Québec

Le tramway se peaufine dans Limoilou

Québec — Trois ans après le dévoilement du projet devant un parterre de journalistes, après bien des soubresauts et des passes d’armes politiques, la Ville de Québec met en ce moment la touche finale à son projet de tramway.

« Ç’a été une grande aventure pour se rendre ici », a lancé jeudi en conférence de presse le directeur du bureau de projet, Daniel Genest.

L’homme recruté après avoir travaillé cinq ans sur le chantier du pont Samuel-De Champlain était visiblement ému. Sur une note plus personnelle, M. Genest a dû affronter un cancer au moment même où le projet de tramway semblait le plus compromis.

Mais voilà : depuis le feu vert du gouvernement Legault, les choses s’accélèrent. La Ville lancera vendredi l’appel de propositions pour déterminer lequel des trois consortiums présélectionnés mettra en place le réseau et en fera l’entretien.

Puis le bureau de projet a pu peaufiner la ligne qui se rendra à D’Estimauville. Celle-ci a été imposée par le gouvernement du Québec, au détriment de celle qui devait rejoindre Charlesbourg.

Remous dans Limoilou

La Ville hésite maintenant entre deux propositions pour rejoindre le chemin de la Canardière et filer vers D’Estimauville. L’une emprunte la 3Avenue, cœur commercial du quartier Limoilou, alors que l’autre bifurque sur la 4e.

« Personnellement, je ne le sais pas encore. J’ai marché là il y a quelques jours et je ne le sais pas », a expliqué Régis Labeaume.

La question crée des remous dans Limoilou. La Société de développement commercial (SDC) s’oppose au passage sur la 3e Avenue et privilégie la 4e Avenue. Sa directrice appréhende notamment les travaux, mais s’inquiète aussi pour l’avenir de la place Limouloise, devant laquelle tournerait le tramway.

« Les gens se sont vraiment approprié cette place-là. Des évènements y ont lieu et si le tramway passe sur la 3Avenue, ce volet événementiel va partir », craint la directrice de la SDC 3e avenue, Isabel Madrid.

Le maire s’est voulu rassurant : la place Limouloise ne sera pas démolie si le tramway emprunte la 3Avenue. « On a tous les moyens qu’il faut pour faire une place Limouloise mieux aménagée. »

La plupart des commerçants devraient se réjouir de voir le tramway passer sur la 3Avenue, croit le maire. « D’autres ont le réflexe, connaissant Québec, de dire : “On va perdre des stationnements”, lance M. Labeaume. Mais que veux-tu, c’est comme ça. »

La décision définitive sera prise à l’issue de consultations, assure la Ville.

Tunnel court

La mouture finale du projet prévoit par ailleurs un tunnel court sous la haute-ville. L’ouvrage de 2,1 km percera le roc de la basse-ville dans Saint-Roch, dans l’axe de la rue de la Couronne, puis ressortira à l’est de la rue Turnbull dans le quartier Montcalm.

Le chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville dit craindre la congestion que pourrait créer le tramway en haute-ville.

« La grogne va se faire sentir dans Montcalm, elle se fait déjà sentir à cause des arbres matures qui vont se faire couper. Là, le fait que ce sera un tunnel court aura un impact sur la circulation », croit le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin.

Celui-ci promet qu’il mettra le projet de tramway au rancart s’il est élu en novembre prochain. « À l’élection, on va pouvoir débattre et les gens vont pouvoir choisir », lance M. Gosselin.

Circuit Mont-Tremblant

Les activités redémarrent sur fond d’incertitude

Les activités au circuit de course reprennent ce vendredi, a annoncé la Ville de Mont-Tremblant à ses habitants cette semaine, en leur rappelant la procédure à suivre pour porter plainte au sujet du bruit. La Ville n’entend cependant pas réduire les limites permises dans sa réglementation tant que les procédures judiciaires opposant un groupe d’habitants aux propriétaires du circuit ne seront pas réglées.

