Concerts-tests à Québec

Un projet salué, mais des délais jugés courts

L’annonce de la ministre du Tourisme du Québec, Caroline Proulx, de tenir deux concerts-tests le 25 septembre à Québec est bien accueillie par le milieu du spectacle. Leur objectif est d’établir les paramètres sociosanitaires inhérents à la reprise d’évènements extérieurs et en salle dans le contexte de la pandémie. Mais avant de faire une offre, les intéressés doivent analyser plusieurs variables. Et le temps est compté…

« Nous réclamions la tenue de tels tests depuis des mois, alors on se réjouit, dit Martin Roy, directeur général du Regroupement des évènements majeurs internationaux (REMI). D’autant plus qu’à ma connaissance, il y a eu seulement des concerts-tests en salle, mais jamais à l’extérieur. Mais le défi, c’est le temps. Les délais sont courts. »

Lundi, la ministre Proulx a annoncé avoir donné le mandat à l’Université Laval d’établir un protocole de recherche entourant un évènement-test se divisant en deux concerts distincts, l’un sur les plaines d’Abraham devant un maximum de 20 000 spectateurs et l’autre en salle, au Centre des congrès de Québec, devant une foule maximale de 5000 personnes. Des appels d’offres ont été lancés peu après la conférence de presse, pour inviter les producteurs à proposer leurs services.

Propositions « clés en main »

Or, selon Radio-Canada qui a consulté l’appel d’offres, les deux spectacles seront présentés simultanément le 25 septembre. Dans les deux cas, 50 % du contenu devra être d’expression francophone. Au moins trois artistes québécois, peu importe la langue d’expression, doivent participer au concert sur les plaines d’Abraham et un au Centre des congrès.

Les soumissionnaires doivent faire une proposition de spectacles « clés en main », autre façon de dire qu’ils doivent voir à tout, de A à Z. Les deux concerts seront gratuits alors que le budget total de l’évènement et du protocole de recherche oscillera entre deux millions et trois millions de dollars.

Non seulement les délais sont courts, mais il faut organiser un évènement qui plaira aux spectateurs, fait observer Martin Roy.

« Je veux bien d’un spectacle pour l’avancement de la science, mais il faut tenir compte du fait que les spectateurs viendront pour s’amuser.  »

— Martin Roy, directeur du Regroupement des évènements majeurs internationaux

« Les intéressés auront-ils l’équivalent d’un spectacle d’Indochine [tel le concert-test du 29 mai à Paris] à offrir ? Peut-on trouver un artiste local et un artiste international qui vont attirer les gens dans la même salle ? »

Réflexion

La Presse a questionné deux experts qui tiennent des évènements d’envergure à Québec. Louis Bellavance, directeur de la programmation au Festival d’été de Québec, et Sylvain Parent-Bédard, président fondateur de ComediHa ! dont la division Sysmik a présenté les spectacles de Madonna et de Céline Dion sur les plaines d’Abraham, en plus de produire ceux de la fête nationale à Québec de 2015 à 2019, à Trois-Rivières l’an dernier et à Charlevoix en 2021.

L’un et l’autre saluent l’initiative de la ministre, mais estiment qu’il est encore trop tôt pour dire s’ils feront une offre ou non. « C’est une belle nouvelle pour l’industrie, dit M. Bellavance, et nous sommes en réflexion quant à savoir si nous ferons une offre. C’est un projet complexe dont on doit analyser toute la logistique. »

« Voilà une belle initiative, dit de son côté M. Parent-Bédard. Je crois que nous avons l’expertise pour le faire, mais nous n’avons pas pris de décision. L’appel d’offres est un bon document [c’est-à-dire volumineux]. Il faut voir si notre expertise va s’arrimer aux mesures particulières du protocole de recherche de l’université. »

Optimisme

Si les promoteurs ont peu de temps pour étudier le document et faire une offre, comme le dit Martin Roy, ce dernier espère en contrepartie que l’analyse des résultats se fera avec diligence. « On souhaite que ces résultats soient analysés rapidement parce qu’il y a tout un calendrier de concerts prévus à l’automne ainsi que des évènements extérieurs internationaux hivernaux dont Igloofest, le Carnaval de Québec et Montréal en lumière, dit-il. On espère qu’ils se tiendront dans des conditions optimales. »

Compte tenu des résultats annoncés un mois après le concert d’Indochine (pas de surrisque), M. Roy est optimiste quant à la possibilité d’une relance des évènements extérieurs. « Si les résultats sont positifs à l’intérieur, je crois à plus forte raison qu’ils le seront à l’extérieur aussi. »

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