Fonds du Grand Mouvement

Cultive le partage : un maillon de l’économie circulaire

Et si on invitait la population à venir cueillir les surplus des fermes maraîchères pour ensuite partager collectivement le fruit de ces récoltes ? C’est la « petite » idée qui a mené à un grand mouvement qui continue de grandir, en Mauricie. Les bienfaits sont si nombreux et si importants qu’on rêve que l’initiative fasse des petits partout ailleurs au Québec.

Un grand élan solidaire

Depuis 2018, la saison des récoltes donne lieu à un tableau inédit dans les champs de la Mauricie : des cueilleurs et cueilleuses bénévoles ratissent le fonds des champs pour récupérer les aliments qui restent. Ils pratiquent le glanage, une méthode ancestrale qui offre une solution à de grands défis bien de notre époque : gaspillage et insécurité alimentaires, développement durable, pénurie de main-d’œuvre, etc. Parce que ces précieux surplus sont repartagés entre les bénévoles, les producteurs et des organismes de la région qui en ont grandement besoin.

C’est Maski Récolte qui a insufflé cet élan solidaire dans la MRC de Maskinongé. Quatre autres MRC ont emboîté le pas : Des Chenaux, Mékinac, Shawinigan et Trois-Rivières. Aujourd’hui, ces différentes initiatives se rassemblent sous le chapeau de Cultive le partage, un mouvement qui vise à en étendre les activités solidaires à travers la région et à en multiplier les bienfaits pour les collectivités qui y habitent.

« Les producteurs agricoles ont à cœur de nourrir le monde. Les initiatives de glanage leur permettent de faire partie d’un mouvement de partage, de solidarité, et d’éviter le gaspillage. Personne ne cultive quelque chose en se disant : "Et si on le jetait ?" »

— Magaly Macia, chargée de projet, Cultive le partage

Des répercussions concrètes

Tout le monde gagne à partager les surplus des récoltes récupérées sur les terres de la Mauricie pendant ces « corvées » de glanage. Les producteurs profitent d’une aide précieuse pour nettoyer leurs champs dans un contexte où ils peinent à trouver de la main-d’œuvre. Les bénévoles repartent avec des provisions pour l’hiver, mais aussi avec le sentiment d’aider autrui. Les organismes communautaires qui reçoivent une part des surplus peuvent à leur tour nourrir plus de personnes dans le besoin. Et c’est sans compter les effets positifs sur l’environnement.

Comptoirs alimentaires, centres de la petite enfance, camps de jour, maisons des jeunes, frigos communautaires : c’est dans une foule de cuisines de la Mauricie que le fruit de ces récoltes solidaires atterrit. Cultive le partage permet aux organismes et aux personnes qui en bénéficient d’alléger le fardeau budgétaire lié à l’achat de nourriture. Il crée aussi un prétexte pour découvrir de nouveaux aliments et gagner en confiance en cuisine.

Une saison de glanage, c’est…

22 844 kg de fruits et de légumes sauvés

116 récoltes solidaires

43 entreprises agricoles participantes

1 030 cueilleurs et cueilleuses bénévoles

121 organismes soutenus

Bilan de la saison 2022, au 14 novembre.

Ensemble, on est plus fort

Tout jeune, Cultive le partage en est encore à définir les contours de son modèle d’économie sociale, comme l’explique sa coordonnatrice, Jescika Lavergne. Grâce à l’appui financier et stratégique du Fonds du Grand Mouvement de Desjardins, l’initiative mauricienne peut aller plus loin dans son action. « Ça nous a permis de faire un pas de plus, tant sur le plan du transport et de la logistique que de la mise en commun des infrastructures des initiatives régionales. » Cultive le partage peut rêver plus grand… et plus loin. « On rêve que des idées comme celles-ci voient le jour ailleurs au Québec. »

« Cultive le partage pourrait devenir le chaînon indispensable entre le développement social, l’économie circulaire et le développement agricole. On est un mouvement qui inspire les gens à collaborer, à faire plus avec moins, afin d’avoir une société encore plus tissée serré sur le plan alimentaire. »

— Jescika Lavergne, coordonnatrice, Cultive le partage

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