Québec

Jean-François Gosselin propose un métro en Haute-Ville

Québec — Après des années d’acerbes critiques envers le projet de tramway de Régis Labeaume, son opposant politique Jean-François Gosselin a finalement dévoilé mercredi sa vision du transport en commun à Québec : un métro en Haute-Ville et un métrobus vers Beauport.

Son projet respectera le cadre financier du tramway, jure le chef de Québec 21.

Mais déjà plusieurs voix décrient « le manque de sérieux » de l’exercice ou dénoncent un projet « brouillon ». Le maire Régis Labeaume parle de « fumisterie » qui coûtera au bas mot 6 milliards, soit deux fois plus que le tramway.

Jean-François Gosselin, qui niait il y a quatre ans encore que la capitale avait besoin de transports collectifs structurants, assure qu’il a « évolué » depuis.

« Ça va positionner Québec parmi les leaders mondiaux des transports en commun », a lancé mercredi matin M. Gosselin. Contrairement au tramway, son projet n’entraînera « aucune rue éventrée, aucun arbre mature coupé ».

Le projet de tramway a déjà été approuvé par le gouvernement de François Legault, qui s’est engagé à le financer à hauteur de 1,8 milliard. Ottawa doit avancer 1,2 milliard. La Ville va payer le reste du budget de 3,3 milliards.

Mais s’il est élu, le chef de l’opposition officielle entend le jeter aux poubelles.

Il propose plutôt en Haute-Ville un métro léger souterrain qui relierait la colline Parlementaire, Sainte-Foy et la tête des ponts, dans un tunnel de 13,5 km.

Le plan prévoit aussi un trambus de 4,5 km entre la colline parlementaire et Beauport, qui filerait par l’autoroute Dufferin-Montmorency. Il s’agit essentiellement d’autobus sur des voies réservées.

M. Gosselin a expliqué qu’il préférait que son trambus se rende directement à D’Estimauville et Beauport – sans passer par la Basse-Ville – « pour favoriser la vitesse ».

« Dans un univers parallèle »

Le chef de Québec 21 jure qu’il pourrait livrer son projet dans l’enveloppe prévue du tramway. Ce dernier prévoit un tunnel de 1,8 km pour passer de la Basse à la Haute-Ville. Le métro léger que propose M. Gosselin exige un tunnel de 13,5 km.

Il cite une étude de la firme Systra produite en 2019 pour le compte de la Ville de Québec. L’étude évaluait le coût d’un métro entre 150 et 200 millions par kilomètre.

Le maire Régis Labeaume estime que Québec 21 a présenté des chiffres erronés. Les chiffres de Systra avaient été pris à travers le monde. Le coût d’un tunnel à Québec a été étudié pendant les deux dernières années par la Ville pour le tramway et se chiffre, selon lui, à 358 millions par kilomètre.

« Ces gens-là vivent dans un univers parallèle. C’est une opération de communication pour sauver leur emploi », accuse le maire.

« Nous sommes contre un projet où le mode structurant ne sert que la Haute-Ville », dit le maire de Québec. « On se fout complètement de la Basse-Ville et des banlieues », ajoute-t-il, en référence au projet de son adversaire.

Hôpital Maisonneuve-Rosemont

QS demande une enquête du coroner sur « les morts évitables »

Québec — Québec solidaire (QS) réclame une enquête du coroner sur « les morts évitables » survenues à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont pendant la crise sanitaire. Selon la formation politique, des patients ont été admis avec « des problèmes bénins et n’en sont jamais ressortis parce qu’ils avaient contracté la COVID ».

Le député solidaire Vincent Marissal demande à la coroner en chef, MPascale Descary, de mener une enquête « pour faire la lumière sur un nombre énorme de morts » survenues pendant la pandémie de COVID-19. Il a soumis une demande officielle au Bureau du coroner mardi.

« Comment ça se fait que cet hôpital ait été désigné centre COVID dans la première vague ? Des gens se sont retrouvés dans cet hôpital-là dans des chambres multiples, il n’y a pas d’aération, il fait trop chaud l’été, il y a un manque criant de personnel, ce qui fait que, selon certains rapports de presse, il y aurait eu jusqu’à 150 morts », a expliqué le député solidaire en point de presse, mercredi.

