Cyclisme

Véloce comme jamais dans les cols, Hugo Houle se sent fin prêt pour le Giro, qui s’élancera dans moins de 10 jours avec un contre-la-montre par équipes à San Remo.

En guise de préparation finale, le Canadien de l’AG2R La Mondiale a grimpé le Ventoux par ses deux versants, mardi. Même si le sommet était fermé, ça lui a fait 3200 mètres d’ascension totale. De quoi se mettre en confiance avant son premier grand tour.

« Déjà, je suis très content d’avoir réussi à me rendre jusqu’au départ d’un Giro », a souligné Houle de son appartement de Saint-Restitut, dans la région Rhône-Alpes, hier. « Il n’y a pas beaucoup de Québécois qui ont fait ça (1). C’est une chance que j’ai. Mais je me concentre sur la course. »

«  Je ne m’en vais pas là pour faire une balade. J’ai le niveau pour être compétitif et contribuer aux succès de l’équipe. Et si j’ai une chance de me faire voir, je vais le faire. »

— Hugo Houle

À peine sorti de la période des classiques flandriennes, le cycliste de 24 ans a pu mesurer sa progression en montagne lors du Tour du Trentin, la semaine dernière. Il s’est glissé dans des échappées dans les deux dernières étapes, dont l’une a été remportée par son coéquipier italien Domenico Pozzovivo, qui sera le leader d’AG2R au Giro.

« Je ne m’attendais pas à marcher autant », s’enthousiasme l’athlète de Sainte-Perpétue. « J’ai pris une coche cette année. Ça se voit pas mal. C’est très encourageant et positif en vue du Giro. »

LA FIN DE « HU-GROS »

Le vice-champion national du contre-la-montre attribue une partie de ses succès en altitude à l’attention nouvelle qu’il accorde à la nutrition. Son poids a souvent été mis en exergue depuis son arrivée en Europe.

« C’était une de mes faiblesses, admet-il. Tout mon entraînement est à la fine pointe, mais j’avais peut-être de mauvaises habitudes nutritionnelles. Pas que je mangeais mal, mais je me disais : “Au nombre d’heures que je roule, je peux bien manger autant que je veux.” Il n’y a pas de secrets. Si tu veux être compétitif avec les meilleurs au monde, tu ne peux pas avoir un poids de cinq livres dans le dos. »

Depuis l’automne, Houle suit les conseils de Mélanie Olivier, spécialiste de la nutrition sportive qui travaille entre autres avec le Canadien de Montréal. Il s’est délesté de 3 kg pour faire passer son poids à 69 kg.

« J’avais de la marge ! », dit en rigolant celui que des coéquipiers surnommaient « Hu-gros » à l’époque de SpiderTech. « Ils ne pourraient plus m’appeler comme ça. »

En montagne, Houle a clairement ressenti le changement dans son rapport poids/puissance. « C’est hallucinant, dit-il. Tu récupères mieux, tu accumules moins de fatigue. » En plein ce dont il aura besoin pour son baptême dans une course de trois semaines.

Avant de prendre la route de San Remo, Houle s’alignera vendredi au Grand Prix de Francfort (1.HC), où il espère pouvoir se démarquer dans le final.

(1) Dominique Rollin y a participé deux fois, terminant 75e en 2013.

Citation de la semaine

« Comment expliquer que je sois aussi fort, à 35 ans, que je l’étais avant ma suspension ? Qu’est-ce que tu veux que je dise ? J’ai toujours été un bon coureur. À 26 ans, je gagnais déjà ici… pour moi, ce n’est pas une surprise. »

— Alejandro Valverde après sa troisième victoire à Liège-Bastogne-Liège dimanche, à un journaliste belge qui lui rappelait sa suspension de deux ans pour dopage sanguin (tel que rapporté le lendemain dans L’Équipe).

