Point de vente Métro McGill

Zoom sur… Mario St-Denis

Dans la rue, Mario a vécu deux périodes sombres séparées par 22 années passées auprès de la femme de sa vie.

Mario est né à Mercier, en Montérégie. À l’âge de 8 ans, il a été adopté par un couple qu’il considère comme ses vrais parents. « Ils ont été vraiment bons pour moi. C’est pas de leur faute si j’ai mal viré. »

Les cours de français, d’anglais et d’histoire, très peu pour lui. À part la menuiserie, la mécanique et les sports, aucun cours ne l’intéressait. « À partir de 15 ans, je n’ai plus vraiment fréquenté l’école. J’y allais, mais je rentrais par une porte et je sortais par l’autre. »

Mario a quitté la maison familiale à 18 ans et s’est retrouvé sur la Main à Montréal. « Je voulais faire ma vie, mais je l’ai regretté, c’est sûr. J’ai fait des conneries. Je ne faisais vraiment pas de bons choix et je me tenais avec du monde pas fréquentable. » Mario s’est retrouvé en prison pour la première fois à 19 ans.

Ses années de galère se sont poursuivies jusqu’à l’âge de 32 ans. Alors qu’il était attablé dans un restaurant près du métro Papineau, une femme est venue lui demander du feu.

« On a jasé puis on a commencé à sortir ensemble et finalement, on est restés ensemble pendant une vingtaine d’années. Tout le temps que j’ai été avec elle, je n’ai pas pris un coup et je n’ai pas fait de conneries. »

— Mario

Mais il y a quatre ans, son amoureuse s’est effondrée à ses côtés, victime d’un AVC. « J’ai essayé de la ranimer, mais elle était déjà morte. » Celle qui l’avait amené à changer de vie lui manquait beaucoup et le choc de sa perte a ramené Mario à ses vieux démons.

Alors qu’il s’était retrouvé à vivre dans la rue après le décès de sa femme, sa bonne amie Diane, qu’il appelle tous les jours, l’a aidé à ne pas sombrer. Puis, son cousin est venu à sa rescousse. « Il m’a dit que je ferais mieux de vendre L’Itinéraire plutôt que de vendre de la dope. » Et finalement, grâce à Isabelle, intervenante à L’Itinéraire, Mario habite maintenant un logement abordable qui lui convient bien.

Depuis qu’il a repris le contrôle de sa vie, Mario préfère éviter de ressasser ses années troubles. Il savoure les petits plaisirs de la vie, comme déguster un bon steak qu’il apprête avec des champignons ou regarder des films d’action à la télé.

« Vendre L’Itinéraire, ça me change les idées. Si j’avais pas ça, ça irait pas bien. Je me lève quand je veux, je travaille quand je veux et il n’y a pas de police qui vient me réveiller. Mon réveille-matin, c’est le bruit que font les ouvriers qui travaillent dans la rue. »

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