Commission d’enquête sur le 6-Janvier

À un cheveu d’une « crise constitutionnelle »

New York — Donald Trump était « très agité », en ce 27 décembre 2020. Assis derrière son bureau à la Maison-Blanche, il refusait d’accepter ce que les deux plus hauts responsables du département de la Justice lui répétaient pour la énième fois. Ses allégations de fraude électorale étaient infondées et le département ne pouvait pas « claquer des doigts » pour changer les résultats de l’élection présidentielle.

« Il a répondu très rapidement et a dit, en substance : “Ce n’est pas ce que je vous demande de faire, ce que je vous demande de faire, c’est de dire qu’il y a eu de la corruption et de nous laisser, à moi et aux membres républicains du Congrès, le reste” », a rappelé jeudi Richard Donoghue, ex-numéro deux par intérim du département de la Justice.

Lors de la cinquième audition publique de la commission d’enquête sur le 6-Janvier, Richard Donoghue et l’autre témoin vedette de la journée, Jeffrey Rosen, ex-procureur général des États-Unis par intérim, ont offert plusieurs autres exemples d’interactions où Donald Trump a semblé vouloir corrompre le département de la Justice pour se maintenir au pouvoir.

« Il était prêt à sacrifier notre république pour prolonger sa présidence. Je ne peux pas imaginer d’acte plus déshonorant de la part d’un président », a déclaré le représentant républicain de l’Illinois Adam Kinzinger, qui a joué un rôle prédominant lors de l’interrogatoire des témoins.

La rencontre du 27 décembre 2020 n’a évidemment pas mis un terme aux efforts de Donald Trump. Le lendemain, un de ses alliés au sein du département de la Justice, Jeff Clark, avocat spécialisé en droit de l’environnement, a demandé à Jeffrey Rosen et à Richard Donoghue de signer une lettre destinée aux responsables politiques de la Géorgie. La missive affirmait faussement que le département de la Justice avait « constaté des problèmes importants » qui changeraient les résultats de l’élection dans cet État.

Rosen et Donoghue ont refusé de signer la lettre.

« Pour le département [de la Justice], s’insérer de cette façon dans le processus politique aurait eu, je pense, de graves conséquences pour le pays. Cela aurait très bien pu nous entraîner dans une crise constitutionnelle. »

— Richard Donoghue, ex-numéro deux par intérim du département de la Justice

Quelques jours plus tard, Jeffrey Rosen a appris que Donald Trump s’apprêtait à le remplacer par Jeff Clark comme procureur général des États-Unis par intérim.

« Je n’allais pas accepter d’être viré par mon subordonné », a déclaré Rosen, rappelant avoir aussitôt demandé et obtenu une rencontre à la Maison-Blanche.

L’objectif de la rencontre, le 3 janvier 2021 : détourner le président de son idée. Clark y a participé, de même que Donoghue et un conseiller juridique du département de la Justice, Steven Engel.

« Qu’est-ce que j’ai à perdre ? », a demandé le président en parlant du remplacement de Jeffrey Rosen par Jeff Clark.

« Monsieur le président, vous avez beaucoup à perdre », a répondu Donoghue, évoquant notamment les « démissions massives » qu’un tel remplacement provoquerait au sein du département de la Justice.

Steven Engel est alors intervenu pour dire que Jeff Clark dirigerait un « cimetière » s’il était nommé à la tête du département de la Justice.

Selon Jeffrey Rosen et Richard Donoghue, l’intervention d’Engel a semblé convaincre Trump que la promotion de Jeff Clark était une mauvaise idée.

Dans la ligne de mire du FBI

Ce même Clark n’est pas seulement dans la ligne de mire de la commission d’enquête sur le 6-Janvier. Le FBI a perquisitionné à son domicile mercredi matin en lien avec la création de listes de faux grands électeurs après l’élection présidentielle de 2020. Selon leurs promoteurs, ces listes auraient dû servir de prétexte à Mike Pence pour refuser de certifier les résultats du scrutin le 6 janvier 2021.

La Commission a par ailleurs fait entendre des dépositions d’anciens membres du personnel de la Maison-Blanche citant plusieurs représentants républicains qui ont demandé une grâce présidentielle préventive après l’attaque du Capitole.

Figurent parmi ces représentants Matt Gaetz (Floride), Mo Brooks (Alabama), Andy Biggs (Arizona), Scott Perry (Pennsylvanie) et Louie Gohmert (Texas).

Les prochaines auditions de la Commission doivent avoir lieu en juillet. Elles sont censées porter sur le rôle de Donald Trump dans la création du climat de violence qui a mené à l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021.

À la fin de la cinquième audition, la représentante républicaine du Wyoming Liz Cheney s’est adressée aux membres de son parti : « Depuis le début des auditions, vous avez entendu plus d’une douzaine de républicains qui vous ont dit ce qui s’est réellement passé dans les semaines précédant le 6 janvier. Il peut être difficile d’accepter que le président Trump a abusé de votre confiance. Qu’il vous a trompés. Beaucoup vont inventer des excuses pour ignorer ce fait. Mais c’est un fait. J’aimerais que ce ne soit pas vrai. Mais ça l’est. »

La FDA interdit la vente des cigarettes électroniques de Juul Labs

L’agence américaine responsable de la santé (FDA) a interdit jeudi la vente aux États-Unis de toutes les cigarettes électroniques de la marque Juul Laabs pour tenter d’enrayer le vapotage chez les jeunes, un coup dur pour la société qui envisage d’interjeter appel. La FDA a estimé que la jeune pousse, qui a connu un succès phénoménal à la fin des années 2010 avec ses vapoteuses en forme de clés USB et ses recharges de nicotine aux goûts fruités, n’avait pas démontré que la commercialisation de ses produits était « appropriée pour la protection de la santé publique ». À la suite de cette décision, « l’entreprise doit arrêter de vendre et de distribuer » les produits pour lesquels elle dispose actuellement d’une autorisation et ceux déjà dans les magasins « doivent être retirés » de la vente. L’agence avait déjà interdit en 2020 la commercialisation des vapoteuses à recharge, de type Juul, avec des goûts aromatisés, n’autorisant plus que les arômes de tabac et de menthol.

— Agence France-Presse

Application de livraison de repas

Une New-Yorkaise appelle la police à l’aide de Grubhub

Une New-Yorkaise séquestrée après une agression sexuelle présumée a réussi à envoyer un appel au secours grâce à une application de commande de repas en ligne et a été libérée par la police, ont rapporté des médias américains. Cette femme de 24 ans s’était fait confisquer son téléphone par l’homme soupçonné d’être son agresseur, âgé de 32 ans, a affirmé la chaîne locale WABC en citant les autorités. Elle n’a pu le récupérer qu’en lui demandant de pouvoir commander un plat par l’entremise de l’application de livraison Grubhub. Tôt dimanche, elle a commandé un burger et un sandwich à un établissement à proximité, le Chipper Truck Café. Et dans ses consignes, la New-Yorkaise a glissé quelques mots : « Merci d’appeler la police […]. Faites ça discrètement s’il vous plaît. » Elle a également demandé à ce que des agents se présentent lors de la livraison, selon une copie du reçu obtenue par WABC. C’est ainsi que les forces de l’ordre sont allées à l’adresse indiquée et ont arrêté le suspect.

— Agence France-Presse

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