carrière, mes performances, celles de mes coéquipiers, et j’apprécie le soutien du public lors des compétitions. »

« Pour moi, le plus important est de nager plus vite. Tout ce qui ne m’aide pas à nager plus vite est sans intérêt. »

— Caeleb Dressel

Et il nage vite.

Depuis deux ans, Dressel a enregistré les temps les plus rapides dans ses trois disciplines de prédilection, le 50 m et le 100 m style libre et le 100 m papillon. À Tokyo, il pourrait aussi prendre part au 200 m style libre, en plus des relais.

Le Floridien est le seul nageur actif ayant franchi la barre des 47 secondes (46,96 s) au 100 m libre, à seulement 0,05 s du record établi par le Français Alain Bernard et égalé par le Brésilien Cesar Cielo, à l’époque des maillots complets qui ont été interdits depuis.

Et il a frappé un grand coup, au début du mois de juillet, lors des sélections américaines à Omaha, en réussissant le meilleur temps de l’année au 50 m libre, 21,29 s, le samedi matin en manche préliminaire. Le lendemain soir, en finale, il est descendu à 20,05 s, montrant de façon éclatante qu’il avait les moyens de s’attaquer à plusieurs records du monde à Tokyo.

« J’aime choisir mes moments », a-t-il raconté après sa victoire au 100 m libre, sa première des sélections.

« J’étais très excité et il y avait beaucoup d’émotions emballées dans cette performance. Tous les combats, les efforts que nous avons dû faire pendant la pandémie et les quarantaines, les difficultés à trouver des piscines pour s’entraîner. C’était plus qu’une simple course. »

Celui qui a déjà arboré un tatouage représentant un immense aigle et un drapeau américain sur son épaule gauche – remplacés depuis par une créature mythique – a connu une progression inhabituelle, un peu en marge des autres nageurs d’élite. Ce n’est qu’à l’Université de la Floride qu’il est devenu une vedette.

En 2012, à 15 ans, il était lui-même dans les gradins du CHI Center à Omaha pour suivre les sélections américaines pour les Jeux de Londres et encourager Phelps et ses idoles.

« Je n’oublierai jamais avoir été un ado de 15 ans dans ces gradins, a-t-il rappelé à la foule après sa victoire au 50 m libre. En ce moment, d’autres ados de 15 ans sont là et ils pensent peut-être : “La prochaine fois, je vais battre ce punk.” S’il vous plaît, faites-le ! Je n’ai pas envie de nager toute ma vie. »

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