« Et je répète, ça, c’est des gens qui sont entrés pour des problèmes de hanche, pour des problèmes cardiaques, qui n’avaient pas de raisons de mourir et qui ont contracté la COVID », a-t-il poursuivi.

Québec solidaire montre du doigt la désuétude des installations de l’hôpital « qui n’est pas loin d’être une ruine ». Le député de Rosemont affirme que depuis lundi, le mercure est monté jusqu’à 39 et même 40 °C dans certaines sections de l’hôpital.

« Ce n’est, non seulement, pas optimal, mais c’est dangereux pour la population qui va à l’hôpital pour se faire soigner. […] La climatisation de fortune qu’on installe à Maisonneuve-Rosemont n’est même pas installée. Pourtant, on le sait maintenant, il y a des canicules au mois de juin. Parfois, il y en a même en mai », a-t-il dit.

« Vétusté extrême »

Le président du comité des usagers de l’hôpital, Rick Smith a d’ailleurs publié mercredi une lettre pour dénoncer « la vétusté extrême » de l’établissement qui « force les patients et le personnel soignant à supporter des conditions de vie quasi inhumaines ». Il déplore que le gouvernement « repousse aux calendes grecques » le lancement du chantier de reconstruction de l’hôpital.

« Si la coroner enquête dans des CHSLD pour des morts qu’on dit « évitables », c’est le même phénomène qui s’est produit : une chaîne de mauvaises décisions, des lieux inadéquats, une pénurie de personnel chronique, notamment à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont », a fait valoir Vincent Marissal.

« Je pense que la coroner en chef, en qui j’ai grande confiance, et elle a toute l’autonomie et l’indépendance pour faire ses enquêtes, je souhaite qu’elle fasse la lumière là-dessus, parce qu’on met nos gens en danger, et les réponses que l’on a ne sont absolument pas satisfaisantes à ce jour. C’est comme si c’est une fatalité : tu rentres à l’hôpital, mais tu risques de mourir », a-t-il ajouté.

Québec solidaire explique avoir demandé le mois dernier à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, de charger la coroner en chef de mener une enquête sur les morts évitables à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. « La réponse de la ministre et de son cabinet a été un non retentissant », a déploré M. Marissal.

Homicide involontaire

Un homme écope de neuf ans pour avoir tué son agresseur

Roué de coups, projeté sur une voiture et attaqué à la bouteille de verre. D’agressé, Pungu Shembo est devenu agresseur lors d’une rixe dans un parc de l’est de Montréal, il y a deux ans. L’homme de 21 ans a été condamné à neuf ans de détention pour avoir abattu un homme devant de nombreux témoins.

Accusé de meurtre, Pungu Shembo a plaidé coupable ce printemps à une accusation moindre d’homicide involontaire pour avoir causé la mort de Nassim Saib avec une arme à feu le 9 août 2019. Il a écopé de neuf ans de détention, dont il lui reste environ six ans à purger, à la suite d’une suggestion commune des avocats il y a deux semaines, au palais de justice de Montréal.

Cette nuit-là, Pungu Shembo se rend au parc Théodore, près du Stade olympique, avec sa conjointe à leur sortie du cinéma. Le jeune homme a un revolver de calibre .38 dans ses poches, alors que sa conjointe possède un couteau de type « Rambo ».

Assis sur un banc, le couple consomme de la marijuana. C’est à ce moment que la victime, Nassim Saib, et ses amis s’approchent d’eux. La conversation, hostile, porte sur une nébuleuse histoire de drogue. Nassim Saib assène le premier coup de poing à l’accusé, qui tombe au sol. Il est alors roué de coups par ses assaillants. Il est même projeté sur une voiture stationnée.

Pungu Shembo prend la fuite entre deux immeubles, mais le passage est bloqué par une clôture. Il est poursuivi par la victime et un ami, armés de bouteilles de verre. Pungu Shembo reçoit alors un projectile de verre au visage, tombe, puis réussit à se relever. Sa conjointe le presse de s’enfuir avec elle, mais il reste sur place.

