un retour qui passe mal

Un malaise s’installe dans le milieu du divertissement au moment où Maripier Morin amorce un retour sur le devant de la scène. En entrevue avec La Presse, l’animatrice dit « comprendre » la réaction de certains artistes, mais assure qu’elle a changé.

Alors que la sélection de Maripier Morin à la soirée Artis a mis au jour un malaise manifeste dans le monde artistique, cinq personnes ont fait état à La Presse de propos racistes, d’attouchements sexuels non sollicités et d’agressions physiques de sa part entre 2017 et 2020 qui n’avaient jamais été rapportés. Certaines d’entre elles redoutent de se retrouver en sa présence sur un plateau ou à une soirée.

« Ça m’angoisse. Ça me fait faire des cauchemars de juste potentiellement la croiser et entendre sa voix », confie une comédienne bien connue du grand public, qui dit avoir subi des attouchements sexuels de la part de Maripier Morin.

L’animatrice lui aurait agrippé la poitrine sans son consentement lors du wrap party d’une émission populaire, en décembre 2017. Elle souhaite témoigner anonymement par crainte des répercussions que pourrait avoir une telle sortie sur sa carrière.

Déjà à l’époque, la comédienne s’était assurée de limiter le plus possible les contacts avec Maripier Morin, mais elle a plus récemment pris la décision d’éviter tous les contrats qui l’obligeraient à la côtoyer. « Depuis l’automne [2019], c’est super clair pour moi que je n’ai plus de rapport avec Maripier, dit-elle. Ç’a été dit à mon agent, je ne veux aucun contrat avec elle. »

Elle s’en veut d’avoir eu à vivre, à voir et à entendre de près ou de loin plusieurs incidents impliquant Maripier Morin avant de finalement prendre ses distances avec elle.

Son agent, qu’on ne peut nommer afin de préserver l’anonymat de la comédienne, a confirmé à La Presse avoir reçu la directive claire d’éviter que sa cliente se retrouve sur les mêmes plateaux que Maripier Morin.

Lors des évènements de 2017, l’actrice qui s’est confiée à La Presse, alors dans la mi-vingtaine, avait été invitée à la soirée par un ami, membre de l’équipe de production de l’émission qui célébrait la fin du tournage. Elle y a croisé Maripier Morin.

« Normalement, comment ça se passe, c’est Maripier qui lance un bal de compliments », affirme- t-elle.

« Je portais un col roulé ajusté, elle a commenté l’apparence de mes seins et les a empoignés dans ses deux mains et m’a demandé quel âge j’avais. »

— Une comédienne qui a demandé l’anonymat

L’ami de la comédienne a confirmé à La Presse avoir vu tout cela se dérouler sous ses yeux. « Je vois Maripier lui prendre les seins, et quand je dis “lui prendre les seins”, c’est à grandes poignées de mains, ses deux seins dans ses mains », dit celui qui travaille sur plusieurs plateaux et ne veut pas mettre ses relations dans le milieu en péril en révélant son nom.

« Je ne lui ai pas dit qu’elle m’avait agressée », affirme avec regret la comédienne. « Sur le coup, je me suis dit qu’elle était drôle, qu’elle était grande gueule. Elle fait toutes ces affaires-là en riant, alors c’est très déstabilisant parce que ça la met en position de pouvoir. On dirait que ça te ferait mal paraître de réagir sur la défensive. Elle le fait comme si ce n’était pas grave, comme si elle en avait le droit. »

« Je ne peux pas passer ma vie à longer les murs »

La Presse a pu s’entretenir au téléphone avec Maripier Morin, en présence de son avocate. Mise au fait des craintes exprimées par les gens dont nous avons recueilli les témoignages, l’animatrice dit qu’elle « les entend et les comprend » de redouter son retour.

« Je veux qu’ils sachent que celle qui travaille en ce moment, ce n’est pas la même qui a eu, ou pas, des agissements déplacés », affirme Maripier Morin, qui tourne en ce moment dans un film de Mariloup Wolfe et a repris son rôle de Sophie Taylor dans la deuxième saison de la série La faille, destinée à Club illico.

