Report de l’enquête publique sur le CHSLD Herron

« C’est très frustrant pour les familles »

Le report de l’enquête publique concernant les décès survenus au CHSLD Herron déçoit amèrement des proches des 47 aînés morts dans cet établissement qui a fait la manchette lors de la première vague de la pandémie.

Mardi, au palais de justice de Montréal, la coroner Géhane Kamel, qui préside l’enquête publique concernant les évènements survenus dans cet établissement de santé de Dorval, a dû reporter à « contrecœur » les audiences qui devaient se tenir cette semaine, en précisant que c’est l’option qui « minimise les retards pour les familles et la population ». Elle a donc suspendu les 11 jours d’audience concernant le volet Herron de son enquête et les a reportés au début de septembre.

Le report fait suite à une demande de la procureure qui représente cet établissement de santé, qui souhaitait que l’enquête soit suspendue jusqu’à ce que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) décide s’il porte des accusations criminelles contre les propriétaires de ce CHSLD, soit Samantha Chowieri et Andrei Sabin Stanica.

Avant de rendre sa décision, la coroner Géhane Kamel a expliqué qu’elle était confrontée à un « dilemme déchirant ». D’une part, si elle refusait la requête, une révision de sa décision à la Cour supérieure aurait pu être demandée, ce qui aurait repoussé l’enquête de plusieurs années. Alors que de l’autre côté, en acceptant la demande, elle savait qu’elle décevait ainsi les proches des personnes mortes, mais qu’elle reportait le début de l’enquête de seulement quelques mois. « Je considère que les familles ont assez attendu pour obtenir des réponses », a-t-elle dit.

« Connaître la vérité »

Moira Davis, qui a perdu son père le 8 avril dernier, mort dans la chambre 225 de l’établissement de Dorval, est très déçue. Elle craint maintenant que cette enquête n’ait jamais lieu et qu’elle ne puisse pas savoir la vérité sur les circonstances de la mort de son père. Si des accusations criminelles sont portées contre les deux dirigeants du CHSLD et qu’ensuite, pour une raison ou une autre, aucune enquête publique ne se tient, ce sera une « grosse gifle ».

« Je sais que des familles souhaitent que [les propriétaires du CHSLD] se retrouvent en prison, d’autres ne leur souhaitent rien de bon, mais personnellement, je suis beaucoup plus préoccupée de connaître la vérité », a confié sa fille.

MMaria Rita Battaglia, qui représente la famille de feu René Legault dans une autre poursuite judiciaire contre l’établissement de Dorval, a exprimé sa tristesse pour les familles endeuillées. « C’est complètement malheureux pour eux. Ça prolonge leur difficulté à surmonter les évènements, ça retarde leur guérison. »

MPatrick Martin-Ménard a aussi indiqué que ce report était « très frustrant » pour les familles qui attendent des réponses depuis près d’un an. « Ceci étant dit, c’est la réalité du système dans lequel on opère. Les personnes faisant l’objet d’une enquête qui font face à des accusations criminelles ont le droit à l’équité procédurale », a dit l’avocat, qui représente les familles de quatre résidants du CHSLD morts pendant la première vague.

En ce qui concerne les audiences publiques de la coroner pour les six autres milieux de vie, elles auront lieu aux dates prévues, de mars à juin.

Le DPCP a dit « prendre acte de la décision ». La porte-parole, Audrey Roy Cloutier, a ajouté que « l’analyse rigoureuse du dossier visant à déterminer si des accusations criminelles seront déposées en lien avec ces évènements se poursuit ».

Mamadi III Fara Camara

Bientôt la résidence permanente ?

Les astres s’alignent pour Mamadi III Fara Camara. Victime d’une bavure policière il y a un peu plus de deux semaines, il semble maintenant en voie d’obtenir sa résidence permanente au Canada. Un développement que son camp accueille avec un optimisme prudent.

Le premier ministre François Legault a ouvert sa conférence de presse en faisant le point sur la situation de l’étudiant guinéen de 31 ans accusé à tort d’avoir tenté de tuer un policier en le désarmant. Il a annoncé avoir demandé à sa ministre de l’Immigration d’être prête à délivrer un Certificat de sélection du Québec (CSQ).

La ministre Nadine Girault a été chargée de s’assurer que le document soit délivré « dès qu’il y aura les papiers de la résidence permanente du gouvernement fédéral », a-t-il indiqué, disant croire que cela pourrait « venir un peu atténuer le préjudice que M. Camara a subi ».

Le signal en provenance d’Ottawa est apparu positif. En après-midi, la Chambre des communes avait adopté à l’unanimité une motion enjoignant aux libéraux d’accorder sa résidence permanente au chargé de laboratoire, qui a été blanchi après avoir passé six nuits en prison.