Pas de la légitime défense

Les deux hommes continuent de se poursuivre près du parc, tentant en quelque sorte de se « sauver l’un de l’autre », selon les faits présentés en cour. Alors que Pungu Shembo est sur le trottoir, la victime se dirige vers lui et perd l’équilibre, sans tomber. C’est à cet instant que Pungu Shembo tire sur Nassim Saib, alors qu’il est à moins de 1 mètre. Il est atteint à l’épaule droite. Une blessure qui va s’avérer fatale.

À l’arrivée des policiers, un couteau est retrouvé au sol, près de la victime. Or, la preuve révèle que seul l’accusé a utilisé une arme pendant l’altercation, hormis les bouteilles de verre lancées. Il n’est donc pas question ici de légitime défense, même si l’accusé avait initialement plaidé cette défense auprès des policiers.

Les amis de la victime ont refusé de collaborer à l’enquête policière, même s’ils étaient aux premières loges de l’altercation.

MKaterine Brabant a représenté le ministère public dans ce dossier, alors que Me Élizabeth Ménard défendait l’accusé.

Justice et faits divers

Le SPVM frappe des trafiquants actifs sur le Plateau Mont-Royal

Les enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont arrêté mercredi plusieurs suspects soupçonnés d’avoir fait partie d’un réseau de trafiquants de cocaïne actif notamment sur le Plateau Mont-Royal, sous l’autorité d’un vétéran de la guerre des motards.

Le SPVM affirme que 11 personnes ont été arrêtées. Les mandats d’arrêt déposés au palais de justice de Montréal font principalement état d’accusations de trafic de cocaïne et de complot pour trafic.

Selon nos informations, les enquêteurs considèrent que le réseau aurait été contrôlé par Jean-Guy Bourgouin, ancien membre des Rockers, défunt club-école des Hells Angels, très actif durant la guerre des motards qui a fait 160 morts au Québec entre 1994 et 2002.

Bourgouin a d’ailleurs été arrêté le 10 décembre dernier et accusé de possession d’arme lors d’une première phase de l’enquête, baptisée Renouveau et menée par les enquêteurs de la Division du crime organisé (DCO) du SPVM. Les policiers avaient trouvé chez lui, à Mascouche, un pistolet semi-automatique.

Des fiers-à-bras pour écarter les concurrents

D’après nos renseignements, l’enquête concernait la distribution de cocaïne sur le Plateau Mont-Royal à Montréal, mais aussi l’approvisionnement en kilogrammes de cocaïne des organisations criminelles de la région métropolitaine et de l’est du Québec. Des perquisitions ont d’ailleurs eu lieu dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, selon le SPVM, qui affirme dans un communiqué que le dossier a une ampleur provinciale.

D’après nos sources, l’organisation visée aurait été en mesure, du moins durant une certaine période de l’enquête, de transiger entre 10 et 20 kg de cocaïne par semaine. Dans son communiqué, le corps policier affirme avoir saisi 20 kg de cocaïne d’une valeur de 1,4 million de dollars sur le marché, 218 000 comprimés de métamphétamine et des quantités diverses de Xanax, de mescaline et d’autres stupéfiants. Deux armes à feu, un pistolet à impulsion électrique, un poing américain, des munitions de différents calibres et des gilets pare-balles ont aussi été saisis, de même que près de 800 000 $ en argent comptant.

Il semble que, durant l’enquête, les policiers aient constaté que les trafiquants faisaient appel à des équipes de matamores pour chasser les vendeurs concurrents de certains territoires.

La police soupçonne que l’organisation de Jean-Guy Bourgouin contrôle depuis des années le secteur du Plateau Mont-Royal en ce qui a trait à la distribution de cocaïne et qu’elle fonctionnerait avec plusieurs cellules, dont l’une a été démantelée en 2019.