Lors de notre entrevue, la première accordée en plus de neuf mois, Maripier Morin a refusé de commenter les allégations de racisme, d’attouchements sexuels et de violence exposées dans ce reportage. Elle a affirmé à La Presse être « une alcoolique, dépendante, en rétablissement ». « Je trouve ça important quand même de dire que ce n’est pas parce que tu as une maladie que tu es déresponsabilisé face aux agissements que tu as pu avoir en consommation », précise-t-elle, sans faire référence à un évènement précis.

L’animatrice se dit prête à s’excuser si quelqu’un a des reproches à lui faire quant à des gestes passés. « J’aurais à ce moment-là l’opportunité de faire amende honorable, de regarder cette personne-là dans les yeux, de discuter avec elle, de rétablir les faits et d’ouvrir le dialogue », affirme-t-elle.

Mais son retour au travail fait partie de son « processus de rétablissement » et elle ne compte pas s’empêcher de reprendre ses activités professionnelles. « Je ne peux pas passer ma vie à longer les murs et à avoir honte des comportements que j’ai pu avoir, dit Maripier Morin. Si je veux être capable de guérir, si notre société permet la deuxième chance, il faut que je mette toutes les chances de mon bord. »

Débordements violents

Un comédien qui a demandé l’anonymat par crainte de « se faire barrer de partout » a raconté à La Presse avoir été frappé et mordu par Maripier Morin, en mars 2020, quelques mois seulement avant la dénonciation de Safia Nolin.

Après une fête clôturant un tournage sur lequel ils avaient travaillé ensemble, alors que l’animatrice « prenait toute la place », le comédien affirme lui avoir suggéré de se calmer un peu.

« Clairement, ça la confrontait. On se chamaille, un peu plus dans une ambiance frère et sœur, mais limite : la sœur était un peu intense. Et à un moment, elle me saute dessus. On se bataille, c’est drôle, jusqu’au moment où elle me mord, et pas juste un peu. »

— Un comédien qui a demandé l’anonymat

Il lui aurait fait savoir qu’il n’appréciait pas son comportement, en lui redemandant de se calmer. « Et là, je me mange une claque sur la gueule », dit l’acteur.

Sa conjointe, à qui il a parlé des évènements le lendemain, rapporte les mêmes faits. « [Ces évènements] n’allaient pas ruiner sa vie, mais je le sentais habité par ça, comme si ça l’avait vraiment dérangé », raconte-t-elle.

Depuis que Maripier Morin est de retour devant les caméras, le comédien l’a croisée quelques fois, dans un contexte professionnel. « Elle prenait un peu moins de place », témoigne-t-il, ajoutant n’avoir eu aucun écho dans le milieu que son retour sur les plateaux de tournage se passait mal.

S’il n’a « pas de problème par rapport à elle », il a été surpris « d’apprendre qu’elle allait avoir un rôle de victime dans le film de Mariloup Wolfe ». « Je trouve que c’est un gros manque de jugement de Mariloup Wolfe et de la production dans l’ensemble, dit-il. Il y a des limites. »

Rappelons qu’à titre de réalisatrice, Mariloup Wolfe a choisi Maripier Morin pour interpréter Arlette, rôle-titre de son prochain long métrage en cours de tournage. Dans ce film qui s’articule autour du pouvoir de l’image, elle incarnera une jeune ministre de la Culture devant prendre sa place dans un milieu hostile.

La Presse a tenté de s’entretenir avec Mariloup Wolfe et des producteurs d’Arlette ! chez Caramel Films. Ils ont indiqué qu’ils ne donneraient pas d’entrevue sur le film d’ici sa sortie, prévue l’an prochain.

Maripier Morin dit pour sa part avoir parlé de son cheminement avec Mariloup Wolfe et les producteurs d’Arlette ! lors du processus d’audition. Un échange similaire, cette fois avec le producteur Charles Lafortune de la boîte Pixcom, lui a aussi permis de retrouver son rôle de Sophie Taylor dans la série La faille, « d’un commun accord avec [son] psychologue ».