« Si elle le faisait, la Ville s’exposerait à être à nouveau impliquée dans une contestation judiciaire susceptible [de toucher] l’ensemble des contribuables », a expliqué la municipalité dans un communiqué.

La Cour supérieure a reconnu en mars 2020 que les personnes ayant résidé à moins de 3 km de la piste entre mai 2009 et novembre 2018, et qui avaient été exposées à un niveau sonore moyen de plus de 55 décibels (dB), avaient subi une nuisance excessive.

Le règlement municipal autorise un maximum de 92 dB à un point de mesure situé à 15 m de la piste, sauf lors de journées d’activités spéciales et d’essais, où il n’y a aucune limite de bruit.

Circuit Mont-Tremblant est la propriété de Leo Stroll, père du milliardaire Lawrence Stroll et grand-père du pilote de Formule 1 Lance Stroll.

Le Circuit a été condamné, avec trois autres sociétés, à verser des dommages et intérêts de 150 $ à 750 $ par année visée aux habitants reconnus victimes de nuisance. Les quatre sociétés ont porté le jugement en appel l’automne dernier.

Depuis, le Circuit a été mis en vente, avec une date limite de réception des offres au 15 avril dernier. « Nous ne sommes pas autorisés à faire de commentaires, et le client ne veut pas être joint par les médias », nous a indiqué la firme de services immobiliers CBRE.

La propriété de 304 acres offre un « potentiel de redéveloppement à long terme dans la région touristique la plus prisée au Québec », souligne le prospectus de CBRE.

Le zonage actuel permet seulement les activités récréatives et l’hébergement touristique, mais la vision du plan d’urbanisme « n’exclut pas la possibilité d’un usage résidentiel », confirme le porte-parole de la Ville, Maxime Dorais.

Optimisme chez les habitants

Du côté de l’Association des résidents de Mont-Tremblant pour la qualité de vie, qui a intenté l’action collective, on dit avoir bon espoir de voir le jugement confirmé en appel.

« C’est sûr que si le circuit est vendu et que la vocation du terrain change, les citoyens qu’on représente vont être soulagés », estime Jean-Marc Lacourcière, avocat chez Trudel Johnston & Lespérance.

Le marché immobilier actuel offre une « occasion très intéressante de redévelopper le terrain dans un contexte résidentiel », fait aussi remarquer le porte-parole de l’Association, Wayne Heuff.

La mise en vente est « indépendante de l’appel, et nous ne ferons pas de commentaire à ce sujet », a indiqué l’avocat principal du Circuit, Louis P. Bélanger.

Une limite de 55 dB reviendrait à faire fermer le circuit, avaient affirmé les défenderesses devant le tribunal de première instance.

Des Anicinapek déposent une demande d’action collective pour des sévices

Tout comme bien d’autres autochtones du pays, les enfants de Kitcisakik ont été retirés de leur famille pour être placés dans un système éducatif visant à les assimiler. Une partie d’entre eux ont déposé une demande d’autorisation d’exercer une action collective contre le Procureur général du Canada et la compagnie d’assurances Royal & Sun Alliance du Canada.

À la demande du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, pratiquement tous les enfants de Kitcisakik étaient envoyés au pavillon résidence Notre-Dame-de-la-Route, entre 1975 et 1991.

Des jeunes déracinés qui pouvaient voir leur famille presque uniquement pendant les vacances estivales, peut-on lire dans le document déposé au palais de justice de Montréal, le 27 avril dernier. Et ce, malgré le fait que cette résidence était située près de Kitcisakik, dans la réserve faunique La Vérendrye.

Comme dans bien d’autres pensionnats autochtones du pays, des enfants « ont subi des violences généralisées lors de leur séjour à la résidence, ayant notamment causé des lésions corporelles permanentes ». De nombreux exemples des formes de violence que les enfants auraient subies sont décrits, dont des agressions sexuelles de la part d’employés. Pour échapper à ces « violences physiques, psychologiques et sexuelles », beaucoup d’enfants ont fugué, lit-on également.