Parmi les accusés en date de mercredi, on retrouve Jonathan Papillon, de Terrebonne, Alexandre Desgagné, de Montréal, Samuel Fagnant, de L’Épiphanie, Mélyssa Paquet-Dugas, de Sainte-Anne-des-Monts, Adam Ladrie, de Montréal, Daniel Tremblay, de Montréal, Pascal Dubuc, de Saint-Jean-sur-Richelieu, et Charles Desrochers, dont la ville de résidence n’a pas été précisée.

Un passé tumultueux

Jean-Guy Bourgouin est l’ex-vice-président des Rockers, un club très proche des Hells Angels Nomads, anciennement dirigés par Maurice Boucher.

Il y a trois ans et demi, il a été visé par une tentative de meurtre. Un individu a tiré vers lui alors qu’il sortait d’un restaurant de Saint-Léonard, après avoir mangé avec un membre des Hells Angels.

À la même époque, des proches de Bourgouin auraient eu des contrats sur leur tête, les policiers ayant même appris que sous le véhicule de l’un d’entre eux, on avait collé un dispositif GPS, semblable à ceux utilisés par les tueurs à gages pour connaître les allées et venues de leurs cibles.

Un commissaire de la langue française pour Montréal

La Ville de Montréal aura bientôt son premier commissaire de la langue française, a annoncé la mairesse Valérie Plante, mercredi matin. Ce commissaire, qui relèvera directement de la direction générale de la Ville, aura pour mandat de suivre la mise en œuvre du plan d’action en matière de valorisation de la langue française, présenté en mars dernier et adopté mercredi par le comité exécutif. « Toutes les langues contribuent à la diversité de notre milieu, et la langue française devient un liant, une langue qui nous unit et que nous souhaitons toujours valoriser davantage », a souligné la mairesse en faisant cette annonce. Le commissaire devra créer un comité consultatif de la langue française, a-t-elle expliqué. Le plan d’action pour la valorisation du français dans les activités municipales prévoit 24 actions, notamment une meilleure promotion de la culture locale auprès des nouveaux arrivants.

— Isabelle Ducas, La Presse

Incendie sur le Plateau Mont-Royal

Un impressionnant incendie s’est déclaré mercredi après-midi dans un bâtiment de l’avenue du Mont-Royal, en plein cœur du Plateau. Par moments, la fumée noire qui s’échappait du brasier était visible à des kilomètres à la ronde. Sur place, des dizaines de pompiers et plusieurs camions ont combattu le feu pendant plusieurs heures. À 16 h 30, de la fumée blanche s’échappait encore du bâtiment de trois étages situé à l’intersection de la rue de Mentana. Il abrite une succursale de la Société des alcools du Québec au rez-de-chaussée. Cinq pompiers se trouvaient sur le toit pour appuyer leurs collègues qui arrosaient l’incendie à partir d’une nacelle. Le Service de police de la Ville de Montréal a fermé l’avenue du Mont-Royal Est dans le secteur et Urgences-santé est intervenue auprès d’un pompier pour des brûlures mineures.

— Dina Jehhar et Philippe Teisceira-Lessard, La Presse

Budget participatif de la Ville

Les Montréalais pourront voter pour leur projet favori

Montréalais, vous voulez avoir votre mot à dire sur les dépenses de la Ville ? Voilà votre chance : à partir du 11 juin, les résidants pourront voter pour leurs projets préférés parmi les 35 retenus par l’administration, dans le cadre de son premier budget participatif. Dévoilé mercredi matin, chaque projet a une valeur qui varie entre 500 000 $ et 3 millions. Les idées reçues devaient répondre à l’un des quatre défis de la « transition écologique et sociale » : lutter contre les changements climatiques et s’y adapter, protéger la nature en ville, produire et consommer autrement, et favoriser la solidarité, l’équité et l’inclusion. Les projets qui obtiendront le plus de votes se partageront une cagnotte de 10 millions. Toutes les personnes de 12 ans et plus qui vivent à Montréal ainsi que les commerçants du territoire pourront voter du 11 juin au 11 juillet sur le site Réalisons Montréal.

— Isabelle Ducas, La Presse

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