« Une injustice »

Une autre femme, qui travaillait en relations publiques dans le milieu du divertissement et qui souhaite garder l’anonymat de peur de nuire à sa carrière, a raconté à La Presse s’être fait dérober son téléphone par Maripier Morin durant la fête suivant la remise des prix Gémeaux, en septembre 2018.

L’animatrice aurait alors mis le téléphone dans sa culotte, contre son pubis, comme pour le lui confisquer. « Elle est partie ailleurs, il a fallu que j’aille la voir pour lui demander de me le rendre, raconte la jeune femme. Elle trouvait ça très drôle. Elle a fini par me le donner. »

Une de ses collègues, avec qui elle discutait quand Maripier Morin a pris le téléphone, a été témoin de la scène et a confirmé à La Presse le déroulement des évènements.

Maripier Morin et l’ancienne relationniste s’étaient déjà croisées durant des évènements, mais n’entretenaient pas de relation amicale. « Je ne pense même pas qu’elle se souviendrait de mon nom ou de mon visage. » À ses yeux, le retour de Maripier Morin est « une injustice » et « un manque de respect ». « Être connu est un privilège, pas un bien donné », dit-elle.

Maintenant employée dans le milieu du cinéma, la jeune femme sait qu’elle risque de recroiser l’animatrice et actrice. « Si j’avais à retourner dans un party d’industrie, je ferais tout pour rester poliment très loin d’elle », conclut-elle.

Une sélection qui divise le milieu

Le jour de l’annonce de la sélection de Maripier Morin pour le meilleur rôle féminin dans une série dramatique saisonnière à la soirée Artis (dont les finalistes sont choisis par le public et dont les lauréats seront annoncés le 9 mai), plusieurs personnalités – dont Anne-Élisabeth Bossé, Félix-Antoine Tremblay, Magalie Lépine-Blondeau, Catherine St-Laurent, Mélanie Boulay et Arnaud Soly – ont réagi négativement à la nouvelle sur les réseaux sociaux. Certaines ont relayé une publication de la créatrice de contenu et étudiante en victimologie Juliette Bélanger-Charpentier dénonçant la « violence » de la sélection. D’autres ont présenté la liste des nommées de la catégorie en biffant le nom de Maripier Morin.

Trois de ces artistes ont raconté à La Presse avoir reçu de nombreux messages de haine sur les réseaux sociaux à la suite de leur publication, d’où leur réticence à détailler publiquement les motivations de leur sortie.

Le comédien Félix-Antoine Tremblay est le seul à avoir accepté de s’exprimer. Il estime que cette sélection est « la goutte qui fait déborder le vase ». « J’ai ressenti beaucoup de malaise, d’incompréhension, de frustration, de confusion », dit à La Presse l’interprète de Francis dans la série Le chalet.

« J’ai envie de grandir dans un milieu de travail sain, qui est proche de mes valeurs de justice, de respect et d’inclusion. Et je ne ressens pas ça avec cette situation-là. »

— Félix-Antoine Tremblay, comédien

Il croit surtout que le retour de Maripier Morin se fait sans qu’on sache vraiment quelle a été la démarche de réparation auprès de ceux qu’elle a pu blesser et quel travail elle a fait sur elle-même. À ce sujet, l’actrice et animatrice a indiqué à La Presse n’avoir pris contact avec personne, hormis Safia Nolin, qui a refusé de lui parler.

Maripier Morin, qui ne compte pas assister à la soirée Artis, refuse de dire qu’une « partie du milieu » est mécontente de sa sélection. « Je trouve que c’est généraliser, dit-elle. Il y en a quelques-uns qui se sont exprimés, mais je ne pense pas que ce soit la grande majorité. Humblement. » À ses yeux, cette sélection est « une petite tape d’encouragement » du public.

« Je n’ai plus envie de faire partie de ceux qui divisent »

Neuf mois après les premières allégations de comportements déplacés à son endroit, Maripier Morin jure qu’elle a changé. Après une thérapie fermée pour gérer sa « maladie de la dépendance » et des mois de « rétablissement », l’actrice et animatrice se dit prête à un retour.