Cyclisme

Cyclo Show

Les esthètes de la petite reine ont rendez-vous samedi à Montréal pour le Cyclo Show 2015, un salon du vélo artisanal réunissant des fabricants de vélo locaux comme Marinoni, Xprezo, Matador et Golem. Une quinzaine de vélos de route remis à neuf par Rebicycle seront mis en vente et un artisan de Guru fera une démonstration d’assemblage de cadres en carbone. Tous les bénéfices seront versés à Cyclo Nord-Sud, un organisme qui récupère des vélos inutilisés pour les expédier à des communautés défavorisées du Sud. De 11 h à 23 h, La Cenne, 7755 boul. Saint-Laurent, suite 300. Entrée 10 $.

Chiffre de la semaine

22

Âge du Français Julian Alaphilippe, grande révélation des classiques ardennaises, où il a terminé deux fois deuxième à la Flèche Wallonne et à Liège-Bastogne-Liège, tout en servant les intérêts de son coéquipier et champion mondial Michal Kwiatkowski, vainqueur de l’Amstel Gold Race. Le polyvalent représentant d’Etixx-Quick Step a remis ça hier en finissant troisième d’un sprint groupé lors de la deuxième étape du Tour de Romandie.

Cyclisme

Boivin le grimpeur

Le fil Twitter du Tour du Gila (UCI 2.2) annonçait presque la victoire de Guillaume Boivin à 2 km de l’arrivée au sommet de cette première étape, hier. Puis un Colombien du nom de Rafael Montiel a apparemment surgi de nulle part pour s’imposer devant le Québécois d’Optum Kelly Benefit. Après avoir enregistré quelques résultats encourageants sur des sprints la semaine dernière à la Joe Martin, en Arkansas, Boivin s’est glissé dans une longue échappée avant de se détacher dans une montée abrupte de 9 km qui se terminait près du village fantôme de Mogollon, au Nouveau-Mexique. L’ancien membre de Cannondale explique dans son blogue qu’il doit encore peaufiner les arrivées au sprint en prévision de son grand objectif, le Tour de Californie, le mois prochain.

Cyclisme

Gare à la portière

L’emportiérage est la crainte constante du cycliste urbain, surtout au printemps, alors que les automobilistes ont perdu l’habitude de vérifier dans le rétroviseur avant d’ouvrir. Jesper Hansen ne s’attendait sans doute pas à vivre ce cauchemar en pleine course, hier, au Tour de Romandie. Le Danois de Tinkoff-Saxo tentait de se relancer après une chute quand la portière d’une voiture médicale l’a violemment projeté au sol. Manifestement catastrophé, le fautif s’est ensuite précipité vers… le Canadien Svein Tuft, victime plus sérieuse de la chute initiale.

Cyclisme

La Classique des Appalaches

Avant de grimper le Ventoux, Hugo Houle préparait ses grands rendez-vous sur le mont Arthabaska, dans la région de Victoriaville. Le natif de Sainte-Perpétue était donc la personne toute désignée pour devenir ambassadeur de la Classique des Appalaches, une toute nouvelle course dont l’arrivée sera jugée au sommet de ce qu’on appelait à l’époque le mont Saint-Michel (2,6 km à 6,7 %).

« Le Centre-du-Québec est une région méconnue pour le cyclisme, souligne Houle. C’est vraiment beau. Je n’ai jamais compris pourquoi il n’y avait pas de course là. »

Épreuve sur route de 135 km, la classique se démarque par son niveau de difficulté (plus de 2700 m d’ascension) et ses 45 km sur terre battue. La bourse totale de 25 000 $, dont 10 000 $ au vainqueur, frappe également l’imaginaire. Programmée les 19 et 20 septembre, la classique inclut une course féminine et un Gran Fondo, qui se termineront aussi en haut du mont Arthabaska.

« Avec les gens de la région, on cherche à mettre sur pied un événement d’envergure, qui va durer, avec du défi et de la créativité dans les parcours », résume l’un des trois cofondateurs, Alexis Pinard, un passionné de cyclisme. Clin d’œil à une pratique européenne, le vainqueur de chaque catégorie recevra l’équivalent de son poids en sirop d’érable.

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