La chanteuse Guylaine Guy n’est plus

La chanteuse et comédienne Guylaine Guy s’est éteinte dans la nuit de samedi à dimanche à Saint-Arnoult, en France, à 94 ans. Oubliée depuis qu’elle avait quitté le Québec pour s’installer en Normandie, cette Montréalaise s’est produite sur les plus grandes scènes du monde, de Broadway à l’Olympia. Elle a chanté avec les plus grands de son époque, dont Charles Aznavour et Louis Armstrong, qui l’avait surnommée la « princesse du rythme ». Née sous le nom de Guylaine Chailler, en 1929 à Montréal, Guylaine Guy était la sœur de la chanteuse Colette Bonheur. Elle a fait ses débuts aux cabarets des belles nuits de Montréal, dans les années 1950. Elle se produit dans plusieurs grandes boîtes, où elle rencontre Dominique Michel, Raymond Lévesque, Denise Filiatrault… À Paris, elle chante au Bobino et fait une entrée remarquée à l’Olympia. Plus près de nous, au Québec, Mme Guy fait quelques apparitions à la télévision. — Luc Boulanger, La Presse

Bachelor

Irrésistible et attachante Monika Pilon

Après Pauline Martin et Sylvie Léonard, c’est au tour de Monika Pilon de défendre le rôle de Dolorès dans Bachelor, spectacle solo créé en 1979, qui aborde les thèmes de la séduction, de la liberté, de la solitude, mais aussi du rang social et des inégalités qui en découlent. Une performance remarquable, malgré quelques passages cahoteux.

La pétillante jeune femme fait son entrée en scène en débarquant chez sa voisine de palier, qu’elle connaît à peine. Pendant toute la durée du spectacle, elle s’adressera à cette voisine invisible – elle aussi célibataire – en regardant le public.

C’est ainsi que dans la première partie de Bachelor, pendant qu’elle s’épile les jambes, Dolorès dévoilera ses états d’âme à Michèle – cette voisine qui pianote –, parlant de son travail d’étalagiste chez Eaton, de sa vie de célibataire, de ses aventures ou encore de sa relation naissante avec le jeune Jay, issu d’une famille riche.

Le premier quart d’heure est lent à démarrer. Malgré l’aisance sur scène et le charme indéniable de la comédienne, on se demande où tout cela s’en va, et si ce personnage de « l’Esss » de Montréal est vraiment crédible.

Il faut dire que le texte original, écrit en joual par Louis Saia, Michel Rivard et Louise Roy, n’est pas facile à se mettre en bouche.

Il faut attendre la description que fait Dolorès de sa vitrine, lorsqu’elle improvise un concept à partir des mots « printemps » et « jeans », pour qu’enfin on adhère à sa proposition. Elle en remettra dans son récit de la séance photo avec son patron. Monika Pilon devient alors une irrésistible conteuse à laquelle on s’accroche et on s’attache.

La mise en scène d’Édith Cochrane est assez minimaliste, toute l’action étant campée dans l’entrée de l’appartement de ladite voisine. Bachelor repose ainsi entièrement sur les épaules de Monika Pilon, qui occupe tout le petit espace de jeu. Sa performance est ponctuée de petits jingles disco, qui nous rappellent la date de création de la pièce…

Entre le rire et les larmes

La deuxième partie se passe six mois plus tard. Dolorès s’apprête à sortir avec ses collègues du magasin, mais le cœur n’y est pas. Son idylle avec Jay, jeune homme de 20 ans de qui elle s’est éprise, a mal viré.

C’est vraiment dans ce segment que Monika Pilon nous montre toute l’étendue de son talent. Dans cet état de déséquilibre, entre le rire et les larmes, la liberté et la solitude, le besoin de séduire et d’être aimé, on ressent toute la peine de la jeune femme, qui a fait de mauvais choix (malgré son intuition, comme elle dit) et qui en subit les contrecoups.

À travers cette épreuve, on est aussi témoin de la résilience de cette Dolorès à la fois forte et attachante, qui tend une main fragile à sa voisine – et confidente – pour affronter les vents de face dans une touchante finale.

Bachelor, qui est présentée à la Cinquième Salle depuis deux semaines, amorce une tournée québécoise d’un an, vous avez donc tout le temps de l’attraper où que vous soyez.

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