Guerre en Ukraine

Un premier chargement de céréales quitte Odessa

Ce que vous devez savoir

La reprise des exportations de céréales est saluée unanimement.

Seize autres bateaux chargés de céréales « attendent leur tour » pour quitter Odessa.

Le président Volodymyr Zelensky a jugé qu’il était « trop tôt » pour se réjouir.

De nombreux bombardements ont frappé la ville de Mykolaïv.

L’Ukraine dit avoir repris 46 localités dans la région de Kherson.

Les États-Unis ont annoncé lundi l’envoi de nouvelles armes à Kyiv.

Face à la crise alimentaire mondiale, l’Ukraine a repris lundi ses exportations de céréales pour la première fois depuis l’invasion russe, avec le départ, salué unanimement, d’un premier bateau du port d’Odessa, même si Kyiv a jugé qu’il était « trop tôt » pour se réjouir.

Le cargo Razoni a quitté le port d’Odessa, sur la mer Noire, à destination du port de Tripoli, au Liban. « Il est attendu le 2 août à Istanbul », en Turquie, où il sera inspecté, a annoncé lundi matin le ministère de la Défense de la Turquie.

Selon les autorités ukrainiennes, le bateau est chargé de 26 000 tonnes de maïs. Des céréales sont déjà parties d’Ukraine depuis l’invasion russe le 24 février, mais depuis Berdyansk, sur la mer d’Azov, zone occupée par les Russes.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a « chaleureusement » salué le départ du navire, exprimant l’espoir que la reprise des exportations ukrainiennes, permise par un accord international, « apportera la stabilité et l’aide indispensables à la sécurité alimentaire mondiale ».

La ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, a de son côté martelé qu’« il ne peut y avoir de nouveau bombardement du port d’Odessa », en référence à une frappe russe sur le port ukrainien le 23 juillet qui avait soulevé l’inquiétude sur la mise en œuvre de l’accord.

Au cours d’un entretien avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, le président français Emmanuel Macron l’a assuré de la poursuite des « efforts européens » pour aider Kyiv à exporter ses céréales.

Selon le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, 16 autres bateaux chargés de céréales « attendent leur tour » pour quitter Odessa, qui concentrait avant la guerre 60 % de l’activité portuaire du pays.

« Trop tôt », dit Zelensky

Mais lundi soir, M. Zelensky a jugé qu’« il est trop tôt pour en tirer des conclusions et faire des prévisions », dans son allocution quotidienne.

« Attendons de voir comment l’accord fonctionnera et si la sécurité sera vraiment garantie, [même si] c’est un premier signal positif que nous arriverons à stopper la crise alimentaire mondiale. »

— Le président Volodymyr Zelensky

L’accord signé le 22 juillet à Istanbul entre la Russie et l’Ukraine, via une médiation de la Turquie et sous l’égide des Nations unies, permet la reprise des exportations ukrainiennes, bloquées depuis l’invasion russe, sous supervision internationale.

L’accord prévoit notamment l’instauration de couloirs sécurisés afin de permettre la circulation en mer Noire des navires marchands et l’exportation de 20 à 25 millions de tonnes de céréales.

Moscou a également jugé l’évènement « très positif ». « Espérons que les accords seront appliqués par toutes les parties et que les mécanismes fonctionneront efficacement », a dit le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Un accord similaire signé simultanément garantit à Moscou l’exportation de ses produits agricoles et engrais, malgré les sanctions occidentales.

Les deux accords doivent permettre d’atténuer la crise alimentaire mondiale qui a vu les prix monter en flèche dans certains des pays les plus pauvres en raison du blocage des ports ukrainiens.

Bombardements

Sur le terrain, les frappes russes se sont poursuivies sur les villes ukrainiennes, notamment à Mykolaïv, où un des plus importants entrepreneurs agricoles du pays, Oleksiï Vadatoursky, 74 ans, a été tué avec son épouse dimanche.

La ville a été massivement bombardée à nouveau lundi, selon le gouverneur de la région, Vitali Kim, qui a signalé trois morts. M. Kim a ajouté sur son compte Telegram que « la ville est en train d’être détruite. Mais la chance est qu’il y a peu de morts, peu de blessés ».  

Dans la région voisine de Kherson, une ville prise par les Russes le 3 mars, l’Ukraine a dit avoir repris 46 localités occupées.

Les États-Unis, principal soutien de l’Ukraine, ont annoncé lundi l’envoi de nouvelles armes à Kyiv pour 550 millions de dollars, portant ainsi leur assistance militaire à plus de 8 milliards au total. Cette aide comprendra des munitions pour les lance-roquettes HIMARS et 75 000 obus de 155 mm.

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