Espagne

12 000

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Nombre de nouveaux cas de COVID-19 recensés vendredi en Espagne, selon le plus récent bilan publié par le ministère de la Santé, chiffre record dans ce pays depuis le début de la pandémie. L’Espagne a été cette semaine le premier pays d’Europe occidentale à dépasser la barre du demi-million de cas.

— Agence France-Presse

États-Unis

Ravagé par les incendies, l’Ouest redoute d’autres morts

Plus de 20 000 pompiers luttaient vendredi contre les flammes qui ravagent l’ouest des États-Unis, où les secours comptaient sur une météo plus fraîche et plus humide pour leur offrir un peu de répit ce week-end. Alimentés depuis des jours par une sécheresse chronique et des vents violents, les feux disséminés de la frontière du Canada à celle du Mexique signaient de tristes records. Au total, 16 victimes ont été recensées cette semaine, mais il était impossible d’évaluer l’ampleur réelle des destructions, de vastes régions étant encore inaccessibles. « Nous nous attendons à ce que le nombre [de morts] puisse s’alourdir au fur et à mesure que nous revenons dans des zones ravagées par les flammes », a ainsi prévenu le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, après s’être rendu dans les vestiges fumants d’une forêt calcinée du nord de l’État. C’est là, dans le comté de Butte, encore traumatisé par le souvenir des incendies de novembre 2018 qui avaient fait 86 morts et réduit en cendres la ville de Paradise, qu’au moins 10 personnes ont péri dans les flammes cette semaine, selon le dernier bilan des secours.

— Agence France-Presse

Grèce

Des centaines de tentes à Lesbos pour accueillir les réfugiés de Moria

Les autorités grecques ont commencé vendredi des travaux pour installer des centaines de tentes dans une enceinte près du port de l’île de Lesbos, où doivent être transférés les milliers de demandeurs d’asile sans abri après les incendies qui ont détruit le sordide camp de réfugiés de Moria. Des hélicoptères Chinook de l’armée grecque ont transféré des tentes près d’un ancien champ de tir entouré d’une clôture, à trois kilomètres du port de Mytilène, a constaté l’AFP sur place. Tout au long de la route reliant Moria au port, des familles de réfugiés désespérés campaient sur les trottoirs, certaines sans tentes, pour la troisième nuit consécutive. Vendredi au petit matin, 11 véhicules de police et 2 canons à eau sont arrivés au port de Mytilène, chef-lieu de l’île. Deux fourgonnettes de la police ont bloqué la route près du port pour empêcher les demandeurs d’asile d’y accéder. Environ un millier de demandeurs d’asile sans abri, selon la police, 2000 selon des médias sur place, ont manifesté vendredi après-midi à Lesbos réclamant leur départ de l’île.

— Agence France-Presse

Japon

L’arsenal antimissile doit être renforcé, insiste Shinzo Abe

Le premier ministre japonais Shinzo Abe, qui s’apprête à quitter son poste la semaine prochaine pour raisons de santé, a insisté vendredi sur la nécessité pour le Japon de renforcer ses capacités de défense antimissile, notamment pour contrer la menace nord-coréenne. « Je crois qu’il est nécessaire de renforcer la dissuasion et ainsi de réduire encore davantage l’éventualité d’une attaque contre le Japon avec des missiles balistiques et autres » armes, a déclaré M. Abe dans un communiqué. Le gouvernement a prévu d’identifier la politique à suivre en la matière « d’ici la fin de cette année », pour répondre aux « sévères » enjeux de sécurité nationale du pays, a-t-il ajouté, en citant la menace balistique et nucléaire de Pyongyang. La réflexion du gouvernement s’inscrira dans le respect de la Constitution pacifiste japonaise et des lois internationales, a-t-il assuré. « La politique japonaise exclusivement orientée sur la défense ne changera pas », ni l’alliance de sécurité avec les États-Unis, a-t-il encore précisé. Cependant la possibilité que le Japon se dote d’armes offensives, même à des fins revendiquées de dissuasion et de défense, fait débat dans le pays.

— Agence France-Presse

Colombie

Bogotá demande « pardon », nouveaux appels à manifester

Le gouvernement colombien a demandé « pardon » vendredi pour la bavure à l’origine de deux jours d’émeutes contre les violences policières, qui ont fait 13 morts, alors que de nouveaux appels à manifester ont été lancés à Bogotá. Après deux jours de violentes manifestations dans la capitale et plusieurs grandes villes du pays, le ministre de la Défense, Carlos Holmes Trujillo, a exprimé sa « douleur et son indignation » après la mort mercredi de Javier Ordóñez, dont l’arrestation brutale avait été diffusée sur les réseaux sociaux. Le ministre, qui supervise la police dans ce pays marqué par un long conflit armé, a demandé « pardon » pour « toute violation de la loi ou ignorance des règlements » de la part de policiers. Après son arrestation, l’ingénieur de 43 ans, qui achevait ses études de droit, avait été emmené dans un commissariat où il a été victime de « complications médicales », selon la police, avant de succomber peu après à l’hôpital. Selon la défense de sa famille, les policiers ont « massacré » ce père de deux enfants, en le rouant de coups. « J’ai des photos […] c’est un homicide aggravé et un délit de torture, du moins un abus d’autorité », a déclaré l’avocat Vadith Gomez à la radio locale Blu Radio. — Agence France-Presse