« Les candidats peuvent [indiquer] des circonstances atténuantes dans le cadre du processus de résidence permanente, et ces facteurs sont sérieusement pris en compte. Nous allons travailler avec M. Camara et sa famille », a écrit dans un courriel le porte-parole du cabinet du ministre de l’Immigration, Marco Mendicino.

La motion des Communes est arrivée peu après celle, aussi unanime, de l’Assemblée nationale.

Le clan Camara heureux, mais prudent

L’avocat en immigration de Mamadi Fara Camara, MGuillaume Cliche-Rivard, a accueilli la nouvelle avec enthousiasme, en demeurant toutefois sur ses gardes. Aucune communication n’a pour l’instant été faite officiellement avec les autorités fédérales, a-t-il précisé en entrevue.

« C’est sûr qu’on est très heureux, mais la motion n’est pas encore une décision exécutive. On attend que le ministre de l’Immigration nous contacte pour régler les détails au niveau légal. Pour le moment, on parle encore d’intentions, de beaux gestes », a-t-il exposé.

Il ne conçoit toutefois pas comment le dénouement pourrait être autrement que positif.

« Rendu ici, je vois mal comment le ministre pourrait aller contre son propre parti. M. Camara n’en revient pas lui-même que les deux paliers de gouvernement soient derrière lui », a affirmé l’avocat en rappelant que le statut temporaire d’étudiant étranger de son client viendra à échéance le 15 mai prochain.

« La moindre des choses »

À l’Assemblée nationale, avant l’adoption de la motion, toute la classe politique se ralliait au jeune homme.

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, avait affirmé que le statut de M. Camara devait être régularisé pour des raisons « humanitaires », alors que celui-ci ne sait pas quand il pourra reprendre ses études, ayant été très affecté par les évènements.

« Tout le Québec a été témoin de comment cet homme a été traité. Ça m’apparaît comme étant la moindre des choses, considérant le statut précaire qu’a cette personne-là », a quant à elle argué Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire.

« Ça me semble assez évident qu’il doit y avoir réparation. On ne peut pas être dans un contexte où les conséquences de l’arrestation causeraient préjudice à M. Camara dans sa démarche au Québec, notamment par rapport à ses études », a également affirmé le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.

— Avec la collaboration d’Hugo Pilon-Larose, La Presse

Un casier judiciaire pour un ex-professeur de l’UQAM exhibitionniste

Un ex-professeur de l’UQAM qui a terrorisé des adolescentes pendant des mois en se masturbant près de leur pensionnat espérait être absous de ses crimes pour continuer d’enseigner. En imposant un casier judiciaire à Benoît St-Onge, le Tribunal a lancé mardi un puissant message à la société pour dénoncer les crimes sexuels envers les femmes.

« Il est temps que les femmes et les jeunes filles puissent marcher dans la rue sans craindre de devenir la victime d’un homme simplement en raison de leur sexe. Il est temps que les hommes comprennent que les femmes ne sont pas là pour se voir imposer leurs pulsions sexuelles. Il est temps que la société entière comprenne que tout geste sexuel, quel qu’il soit, est inacceptable s’il n’est pas consenti », a martelé la juge Karine Giguère au palais de justice de Montréal.

Alors qu’il enseignait à l’UQAM, Benoît St-Onge a créé une panique généralisée au Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie, à Outremont. À l’automne 2018 et au printemps 2019, l’insaisissable « homme au vélo orange » s’est masturbé à répétition devant des adolescentes en route vers l’école. Il a démissionné de l’UQAM l’été dernier après avoir plaidé coupable à des accusations d’actions indécentes.

L’ex-professeur de géographie a été condamné mardi à un sursis de peine assortie d’une probation de deux ans, en plus d’être inscrit pendant 20 ans au Registre des délinquants sexuels. Benoît St-Onge échappe toutefois à la prison, alors que la Couronne réclamait 90 jours de détention.

Le spécialiste en foresterie demandait une absolution conditionnelle dans l’espoir de décrocher un emploi dans son domaine à l’international. Il envisageait même d’obtenir des charges de cours à l’université. Il plaidait d’ailleurs avec « humilité » qu’il y aurait une « perte pour la société » s’il ne pouvait plus transmettre son savoir.

Un risque de récidive modéré

Malgré un diagnostic clair de « trouble exhibitionniste », Benoît St-Onge persiste à nier « l’aspect sexuel » de ses crimes, s’étonne la juge. Il a même cessé son suivi sexologique après six rencontres. Il affiche pourtant un risque de récidive « modéré », selon un expert. L’ancien professeur prétend s’être masturbé devant les adolescentes seulement pour « l’adrénaline » lors d’une période de stress.

