Chronique Techno

Un visage qui en dit long et qui évite bien des maux

Au cours des dernières années, on a beaucoup parlé du danger de texter au volant, avec raison. À un feu rouge, on n’a qu’à regarder le véhicule d’à côté pour surprendre un automobiliste qui texte frénétiquement et qui ne s’arrêtera pas nécessairement une fois le feu passé au vert... 

Cela dit, un autre danger nous concerne tous, soit la fatigue, qui cause énormément de dégâts sur les routes du Québec.

À ce jour, la somnolence au volant figure parmi les causes d’accident les plus répandues au Québec. La technologie DMS (ou Driver Sense), appelée à gagner nos véhicules au cours des prochaines années, devrait s’avérer précieuse à ce sujet puisqu’elle vise précisément à enrayer ce problème ou, du moins, à l’atténuer.

On parle ici d’un système de surveillance qui épie le conducteur, qui suit son état et qui lui fournira des alertes sonores dès qu’il détecte une somnolence, une distraction ou des actions dangereuses. Le système saura s’il porte ou non sa ceinture de sécurité, s’il tient un téléphone dans ses mains, s’il fume et s’il porte un masque.

En matière de somnolence et de distraction, on peut imaginer à quel point l’outil pourrait s’avérer essentiel pour les personnes qui font beaucoup de route. Pensons aux camionneurs, qui dorment parfois trop peu, ou à tous ceux qui travaillent de nuit et qui reviennent à la maison avec les effets du décalage horaire dans le corps.

Comment ça fonctionne

Dans les véhicules conçus pour accueillir le Driver Sense, le système de surveillance est basé sur le logiciel Cipia, une entreprise qui se spécialise dans les solutions de détection auprès de l’industrie automobile grâce à son expertise dans la vision par ordinateur et l’intelligence artificielle. Ce sont d’ailleurs ces deux éléments qui, intégrés dans le Driver Sense, permettront de suivre le conducteur au volant.

Avec l’aide d’un capteur infrarouge, le système scrute le conducteur. Il suit les traits de son visage, son port de tête, la dilatation de ses pupilles, la fréquence à laquelle il cligne des yeux et la direction de son regard, entre autres. Avec toutes ces informations, il est en mesure de déterminer si le conducteur est concentré sur la route ou, au contraire, s’il est distrait ou somnolent.

Dans le deuxième cas, il fournira une alerte au conducteur, qui, on s’en doute, pourra certainement sauver des vies. Autre atout, la collecte des données au fil du temps permettra par ailleurs de déterminer les itinéraires sur lesquels les conducteurs ont un taux élevé de distraction, et les itinéraires où les conducteurs ont tendance à s’endormir derrière le volant.

Enfin, pour un bon usage en continu, l’appareil surveillera aussi la qualité vidéo du dispositif, histoire de détecter aussi tout dysfonctionnement du matériel.

Et un petit supplément

Le système DMS a été conçu pour la surveillance et la sécurité d’abord et avant tout, ce qui n’empêchera pas le conducteur d’y retrouver quelques gadgets au passage.

Dans cette veine, le système offrira un petit extra personnalisé pour améliorer l’expérience des conducteurs qui s’inscriront. Ainsi, quand il détectera un conducteur qui a été enregistré, le DMS pourra adapter sur mesure sa cabine.

Ce conducteur n’aura qu’à s’installer au volant pour que le système lui offre le confort qu’il préfère. Il ajustera la température du véhicule, par exemple, le siège, les rétroviseurs, sans oublier les préférences multimédias. Lorsque le conducteur sera en route et qu’il recevra un appel, il n’aura qu’à faire un signe de la main dans les airs pour prendre l’appel, sans aucune manipulation.

Une pièce musicale se fait entendre à la radio et plaît à celui qui est au volant ? Il n’aura qu’à lever un pouce dans les airs pour que cette chanson soit enregistrée dans sa liste de lectures musicales. Même chose dans le cas inverse. S’il veut interrompre le son, il n’aura qu’à mettre un doigt sur sa bouche pour indiquer sa préférence pour le silence.

Et tant qu’à être dans le superflu, l’appareil pourra aussi indiquer les nouveaux commerces qui jalonnent la route et qui pourraient intéresser le conducteur, selon son âge et son genre... 

Le système fait son chemin 

Il y a quelques mois, l’entreprise Cipia a annoncé que son système pouvait désormais être adapté à 23 modèles de véhicules de cinq constructeurs automobiles, dont un constructeur de voitures électriques situé aux États-Unis, ainsi que deux grands constructeurs automobiles chinois dont les véhicules sont destinés à des marchés occidentaux.

Par conséquent, le système n’est pas répandu partout, mais il fait son chemin.

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