Moyen-Orient

Accord de paix « historique » entre Israël et Bahreïn

Le premier ministre d’Israël, Benyamin Nétanyahou, et le présidents des États-Unis, se sont félicités vendredi soir d’un nouvel accord de normalisation des relations entre Israël et un pays arabe, Bahreïn, une initiative aussitôt fustigée par la classe politique palestinienne. « Citoyens d’Israël, je suis ému de vous informer que ce soir, nous parviendrons à un autre accord de paix avec un autre pays arabe, Bahreïn. Cet accord s’ajoute à la paix historique avec les Émirats arabes unis », a déclaré M. Nétanyahou dans un communiqué et un message vidéo en hébreu. Depuis le début de soirée, les rumeurs se multipliaient dans les médias israéliens sur cet accord de normalisation, le deuxième en un mois avec un pays du Golfe, et le quatrième avec un pays arabe après l’Égypte (1979) et la Jordanie (1994). « Il nous a fallu 26 ans pour parvenir d’un deuxième à un troisième accord de paix […] mais 29 jours pour parvenir à un accord de paix entre le troisième et le quatrième État arabe. Et il y en aura d’autres. C’est une nouvelle ère de paix », a ajouté M. Nétanyahou. Cet accord permet à Donald Trump de continuer à rebattre les cartes au Moyen-Orient pour isoler un peu plus l’Iran, ennemi intime de Washington. « C’est une journée véritablement historique ! », a lancé le locataire de la Maison-Blanche, qui engrange un succès diplomatique précieux à moins de huit semaines de l’élection où il briguera un second mandat face à Joe Biden.

— Agence France-Presse

procès charlie hebdo

Les accusés saluent « le courage » des familles

Au terme d’une semaine marquée par les témoignages poignants des victimes, les accusés du procès de Charlie Hebdo ont salué vendredi le « courage » et la « dignité » des survivants de la tuerie, suscitant des réactions contrastées chez les parties civiles.

Ils sont tous accusés d’avoir apporté une aide logistique aux auteurs des attentats et affirment l’avoir fait sans connaître leurs intentions terroristes, qu’ils dénoncent.

Invité à réagir aux terribles récits entendus depuis lundi devant la cour d’assises spéciale de Paris, Saïd Makhlouf, comme l’ensemble de ses coaccusés, se veut sans équivoque : « Je voulais dire aux familles des victimes qu’elles sont très courageuses », assure-t-il.

Le trentenaire, silhouette corpulente et cheveux rassemblés en mini-queue de cheval, indique avoir été « vraiment touché » par ces multiples témoignages. « Je ne peux que compatir à leurs souffrances », a-t-il expliqué du box vitré où se côtoient une partie des accusés.

Au total, 14 personnes sont jugées devant la cour d’assises pour leur soutien logistique à Chérif et Saïd Kouachi ainsi qu’à Amédy Coulibaly, auteurs des attaques contre Charlie Hebdo, Montrouge et l’Hyper Cacher. Parmi elles, trois sont jugées par défaut.

Ces attaques, menées de façon coordonnée les 7, 8 et 9 janvier 2015, ont fait 17 morts, dont 10 dans les locaux de Charlie Hebdo. Un « carnage » raconté à la barre par plusieurs rescapés de l’hebdomadaire, dont la dessinatrice Coco, dans des termes parfois insoutenables.

« C’était émouvant, c’était dur. Les photos de ce qui s’est passé, à Charlie, elles étaient dures à regarder », assure vendredi l’un des accusés, Willy Prévost. Un message relayé par Nezar Mickaël Pastor Alwatik, visiblement ému : « J’espère que le temps guérira ces blessures. »

Comme plusieurs accusés, il condamne de nouveau les attentats de 2015, assurant être étranger à l’idéologie djihadiste. « Je crache sur ces gens-là, sur les frères Kouachi que je ne connais même pas, sur Amédy Coulibaly que je croyais connaître », lâche-t-il.

Sentiments honnêtes ?

Émotion sincère ou bien compassion feinte, dans le cadre d’une stratégie de défense bien rodée ? Sur le banc des parties civiles, MMarie-Laure Barré, avocate de proches de victimes, ne cache pas son agacement. « Je peux comprendre que les accusés veuillent se démarquer des faits extrêmement graves et des images » projetées durant l’audience. Mais « quand on fournit du matériel, quand on vend des armes et des kalachnikovs, ce n’est pas pour jouer au golf ! », ajoute-t-elle.

Du côté de la défense, tous protestent. « Certaines parties civiles veulent retirer la liberté de parole aux accusés », estime Isabelle Coutant-Peyre, conseil d’Ali Riza Polat, seul des 11 accusés présents à l’audience à être poursuivi pour « complicité » de crimes terroristes.

Souvent agressif depuis le début du procès, Ali Riza Polat s’était dit auparavant « désolé » de son « comportement ». « Je m’emporte vite », mais « je n’ai rien à voir avec ça. Je me désolidarise de ce qu’ils ont fait, les trois », assure-t-il, en s’adressant aux victimes.

Ces échanges sont venus conclure une nouvelle journée d’hommage aux disparus, dont le dessinateur Bernard Verlhac, alias Tignous, et l’économiste et chroniqueur Bernard Maris – qui publiait dans Charlie sous le nom de plume d’« Oncle Bernard ».

— Agence France-Presse

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