Dans les faits, ses crimes étaient « planifiés » et visaient de jeunes filles choisies « précisément pour leur vulnérabilité ». Il a « délibérément ciblé de jeunes écolières en tenue de collège pour s’exhiber de façon de plus en plus intrusive », souligne la juge. Benoît St-Onge a d’ailleurs avoué avoir fait de 20 à 30 victimes, dont des femmes adultes.

« Comment se fait-il qu’il soit encore aujourd’hui incapable d’expliquer les raisons du passage à l’acte ? Peut-être craint-il la réponse », s’interroge la juge. Celle-ci a pris en compte de nombreux facteurs atténuants dans l’imposition de la peine, dont ses excuses aux victimes et sa reconnaissance de culpabilité.

À la fin de l’audience, Benoît St-Onge a d’ailleurs renouvelé ses « profonds remords » envers les victimes. Il souhaite ainsi que sa lettre d’excuses soit transmise aux victimes pour leur apporter « un peu de paix ».

Montréal

Admis l’école... puis désinscrits

Des parents dont les enfants avaient été admis à l’école secondaire Robert-Gravel l’an prochain ont eu la surprise d’apprendre cette semaine qu’ils devaient finalement se trouver une autre école. La raison évoquée : la pandémie.

Située dans le Plateau Mont-Royal, l’école Robert-Gravel offre un programme fort convoité d’art dramatique-études qui admet les élèves sur la base d’une audition. En novembre, plusieurs parents ont reçu une lettre les informant que leurs enfants avaient été sélectionnés. « Félicitations ! ! Une grande aventure commence… », lisait-on dans le courriel.

Jean-François Ouellet fait partie de ceux qui ont reçu cette lettre. Son fils se faisait une joie de pouvoir fréquenter cette école publique, si bien que les autres écoles secondaires où il a été admis ont été avisées qu’il n’y serait pas.

L’« aventure » à Robert-Gravel aura toutefois été de courte durée. Comme d’autres parents, M. Ouellet a reçu cette semaine une lettre l’avisant qu’en raison de la « situation sanitaire exceptionnelle », le nombre d’élèves admis à l’école pour août 2021 était revu à la baisse. Une pige avait écarté son fils.

« Il vous faut donc vous diriger vers votre école de quartier pour y faire son inscription. Nous prendrons soin de placer son nom sur la liste d’attente et si des places se libèrent d’ici la rentrée, nous vous contacterons », lit-on dans le courriel envoyé lundi par le directeur de l’école, Mathieu Lachance.

Pas « une rentrée régulière », dit l’école

Jean-François Ouellet ne s’explique pas cette volte-face, un an après le début de la pandémie. « Qu’est-ce qu’ils savent maintenant de la situation sanitaire qu’ils ne savaient pas au mois de novembre ? », demande-t-il.

Au centre de services scolaire de Montréal, on explique que l’école Robert-Gravel n’accueille que 450 élèves et qu’il s’agit d’une petite école secondaire.

« Avec la réalité des bulles-classes, il est difficile d’accueillir les 18 classes habituelles. Dans ce contexte, la direction de l’école s’est adressée aux parents, puisque nul ne peut prétendre à une rentrée régulière alors que la pandémie sévit toujours », écrit son porte-parole, Alain Perron.

Sur les réseaux sociaux, des parents se désolent. « Cette procédure manque selon nous d’éthique, d’humanité, de professionnalisme », écrit une mère dont la fille a elle aussi été victime du hasard. « Je ne suis même pas capable de le dire à mon fils tellement il sera déçu », réagit une autre.

« On pellette le problème chez les parents »

Mardi soir, le directeur de l’école a réécrit aux parents pour expliquer que la situation pouvait encore « évoluer favorablement », par exemple si des enfants se désistent. « Cela peut arriver en tout temps, même à quelques jours de la rentrée scolaire », écrit Mathieu Lachance.

« Nous savons qu’il n’est pas facile pour vous et votre enfant de vous retrouver devant cette situation et que cela dérange grandement vos plans, et c’est pourquoi nous ferons tout ce qui est possible pour vous soutenir », écrit aussi le directeur. Il offre aux parents de les aider dans le choix d’une autre école.

Une lettre qui n’a pas satisfait Jean-François Ouellet. « Si tu changes les règles, tu prends sur toi de remédier à la situation. On pellette le problème chez les parents. C’est presque une rupture de contrat », dit M. Ouellet.

Notre question auprès du centre de services scolaire de Montréal pour savoir si d’autres écoles secondaires devraient prendre des décisions semblables d’ici la prochaine rentrée scolaire est restée sans réponse, mardi.

