Plus de vacances, c’est productif !

Les Canadiens et les Québécois sont habitués à se voir à la tête des classements liés à la qualité de vie. Pourtant, en ce qui concerne les congés de vacances et de maladie payés, le Canada est à la traîne non seulement de pays développés tels que la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, mais également de pays en voie de développement tels que le Brésil et le Pérou.

Plusieurs jeunes, comme moi, veulent profiter d’une bonne conciliation travail-famille et ne pas se sentir comme s’ils étaient obligés de se rendre au travail, malades. Malheureusement, ce n’est pas la réalité au Québec. Les travailleurs n’ont droit qu’à 2 semaines de congés de vacances (3 semaines après 3 ans chez la même entreprise) et 2 jours de congés de maladie annuellement.

À la lumière de la pandémie liée à la COVID-19 et la nécessité de mieux rebâtir notre société, les gouvernements fédéral et provinciaux devraient légiférer un minimum de 4 semaines de congés de vacances et 10 jours de congés de maladie annuellement pour tous les travailleurs au Canada.

Beaucoup diront que de telles mesures imposeraient des coûts immenses aux entreprises et les conduiraient à la faillite. Ceci est une préoccupation valide, mais elle n’est pas appuyée par des faits.

Selon une étude réalisée en 2014 par Ernst and Young, pour chaque 10 heures de vacances que prennent les employés, leur performance augmente de 8 %. Un autre constat de cette étude est que les employés restent 8 mois de plus en entreprise pour chaque tranche de 40 heures de temps libre.

Les bénéfices pour la santé sont également très importants. Une étude s’étalant sur deux décennies, réalisée par des chercheurs au Massachusetts et impliquant 749 femmes, révèle que celles qui partaient en vacances deux fois par année sont huit fois moins susceptibles de développer des problèmes cardiaques que celles qui partaient en vacances moins d’une fois tous les six ans.

D’ailleurs, Dan Buettner, expert en matière de bonheur, recommande de passer six semaines par année en vacances, car ceci serait la quantité de vacances optimale pour le bonheur.

La recommandation de Buettner est déjà la norme dans des pays comme le Danemark et la Finlande, qui comptent parmi les plus heureux au monde.

Des congés de maladie payés, pour leur part, sont également un exemple d’une politique intelligente. Si les travailleurs malades se sentent obligés de se rendre au travail, il se peut qu’ils transmettent la maladie à leurs collègues. Ceci déboucherait sur une contagion plus sévère et une chute de productivité due à l’absence de plusieurs employés. Selon une étude réalisée par l’université Queen’s, il est deux fois plus coûteux pour des employeurs en termes de productivité si un employé malade vient au travail que s’il était resté à la maison. Des données obtenues d’un sondage réalisé par une entreprise en ressources humaines, Accountemps, révèlent que 57 % des employés ont peur d’être exposés à leurs collègues malades. On peut donc constater qu’il est irresponsable d’obliger les employés malades à venir au travail.

Ça nous ferait également beaucoup de bien à regarder autour de nous. Dans des pays prospères et innovateurs, avec une qualité de vie semblable à celle du Canada, tels que la Suisse, la Belgique et l’Allemagne, les travailleurs ont droit à une allocation de congés de vacances et de maladies adéquate.

Ces pays et leurs économies continuent de croître et ne se sont pas écroulés.

Plus de vacances annuelles et de congés de maladie rendent les travailleurs plus heureux et productifs, ce qui est un gain pour eux et pour l’économie. Il est important de se rendre compte du fait que ceci n’est pas un jeu à somme nulle. Un gain pour les travailleurs n’est pas automatiquement une perte pour les entreprises.

Le moment est donc arrivé pour chaque gouvernement du Canada de légiférer 4 semaines de congés de vacances et 10 jours de congés de maladie payés pour que chaque travailleur canadien puisse mener une vie plus heureuse, plus saine et plus productive dans l’ère post-pandémie, et pour que nous puissions finalement rattraper le reste du monde.

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