Cette toute première sortie médiatique n’était pas prévue dans le « plan de match » de Maripier Morin, convient la principale intéressée. Contactée dans le cadre du présent reportage mettant en lumière de nouvelles allégations à son égard, elle a accepté de s’entretenir avec La Presse à condition de ne pas aborder les dénonciations. Ni les plus récentes ni celles qui datent de l’été 2020. Elle a en revanche consenti à nous accorder un entretien pour raconter son « processus de rétablissement ».

Son problème, a-t-elle affirmé dans cette entrevue téléphonique où l’émotion était vive, c’est la dépendance. Au sens large. Accro notamment aux réseaux sociaux et au travail comme à l’alcool, elle était « toujours dans l’excès », dans tous les spectres de sa vie.

Son cheminement a débuté le 13 juillet, six jours après la dénonciation de l’auteure-compositrice-interprète Safia Nolin, qui l’accusait dans une publication Instagram de harcèlement sexuel, d’agression physique et d’avoir proféré des propos racistes.

« Je suis rentrée en thérapie fermée et c’est à cet endroit que j’ai compris que j’étais atteinte de la maladie de la dépendance », nous dit Maripier Morin. Cette thérapie de 21 jours a été « une période assez révélatrice pour moi de prendre conscience de ça, de l’accepter, aussi, et de comprendre que le restant de mes jours, j’allais vivre avec ça ».

En prenant le « chapeau » d’alcoolique et de dépendante, elle a vu le « gros chemin à parcourir ». « J’en suis au tout début, affirme Maripier Morin. Quand tu es aux prises avec cette maladie, il y a plein de lacunes dans ta vie et tout est tout croche et poussé en dessous du tapis. Et là, j’ai décidé d’entamer un grand ménage. Mais ça prend du temps pour faire ça. »

Maripier Morin affirme avoir « compris des choses », dont l’importance de la responsabilité, notamment celle de ne plus consommer. « Moi, [après avoir consommé], je perdais complètement le contrôle, je perdais la carte, je faisais des affaires qui n’ont pas de bon sens », dit-elle.

« Moi, je l’aime pas vraiment, Maripier en consommation. En fait, je l’aime pas du tout. Je ne suis pas fière de cette femme-là que j’ai été. »

— Maripier Morin

L’animatrice dit avoir un suivi psychologique depuis sa sortie de thérapie. Les rencontres des fraternités anonymes, auxquelles elle dit assister trois ou quatre fois par semaine, ont été une précieuse ressource pour l’aider à demeurer abstinente depuis maintenant neuf mois.

« Pour moi, le travail, c’est la santé »

Si elle ne s’est pas exprimée plus tôt, c’est par respect pour les « gens qui avaient vécu des choses », soutient Maripier Morin. « Quand tout ça est arrivé, on a dit que la parole devrait être aux victimes. Je l’ai entendu, ça. Je me suis dit : “OK, je vais aller faire mes devoirs, je vais aller faire ce que je dois faire.” »

Pourquoi estime-t-elle que le moment est venu pour elle de revenir devant les caméras ? « Si je veux être capable de me rétablir pour de vrai, dans un contexte de vie du quotidien, là-dedans, il y a aussi de travailler, dit-elle. Et pour moi, le travail, c’est la santé. Je viens d’une famille où on valorise beaucoup l’effort et la vaillance. Ma passion, c’est mon travail. »

Ainsi, on devrait prochainement voir Maripier Morin dans la seconde saison de La faille, destinée à Club Illico, et dans le long métrage Arlette !, de Mariloup Wolfe.

La série documentaire immersive Mais pourquoi ?, destinée à Z, que Maripier Morin porte sur ses épaules, devrait également revenir en ondes. L’animatrice nie les informations véhiculées ces dernières semaines selon lesquelles un futur épisode de Mais pourquoi ? aborderait son retour. « Non, je ne vais pas parler de ce qui s’est passé et, non, je ne vais pas revenir sur les évènements, mais oui, j’avais envie de voir comment on recommence à avoir une vie et à performer dans un contexte comme le mien », souligne-t-elle.

Ne plus diviser

Sa décision de prendre ses responsabilités l’a-t-elle menée à assumer des reproches qui lui ont été faits l’été dernier ? Tout comme pour les nouvelles allégations dévoilées par La Presse, Maripier Morin ne s’exprimera pas sur ce sujet, a signalé son avocate au bout du fil.

