La pandémie offre de nouveaux marchés

Un nombre croissant d’entreprises canadiennes découvrent les possibilités d’un nouveau marché en ces temps de pandémie : les accessoires accompagnant les couvre-visages.

« La COVID-19 a poussé tout le monde dans de nouvelles directions. C’est la même chose pour notre secteur », dit Hilary MacMillan, une dessinatrice de mode de Toronto.

Le masque nous irrite le nez ou les oreilles ? On peut y ajouter des couvre-oreilles, un bandeau ou un chapeau pour y attacher des lanières. On peut recouvrir la peau sensible de protecteurs et y attacher le couvre-visage.

Le couvre-visage cause une forme d’acné ? Il existe des masques en feuille, des nettoyants et des hydratants pour le bas du visage.

Que faire du couvre-visage au restaurant ou chez le dentiste ? On a créé des sacs et des pochettes de toutes tailles pour les ranger. Certains produits promettent même d’éliminer ou de réduire la buée dans les lunettes provoquée par le port de couvre-visage.

« On est en train d’assister à la naissance d’une catégorie de produits, et cela ne fera que s’accroître », dit Joanne McNeish, une professeure de l’Université Ryerson.

Selon elle, ce nouveau marché peut être profitable, car les gens sont en train de réaliser que les couvre-visages feront partie de leur quotidien pour une plus longue période que prévu.

La mise en marché des couvre-visages varie, selon une étude réalisée par une firme britannique. Ainsi, dans 15 % des cas, la publicité vantait le confort du produit, dans 6 % des cas, elle misait sur le fait qu’il permettait une meilleure respiration et dans 7 % des cas, elle louangeait sa légèreté.

Mme McNeish prédit que les entreprises qui sauront répondre à ces nouveaux besoins rafleront la mise.

Méfiance

Certains experts prient les consommateurs de faire preuve de prudence avant d’acheter ces produits.

La Dre Vinita Dubey, de la Santé publique de Toronto, dit qu’elle ne recommande pas l’ajout de chaînes ou de cordons, car ils peuvent rester pris sur le cou du porteur et être contaminés à leur tour.

Si on doit retirer son couvre-visage, il vaut mieux le placer dans un sac de papier, une enveloppe ou un endroit ne gardant pas l’humidité, ajoute-t-elle dans un courriel transmis à La Presse Canadienne.

On ne doit utiliser les sacs de plastique que pendant une courte période. Les pochettes doivent être régulièrement désinfectées.

Mme McNeish signale que le marché peut devenir submergé de produits semblables ; certaines entreprises peuvent créer de nouveaux produits supérieurs aux anciens.

« Et en avons-nous vraiment besoin ? », ajoute-t-elle.

L’intérêt envers les accessoires pour couvre-visage ne durera pas éternellement. « Quand les couvre-visages ne seront plus nécessaires, ce secteur s’effondrera parce qu’il ne sera pas assez solide, craint Mme McNeish. La demande existe-t-elle dans les pays où les gens sont habitués à toujours porter des couvre-visages ? Continuerons-nous de porter des couvre-visages quand la pandémie sera terminée ? »

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