Grand Prix du Canada

Positif et réaliste, les mots d’ordre chez Mercedes

Les résultats de Lewis Hamilton cette saison ne sont pas ceux auxquels tous s’attendaient. Mais le septuple champion du monde reste « de bonne humeur, très motivé et énergique ». Parole du chef d’équipe de Mercedes, Toto Wolff.

La première séance d’essais libres venait de se terminer, vendredi, quand Toto Wolff a pris une quinzaine de minutes pour s’asseoir avec quelques représentants des médias canadiens, dont La Presse. L’homme de 50 ans a répondu à chaque question, en anglais et en français, même si la séance en piste ne s’était pas passée à son goût.

La voiture avait été, de son propre aveu, « une boîte à merde [shit box], une énorme boîte à merde ».

« Les pilotes se plaignent. C’est pour cela que je ne rigole pas beaucoup. »

— Toto Wolff

Cette phrase, elle n’est venue qu’en fin d’entretien. Il cachait jusque-là très bien son mécontentement.

Sans surprise, l’état physique et les performances de Lewis Hamilton ont été au cœur de la discussion. Le Britannique peine à s’adapter à sa nouvelle voiture et souffre des fameux problèmes de marsouinage depuis le début de la saison. Il pointe actuellement au 6rang du classement des pilotes avec 62 points, soit 21 de moins que celui qui le devance, Carlos Sainz fils.

« On essaie tous d’être le plus positifs possible. En même temps, il faut être réalistes. Maintenant, moi je ne vois aucun déclin en termes de mentalité [chez Lewis] », a évoqué Wolff.

L’autre pilote Mercedes, George Russell, s’est un peu mieux adapté à sa nouvelle monoplace. Il a devancé Hamilton dans toutes les courses, sauf la première. Mais selon le chef d’équipe, les deux pilotes ont le même niveau de performance. Et l’esprit n’est pas à la compétition au sein de l’écurie.

« [Lewis et George] sont très bien l’un avec l’autre. La communication est directe entre eux. Ils se demandent : est-ce que tu as ressenti la même chose dans le virage 3 ? On tire tous du même côté pour revenir, pour avoir une voiture qui aille vite. En ce moment, ils ne se battent pas l’un contre l’autre. C’est inutile.

« Sur le circuit, en termes de chrono, on est la troisième équipe. Il faut revenir devant, et après on pourra apprécier plus une bataille entre les deux en termes de qui est devant. On ne pense pas de cette façon en ce moment. »

« Ça me fait peur »

Dimanche dernier, à Bakou, Lewis Hamilton a eu de la difficulté à s’extirper de son véhicule en raison d’importantes douleurs au dos. Vendredi matin, lors de la conférence des pilotes, il a affirmé que « ça pren[ait] beaucoup plus de temps » pour se remettre d’une course cette année.

Questionné sur l’état actuel de son pilote vedette à quelques heures des qualifications, Toto Wolff a indiqué qu’il allait mieux.

« Il a reçu tous les traitements qu’il pouvait avoir avec son petit ange, Angela [Cullen, sa physiothérapeute]. Mais il y a le problème de la colonne vertébrale et des muscles. Il y a aussi le problème du cerveau parce qu’il a des microcommotions. »

« Jusqu’à maintenant, c’est quelque chose que l’on peut gérer, mais on ne connaît pas les conséquences à long terme. »

— Toto Wolff, au sujet de l’état physique de Lewis Hamilton

« Moi, ça me fait peur, a-t-il continué. Je suis responsable des pilotes, et s’il y a des conséquences médicales en raison du règlement, il faut faire quelque chose. Je n’essaie pas de trouver de la performance, loin de là. Il s’agit plutôt de vraiment comprendre ce qui fait que tous les pilotes se plaignent, même les pilotes Red Bull. En tout cas, [Sergio] Pérez. »

Rappelons que la Fédération internationale de l’automobile (FIA) a confirmé jeudi qu’elle interviendrait afin de réduire le marsouinage.

« Il faut qu’on travaille tous ensemble, avec la FIA, pour trouver des solutions », a ajouté Wolff.

Deux passionnés

Depuis sa première victoire à Montréal en 2007, Lewis Hamilton est devenu une légende du sport automobile. Rien de moins. Il compte un hallucinant total de 183 podiums et 103 victoires en 296 Grands Prix. Il n’a plus rien à prouver. Un peu comme Toto Wolff, qui, arrivé en 2013, a fait de Mercedes l’écurie dominante qu’elle est depuis plusieurs années.

Qu’est-ce qui les pousse à continuer ? a-t-on demandé au grand patron.

« C’est facile de répondre : on adore le sport ! a-t-il lancé sans la moindre hésitation. On adore le chrono qui ne ment jamais. Tu es bien ou tu es mal. Il n’y a pas de mensonges, pas d’excuses.

« Dans la business, la politique, on peut toujours trouver des excuses et un argument pour expliquer pourquoi ça n’a pas fonctionné et pourquoi c’était la faute des autres. Ici, c’est pur. C’est ça qu’on adore. »

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