Déplacement des Jeux de Pékin

Front commun de l’opposition à Ottawa

Les partis de l’opposition à Ottawa le demandent désormais d’une seule voix : les Jeux olympiques d’hiver doivent se tenir ailleurs qu’en Chine, où le régime est accusé de se livrer à un génocide contre la minorité musulmane ouïghoure au Xinjiang. Le chef de l’opposition officielle, Erin O’Toole, en a fait la requête officiellement mardi matin. « Je veux être clair. Il y a présentement un génocide en Chine. C’est un fait. Le Canada ne doit pas envoyer d’athlètes en Chine. Il ne doit pas encourager ce génocide », a-t-il déclaré en conférence de presse. Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh s’est dit « tout à fait d’accord » en se pointant au micro plus tard. Invité à se prononcer sur la demande de l’opposition en marge d’une annonce, Justin Trudeau a esquivé. Il n’a pas non plus voulu dire si ce qui se passe actuellement en Chine constituait, à ses yeux, un génocide. Il a insisté sur l’importance de ne pas employer le terme à la légère et « minimiser » ceux du passé.

— Mélanie Marquis, La Presse

COVID-19

Plaidoyer pour des données plus précises

Les personnes racisées semblent plus affectées que les autres par la COVID-19. Mais pour agir de façon efficace à ce sujet, il faut recueillir des données sur la race des personnes infectées par le virus, demandent des conseillers municipaux montréalais ainsi que des organismes représentant des groupes minoritaires. Lundi prochain, le conseiller municipal montréalais indépendant Marvin Rotrand, qui représente le district de Snowdon, déposera au conseil municipal une motion pour que Montréal demande aux « autorités de santé publique provinciale et fédérale de recueillir et publier des données désagrégées incluant la race, le revenu, le handicap et d’autres déterminants sociaux de santé qui permettront de mettre en œuvre des interventions et des programmes sociaux documentés ». Les données de la Santé publique indiquent déjà que certains quartiers montréalais parmi les plus multiethniques sont les plus touchées par la pandémie, souligne le conseiller municipal. Les personnes issues de l’immigration occupent souvent des emplois essentiels, dans des secteurs à risque, où le télétravail n’est pas possible, ajoute Giuliana Fumagalli, mairesse de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, qui a l’intention d’appuyer la motion de Marvin Rotrand.

— Isabelle Ducas, La Presse

Accueil Bonneau

Manifestation contre l’abolition des postes d’intervenant

L’abolition du service d’intervention de première ligne de l’Accueil Bonneau suscite encore le mécontentement. Une vingtaine de personnes se sont réunies au parc Émilie-Gamelin à Montréal pour dénoncer cette décision, mardi. Chloé Bourbiaux, porte-parole du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Accueil Bonneau, fait partie des employés permanents dont le poste a été aboli le 20 janvier. Mme Bourbiaux s’inquiète de la présence d’agents de sécurité au refuge. « La répression n’est pas une solution. On nous a dit qu’on ne répondait plus aux besoins des usagers, mais ce projet de restructuration vu comme un pratique innovante ne règle pas le problème », estime-t-elle. Les sans-abri qui fréquentent l’organisation n’ont pas besoin de services d’intervention, mais d’être réorientés vers un logement, avait affirmé la direction de l’Accueil Bonneau à La Presse le mois dernier. « Pour que les personnes puissent avoir accès à des logements, il faut remplir certaines conditions. Sans intervenants, les démarches nécessaires se compliquent », pense Chloé Bourbiaux. Dans un courriel transmis à La Presse, la directrice de l'Accueil Bonneau, Fiona Crossling, affirme avoir conservé les postes d'intervenant de milieu et projets artistiques, en plus des autres postes en intervention qui demeurent à l'Accueil Bonneau.

— Mayssa Ferah, La Presse

Accusation d'agression sexuelle

Harold LeBel demande un procès devant jury

Harold LeBel, député de Rimouski, aura un procès devant juge et jury. Le député accusé d’agression sexuelle en a fait la demande mardi matin au palais de justice de Rimouski. L’homme de 58 ans a comparu brièvement par visioconférence. Il a déjà fait savoir qu’il entend plaider non coupable « au moment opportun ». Il sera de retour devant le tribunal le 6 avril. M. LeBel a été arrêté le 15 décembre dernier par la Sûreté du Québec, puis interrogé par ses enquêteurs. Sa présumée victime est une femme qui travaille dans le milieu politique. Son identité est protégée par une ordonnance de non-publication. Les faits reprochés se seraient produits en octobre 2017. La preuve de la poursuite contient notamment trois enregistrements audio et vidéo, selon ce qu’avait déjà indiqué au tribunal la procureure de la Couronne, Me Manon Gaudreault. Harold LeBel est frappé de certaines conditions. L’une d’elles lui interdit de se retrouver dans le même lieu que la présumée victime. — Gabriel Béland, La Presse

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