Doses de rappel

La campagne de vaccination pourrait être plus ciblée

Le gouvernement Legault devrait bientôt préciser comment il appliquera les nouvelles recommandations du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) sur la clientèle à viser pour les prochaines doses de rappel de vaccins contre la COVID-19. La campagne pourrait alors se concentrer sur les personnes à risque, plutôt que sur la population générale.

« Si la Santé publique nous dit : “Il y a certaines personnes, après trois, quatre doses, que ce n’est plus nécessaire [de] vacciner”, on va faire comme on a fait depuis deux ans et demi, bientôt presque trois ans. On va suivre les recommandations de la Santé publique », a assuré le premier ministre François Legault en conférence de presse mercredi.

M. Legault a indiqué qu’il n’avait pas parlé aux responsables de la Santé publique « dans les derniers jours », mais a ajouté que son ministre de la Santé « Christian [Dubé] leur parle ».

Les recommandations du CIQ pour la prochaine dose de rappel visent les groupes jugés à risque, sans exclure le reste de la population, indiquent les informations recueillies par La Presse.

Le CIQ avait déjà adopté une approche semblable dans son avis de novembre, où la recommandation d’une dose de vaccin bivalent visait les groupes les plus à risque d’hospitalisation (personnes âgées de 60 ans et plus, ou de 12 ans et plus vivant avec une maladie chronique, femmes enceintes, personnes résidant en CHSLD ou en RPA, adultes en régions éloignées et isolées), ainsi que les travailleurs de la santé.

Reste à voir comment l’avis du CIQ se traduira dans les communications gouvernementales et si ces dernières souligneront qu’une dose de rappel n’est plus nécessaire pour tous.

« On poursuit actuellement les discussions et on va prendre le temps d’analyser la recommandation », a indiqué l’attaché de presse du ministre de la Santé, Antoine de la Durantaye, mercredi matin.

Une protection durable

Ce serait « une excellente décision », a commenté sur Twitter le DAlex Carignan, microbiologiste et infectiologue au CIUSSS de l’Estrie–CHUS, en réaction à une nouvelle de Radio-Canada indiquant que le rappel du vaccin ne serait plus recommandé à tous les Québécois.

« J’ai l’impression que l’idée fait son chemin », s’est réjoui le DCarignan en entrevue téléphonique.

Les données sur l’immunité dite hybride, auxquelles le Québec a contribué, vont dans ce sens, a-t-il expliqué.

« Les gens qui ont eu l’infection et ont été vaccinés en plus, c’est probablement la meilleure protection qu’on peut avoir. C’est aussi une protection qui a une durabilité dans le temps. Et une forte proportion des gens au Québec sont dans cette situation. »

— Le Dr Alex Carignan, microbiologiste et infectiologue au CIUSSS de l’Estrie–CHUS

Les doses de rappel devraient « probablement être réservées aux personnes ayant le plus besoin d’être protégées des formes graves de la maladie », a également estimé le pédiatre américain Paul Offit, expert en vaccins, immunologie et virologie, dans le New England Jounal of Medicine du 11 janvier.

Des ressources actuellement mobilisées pour vacciner « des gens qui sont peu à risque » pourraient être redirigées vers les groupes à risque, dont « les taux de couverture vaccinale sont malheureusement souvent bas », plaide le DCarignan.

Si les hôpitaux avaient des cliniques de vaccination permanentes, les malades qui consultent en pneumologie ou en cardiologie pourraient y être dirigés, dit-il. « Les gens se sentiraient peut-être davantage concernés. »

La campagne au ralenti

L’importance de bien cibler une campagne de vaccination a déjà été mise de l’avant par le CIQ, notamment pour la grippe. Pour atteindre son objectif, le Programme d’immunisation contre l’influenza du Québec doit privilégier l’atteinte d’une couverture vaccinale d’au moins 80 % dans les groupes à risque élevé d’hospitalisation et de décès, a souligné le CIQ dans son avis sur ce programme. La vaccination antigrippale n’en a pas moins été offerte gratuitement à toutes les personnes de 6 mois et plus pour la saison en cours.

Environ 6000 employés, la plupart temporaires, sont actuellement affectés à la vaccination contre la COVID-19, indique le ministère de la Santé.

La campagne tourne toutefois au ralenti, avec 5200 doses par jour en moyenne – environ le quart du volume de décembre.

À ce jour, 88 % des Québécois ont reçu au moins une dose de vaccin, 84 % deux, 55 % trois et 30 % quatre.

La propagation en fort recul

La propagation de la COVID-19 au Québec est en forte baisse depuis le début de 2023, le nombre de personnes hospitalisées en raison d’une infection diminuant particulièrement vite.

Mercredi, le Québec dénombrait 1859 personnes hospitalisées s’étant révélées positives à la COVID-19. C’est 11 % de moins depuis une semaine. De ce nombre, 612 patients ont été hospitalisés directement en raison de cette infection, les autres pour un autre motif.

Le nombre de personnes hospitalisées devrait continuer de diminuer au cours des prochains jours, le nombre de sorties surpassant celui des admissions. On recense en moyenne 34 patients de moins chaque jour. L’Institut national d’excellence en santé publique, qui évalue l’impact de la pandémie sur les hôpitaux, s’attend d’ailleurs à voir la pression diminuer au cours des prochaines semaines.

Les 4 décès rapportés mercredi portent la moyenne quotidienne calculée sur sept jours à 8. La tendance est en baisse de 14 % sur une semaine.

Enfin, les 628 nouveaux cas par tests PCR rapportés mercredi portent la moyenne quotidienne à 584. La tendance est ainsi en baisse de 24 % sur une semaine. Ces chiffres ne reflètent toutefois qu’une partie des infections totales, en raison de l’accès limité aux tests de dépistage par PCR. D’ailleurs, la proportion des tests de dépistage par PCR se révélant positifs à la COVID-19 demeure élevée, à 8,1 %.

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