Témoignage crève-cœur

À la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (commission Viens), un ancien de cette résidence a livré un témoignage crève-cœur sur les souffrances qu’il y a subies, dont des agressions sexuelles commises par le père Edmond Brouillard, qui était entre autres président du conseil d’administration de la résidence. Cet homme était « un prédateur sexuel » qui a d’ailleurs plaidé coupable à des accusations d’agressions sexuelles sur six enfants des communautés de Kitcisakik et de Lac-Simon.

Dans la foulée de cette vague de dénonciations d’agressions sexuelles, dont celles commises par le père Brouillard, la résidence a finalement fermé ses portes en 1991.

Si elle est autorisée par la Cour, l’action collective viserait le Procureur général du Canada, qui serait responsable des dommages subis par les membres de ce groupe et qui aurait manqué à « son obligation d’agir en tant que parent soucieux du bien-être de son enfant ».

Par ailleurs, puisqu’une police d’assurance a été souscrite pour l’organisme à but non lucratif sous le nom « Pavillon résidence Notre-Dame-de-la-Route (Edmond Brouillard) », la compagnie Royal & Sun Alliance du Canada serait aussi visée par cette action collective. La compagnie d’assurances serait tenue de « réparer les dommages découlant des fautes » des administrateurs et des employés de la résidence, affirme la demande d’autorisation déposée par le cabinet d’avocats Dionne Schulze. Les fautes reprochées sont notamment d’avoir favorisé la séparation des enfants avec leur famille, d’avoir encouragé des mesures de discipline violentes et d’avoir toléré des agressions sexuelles.

Tarifs de la STM

Gratuit jusqu’à 11 ans, forte baisse pour les aînés

L’harmonisation des tarifs du transport en commun profitera aux enfants et aux aînés montréalais, vient d’annoncer l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM). Les enfants pourront prendre gratuitement le métro et le bus jusqu’à 11 ans (contre 6 ans aujourd’hui) en tout temps à partir du 1er juillet prochain, à condition d’accompagner un adulte qui paie son propre passage. Cette mesure sera appliquée à l’ensemble des réseaux de transport du Grand Montréal. Les aînés bénéficieront d’un rabais de 70 % sur leur titre de transport mensuel (contre 40 % aujourd’hui). Cette mesure ne touche que la Société de transport de Montréal (STM).

— Philippe Teisceira-Lessard, La Presse

La tente du square Cabot ouverte jusqu’au 17 mai

La halte-chaleur du square Cabot, qui accueille les sans-abri depuis le mois de février, devait être démantelée le 1er mai. La Ville a annoncé jeudi que sa présence serait prolongée jusqu’au 17 mai. « On était censé fermer samedi. Au moins, c’est quelques jours de plus », se réjouit Alexandra Ambroise, coordonnatrice des opérations. Cette halte-chaleur extérieure, qui a vu le jour au début du mois de février, a accueilli des milliers de sans-abri au square Cabot pendant l’hiver. La tente a été dressée à la mémoire de Raphael Napa André, un sans-abri mort le 17 janvier dans une toilette chimique. L’homme n’avait pas eu accès à son refuge habituel, fermé en raison d’une éclosion de COVID-19. L’aménagement devait être installé temporairement pendant deux semaines. La Ville a finalement accordé de multiples prolongations à la halte-chaleur.