« Mais je peux dire, par exemple, que les évènements qui se sont passés, ce qui est arrivé en juillet, ça m’aura permis de réaliser des choses. Ce ne sont pas des situations qui sont souhaitables », complète Maripier Morin.

En cette période de « gros clivage dans la société, entre des groupes, entre des gens, entre des opinions », ajoute-t-elle, « je n’ai plus envie de faire partie de ceux qui divisent ».

Des allégations de racisme

Alors que Maripier Morin ne s’est jamais prononcée sur les allégations de racisme formulées par Safia Nolin à son endroit, deux autres personnes l’accusent de leur avoir adressé des remarques racistes.

Été 2017. Le comédien Didier Emmanuel, qui en est encore à ses débuts dans le métier, se fait présenter à Maripier Morin durant le wrap party d’un long métrage, dans un bar montréalais. « Je lui ai dit qu’elle avait un beau manteau, elle m’a dit : “Toi aussi. Où tu l’as volé ?” », raconte le jeune homme noir.

Mal à l’aise, il dit plus tard à ses amis qu’il va se chercher à manger. Selon le comédien, l’animatrice lui demande alors s’il a besoin d’argent pour s’acheter du poulet frit, faisant référence à un cliché dénigrant voulant que les personnes noires soient particulièrement avides de ce mets.

« Étant noir et totalement nouveau dans ce milieu, je n’ai pas pris la chance de lui dire en pleine face ce que je pensais. »

— Didier Emmanuel, comédien

Le jeune acteur a beaucoup hésité à témoigner, par peur de représailles, mais tenait à dénoncer les propos de l’animatrice.

Une réalisatrice présente au wrap party a dit à La Presse avoir vu la conversation se dérouler, même si elle n’a pas entendu les paroles échangées. Didier Emmanuel lui a ensuite raconté les évènements.

« J’ai senti le malaise dans ses yeux et le ton de sa voix, se rappelle la réalisatrice. Il venait de se présenter, il était désarmé, parce qu’on ne s’attend tellement pas à ça. »

Didier Emmanuel aurait aimé que Maripier Morin profite de son retour pour aborder les comportements qui lui sont reprochés – avant son entrevue avec La Presse, Maripier Morin n’a pris la parole qu’une seule fois, en octobre dernier, dans un billet Instagram où elle disait vouloir adopter un mode de vie plus sain, apprendre à mieux gérer sa « personnalité excessive » et travailler à son rétablissement.

« Pour finir, je ne pense pas qu’elle ne doit plus faire de films, mais plutôt prendre des résolutions », affirme-t-il.

« Je n’ai pas senti la blague »

Thierry Archer Fortin ne connaissait Maripier Morin ni d’Ève ni d’Adam lorsqu’elle lui a été présentée par un ami, en juin 2017, dans un bar.

« Au moment de se présenter, elle se tourne vers moi et me dit : “Tu es vraiment beau pour un Noir”, raconte le représentant en vente, ancien chef en restauration. Je n’ai pas senti la blague dans son propos. »

L’ami en question, contacté par La Presse, a confirmé l’histoire, dont il a été témoin. « Ça lui a fait de quoi. Je sais que ça l’a affecté parce que ça fait longtemps qu’on en parle de cette histoire-là », a-t-il expliqué.

Pour sa part, Didier Emmanuel n’a pas vraiment réfléchi à l’éventualité de la revoir, mais il sait qu’il va « sûrement l’éviter » si cela arrive. « J’espère qu’elle a appris sa leçon, donc j’ai moins peur de ce qu’elle pourrait dire. Mais ce serait surtout que je serais mal à l’aise avec elle. »

Maripier Morin n’a pas souhaité commenter auprès de La Presse les allégations de racisme à son égard.

Dans un message d’excuses publié sur son compte Instagram moins de 24 heures après que Safia Nolin eut partagé son témoignage, qui évoquait entre autres des remarques racistes envers elle et une serveuse noire, Maripier Morin n’avait pas non plus mentionné les accusations de propos racistes. Il n’en a plus jamais été question ensuite.

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