Bilan de l’Alliance de Montréal

D’abord apprendre, ensuite gagner

L’Alliance de Montréal dresse un bilan positif de sa première saison dans la Ligue élite canadienne de basketball

« Quelle est la plus belle des victoires, en définitive ? Est-ce que c’est la victoire sportive ou est-ce que c’est la victoire qui va nous permettre de construire quelque chose ? »

Ces questions sont venues de la bouche de l’entraîneur-chef de l’Alliance, Vincent Lavandier, mardi matin, lors de sa rencontre avec les médias à l’occasion du bilan de saison de l’équipe.

L’Alliance n’a remporté que 4 de ses 20 rencontres cette saison, qui s’est étirée sur les deux derniers mois et demi. Elle a terminé au dernier rang du classement. Mais au-delà des victoires, l’entraîneur a aidé à établir les fondations de cette franchise encore nouvelle, qui disputait sa première campagne dans la Ligue élite canadienne de basketball (LECB).

« C’est beaucoup d’apprentissage pour tout le monde », a-t-il expliqué.

« On savait qu’on serait une équipe de développement, entre guillemets, avec beaucoup de jeunes. Pour leur apprendre le métier, on va dire. On a réussi à développer de jeunes joueurs avec l’aide des vétérans qu’on avait dans l’équipe. »

« J’ai pris du plaisir. Il y a l’aspect résultats, mais il n’y a pas que ça au quotidien. J’ai pris du plaisir et j’ai vu des  joueurs confirmer qu’on progressait et qui étaient très contents. »

— Vincent Lavandier

Le directeur général Joel Anthony a abondé dans le même sens, affirmant que la dernière saison a été « remplie de hauts et de bas ».

« Notre fiche ne reflète pas le talent qu’on a, a-t-il mentionné. Ce n’est pas la chose la plus importante pour moi. Il faut qu’on ait notre propre fondation, et [Vincent] nous a aidés à la mettre sur pied. »

Manque d’expérience

L’Alliance a commencé la saison avec trois victoires à domicile à ses cinq premiers matchs, avant de ne décrocher qu’un seul gain lors des 15 rencontres suivantes. Elle n’a remporté aucun de ses duels à l’étranger.

Aux dires des joueurs et de l’entraîneur, deux raisons expliquent ces résultats. À commencer par le manque d’expérience. De nombreux joueurs n’avaient que très peu, voire pas du tout, d’expérience professionnelle avant de se joindre à l’équipe en mai dernier.

« On était très jeunes comparativement au reste de la ligue, a expliqué le Montréalais et vétéran Kemy Ossé. Il y a beaucoup de gars qui ont joué dans cette ligue-là pendant plus qu’un an. Il y en a qui ont joué dans la G-League. C’est l’expérience qui manquait. »

« Quand tu perds, ce n’est jamais un bon feeling, a continué le cocapitaine. C’est lourd. On veut compétitionner, on veut gagner un championnat, donc c’est difficile après chaque défaite. Mais mon message, c’est tout le temps de garder votre tête haute. La vie continue. On garde la tête haute et on doit continuer à travailler. Je pense que les gars ont bien répondu à ça. »

Nathan Cayo, 25 ans, faisait partie de ces jeunes joueurs sans expérience professionnelle. Il s’est finalement imposé comme un des meilleurs de l’équipe, disputant chacune des 20 rencontres. Il a enregistré 12,2 points, 5 rebonds et 1,8 passe décisive par match, en plus de concrétiser 53,7 % de ses tentatives de tir.

« J’ai appris beaucoup. J’ai pris beaucoup d’expérience. J’ai appris du coach, de l’environnement. J’ai vu c’est quoi de jouer professionnel. Je veux utiliser cette expérience-là pour le reste de ma carrière. »

— Nathan Cayo

« On a besoin de prendre de l’expérience. On a subi beaucoup de blessures. Beaucoup de joueurs importants sont arrivés et sont repartis, donc c’est sûr que ça fait mal. Mais dès qu’on peut apprendre de tout ça, c’est ce qui est important. »

Les blessures, voilà la deuxième raison expliquant la difficile saison de l’Alliance. « À un moment, on ne s’entraînait plus qu’à 8 valides sur un groupe de 16, a mentionné Vincent Lavandier. Sinon, il nous a manqué de la maturité et surtout de la constance et de la régularité. »

L’an prochain en tête

Les dirigeants de l’Alliance ont maintenant 10 mois devant eux pour préparer la deuxième saison. On peut s’attendre à voir de nombreux joueurs de retour. Après avoir formé des jeunes cette saison, on voudra certainement voir leur amélioration la saison prochaine.

« Quand on essaie de construire une équipe, il faut qu’il y ait des joueurs qui sont déjà ici avec nous », a d’ailleurs soutenu Joel Anthony.

« On va faire comme chaque équipe, chaque année, a-t-il continué. On va apporter des changements. On a vu ce qu’on a. On a de bonnes choses. […] Je vais travailler tellement dur pour mettre une meilleure équipe devant nous. »

Les trois joueurs rencontrés par les médias – Kemy Ossé, Hernst Laroche et Nathan Cayo –, ainsi que l’entraîneur-chef, ont tous indiqué vouloir revenir la saison prochaine.

« Je veux continuer à venir ici jusqu’à ce que je gagne un championnat », a lancé Ossé.

« La découverte, elle est belle. Mais il faut aussi de la continuité pour avoir de la progression », a pour sa part affirmé Lavandier.

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