Valérie Chevalier

L’amour, entre le récit et la poésie

Valérie Chevalier n’avait jamais vraiment écrit de poème avant la pandémie. Or, lorsqu’elle s’est retrouvée, comme bien des gens, face à elle-même durant le confinement, la forme brève s’est imposée à elle. Le vacarme des possibles prend ainsi l’allure d’un journal intime qui se construit autour de dizaines de petits textes lyriques. Elle offre ici à son public l’une de ses œuvres les plus personnelles.

« Quand tout le monde est tombé en confinement, je n’arrivais plus à travailler sur le livre que j’avais entamé. Je me suis mise à écrire de courts textes. La petite échelle de ce défi-là me plaisait. […] J’aime cette idée d’arriver à communiquer une émotion en très peu de mots ou de mise en contexte », explique l’actrice et autrice québécoise.

Fascinée par ce médium qu’elle n’avait jamais exploré, Valérie Chevalier s’est amusée à travailler ces poèmes qui poussaient en elle. Or, si ce genre littéraire est au cœur de son nouveau projet, Le vacarme des possibles n’est pas un recueil de poésie. L’autrice est ensuite retournée dans ses cahiers pour « refaire le casse-tête » de sa dernière année et réinventer à sa manière ces fragments d’histoires « pour relier les points ensemble ».

Éternelle romantique, Valérie Chevalier nous revient donc ici avec des thèmes qui lui sont chers : le couple, l’amour, l’amitié.

Cette fois-ci, l’autrice de Tu peux toujours courir et Tu peux toujours rester utilise sa vie et ses expériences comme « trame de fond » pour bâtir son œuvre de fiction. Comme elle, sa protagoniste vivra une relation à distance ou rénovera un duplex avec sa sœur, précise-t-elle à titre d’exemple.

« C’est correct de jouer sur l’autofiction, mais je me suis également donné la liberté comme autrice d’inventer et de créer une histoire. […] Je pense que c’est une œuvre qui est plus personnelle, mais qui est aussi façonnée par une envie littéraire », souligne l’animatrice, actuellement en tournage pour la quotidienne Cochon dingue, émission destinée à la jeunesse qui lui a valu trois prix Gémeaux.

Le vacarme des possibles est donc un livre hybride qui se présente comme un journal intime. Les lecteurs y suivront d’ailleurs le quotidien d’une narratrice, du 13 octobre 2019 au 2 août 2020. À travers les confidences et le résumé de ses journées, ils y découvriront les courts poèmes, de petites notes qu’on a laissé traîner ici et là comme une réponse à la trame principale de l’histoire. Des dessins, réalisés par l’artiste Anne-Julie Dudemaine, illustrent l’ouvrage.

Tout embrasser

Avec son nouveau roman, Valérie Chevalier aborde de front la question du célibat, des ruptures et de tout ce qu’il y a entre les deux. Si la quête de l’amour comporte son lot de bonheurs et de chutes, l’autrice la voit surtout comme un « grand saut dans le vide. On a beaucoup à y perdre, mais on a aussi beaucoup à y gagner ».

Le « vacarme des possibles » qui survient au cours d’une relation peut donc effrayer bien des gens, mais l’autrice fait ici le pari de souligner au contraire la beauté de ces multiples possibilités.

« Il y a des moments, dans une relation, où tu décides de ne plus être en contrôle et c’est là que tout peut arriver. Parfois, ce sont de belles choses, d’autre fois il y a des décisions qui se prennent et ça fait de la peine. […] Pour moi, ces moments-là signifient la fin d’une saison, mais aussi le début d’une nouvelle », affirme celle qui ne craint pas les pages blanches puisqu’elles nous permettent d’« écrire la suite de l’histoire ».

Valérie Chevalier met donc en scène une narratrice qui est prête à accueillir tout ce qui se trouve sur son chemin : tant les surprises de la vie que les chutes difficiles. Loin de la situer en « victime de l’amour », l’autrice présente surtout une jeune femme qui sait ce qu’elle veut et ce dont elle a besoin afin de concilier couple, travail et rêves à venir. Le tout en embrassant toute sa vulnérabilité, sa nostalgie, ses peines et ses nombreux questionnements.

« Pour moi, toutes ces émotions-là font partie de la vie et sont une soupape intéressante dans la littérature. La tristesse, la déception m’amènent d’autres sentiments qui me donnent envie de raconter les choses différemment. Mes poèmes ne me sont pas venus dans mes bonnes journées quand j’avais quelqu’un pour me flatter les cheveux ! », lance-t-elle finalement, en riant.

En librairie le 24 novembre

Valérie Chevalier sera au Salon du livre pour des séances de dédicaces le jeudi 25 novembre à 19h30 et le samedi 27 novembre à 12h

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