— Alice Girard-Bossé, La Presse

Mairie de Longueuil

Catherine Fournier confirme sa candidature

Catherine Fournier confirme qu’elle sera candidate à la mairie de Longueuil. « Je suis une élue accessible, proche des gens et j’ai envie de travailler en collaboration avec les autres en mettant de côté la partisanerie pour prioriser le bien commun », affirme-t-elle dans la vidéo où elle annonce sa candidature. La députée de la circonscription de Marie-Victorin souhaite améliorer la qualité de vie et la santé environnementale et voudrait faire de Longueuil la capitale de l’innovation au Québec. La candidate soutient qu’elle a rassemblé une coalition de gens qui partagent ses valeurs d’éthique et de transparence. La députée de Marie-Victorin a notamment rallié à sa cause un de ses anciens adversaires sur la scène provinciale, Carl Lévesque, qui a été candidat solidaire dans sa circonscription. — Alice Girard-Bossé, La Presse

Renouvellement de la convention collective

Des milliers de professionnels de l'éducation en grève

Alors qu’ils ont fait la grève en matinée, jeudi, dans les écoles du Québec, les professionnels de l’éducation de la CSQ craignent d’être laissés pour compte dans le cadre de la présente négociation pour le renouvellement des conventions collectives. Ils sont 10 000 professionnels – des orthophonistes, des psychoéducateurs et autres – qui ont tenu une demi-journée de débrayage dans plusieurs villes du Québec pour faire valoir leurs revendications. « On est comme tout le monde : on voit que le gouvernement, qui dit qu’il n’a pas d’argent, depuis le début, a trouvé 1 milliard pour améliorer les conditions de travail des enseignants. Et nous, il nous offre 1 million », a critiqué le président de la Fédération des professionnels de l’éducation, affiliée à la Centrale des syndicats du Québec, Jacques Landry. Pourtant, ces professionnels aident les élèves qui ont des difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, par exemple, et soutiennent les enseignants dans leur tâche. — La Presse Canadienne

Tribunal administratif du logement

L’accès au portail en ligne suspendu

Le Tribunal administratif du logement (TAL) a annoncé jeudi que ses services en ligne permettant de consulter des dossiers publics ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre, dans la foulée d’un reportage du quotidien Le Devoir montrant que les données de milliers de Québécois avaient été « laissées sans protection ». Dans un bref communiqué de presse, le TAL se dit en effet « préoccupé par la situation » et affirme s’affairer « à trouver une solution permettant d’assurer un meilleur équilibre entre l’accès aux informations judiciaires et la protection de ces données contre l’usage frauduleux qui pourrait en être fait ». Plus tôt jeudi, le quotidien Le Devoir avait rapporté que « n’importe qui armé d’un tableur Excel et d’un peu de patience peut récupérer à partir du site du tribunal des milliers de dossiers de locataires actuels et passés, laissés sans aucune protection ».

— Henri Ouellette-Vézina, La Presse

Polytechnique Montréal

30 % de diplômées en génie, une première

Polytechnique Montréal atteint son objectif de diplômer 30 % de femmes au baccalauréat en génie, cible fixée il y a quelques années par Ingénieurs Canada, qui souhaite l’atteindre en 2030. Au Québec, la moyenne de diplomation des femmes en génie est d’environ 21 %. Cette année, à Polytechnique Montréal, elles seront 30,2 % à obtenir leur baccalauréat. Il est « essentiel » que les femmes prennent leur place en génie, estime Philippe A. Tanguy, directeur général de Polytechnique Montréal. L’été dernier, le directeur général de Polytechnique Montréal avait dit en entrevue avec La Presse que l’objectif de 30 % de diplômées lui semblait « peu ambitieux » et qu’il avait confiance de l’atteindre dès 2021. À l’Université de Toronto, illustrait-il, 4 diplômées sur 10 sont des femmes. L’Ordre des ingénieurs du Québec compte un peu plus de 15 % de femmes parmi ses membres.

— Marie-Eve Morasse, La Presse

Rectificatif

Santé publique

L’étude du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) mentionnée dans l’article « La Santé publique “sous-financée” pendant plus de 15 ans », paru dans notre numéro de jeudi, analyse l’évolution des dépenses en santé de 2004 – et non 2014 – à 2019.

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