Le Club

Les autres dépenses des équipes, l'explication de la pénalité si Weber prend sa retraite et... les joueurs étrangers au hockey junior

Une autre belle cuvée de questions. On attend les prochaines.

Les autres dépenses

« Le Canadien est parmi les clubs qui ont le plus de revenus dans la LNH. Est-il également parmi les clubs qui dépensent le plus pour le personnel d’encadrement des joueurs (recruteurs, diététicien, psychologue, suivi des joueurs recrutés, etc.) ? Ces budgets n’étant pas régis par le plafond salarial, il me semble qu’il s’agit d’un outil important pour reconstruire l’équipe. »

— Yvon Veilleux

Réponse de Guillaume Lefrançois :

Bonjour, M. Veilleux. Il est très difficile d’évaluer où se situe le Canadien par rapport au reste de la LNH, car ces données ne sont pas publiées ou compilées systématiquement, et que chaque équipe a une façon différente de présenter ses ressources sur son site internet. L’autre difficulté, c’est que le Canadien est actuellement en transition dans l’administration. On aura fort probablement un portrait plus juste à la fin de l’été, quand Kent Hughes et Jeff Gorton auront eu le temps d’embaucher davantage de ressources, par exemple des gens qui terminent présentement la saison dans d’autres organisations.

Cela dit, quand Marc Bergevin a été embauché, il a justement élargi l’administration hockey de l’équipe et a ajouté des ressources au développement des joueurs. À son embauche, Gorton a parlé du besoin de « moderniser » le Canadien, parce qu’essentiellement, depuis les embauches du début de l’ère Bergevin, l’augmentation des ressources avait ralenti. Gorton a fait un premier pas en engageant Adam Nicholas pour préparer des plans de développement. On devine qu’un département d’analyses de données sera créé l’été prochain. Le Canadien investissait très peu de ressources dans ce domaine auparavant, tandis que les Rangers de New York, par exemple, avaient quatre employés connus pour ce département sous Gorton.

Le calcul des sacs

« J’aimerais comprendre comment s’effectue le calcul des sacs. Les commentateurs disent régulièrement qu’un chasseur de quart-arrière a… 0,5 sac ? »

— Claude Gagné

Réponse de Miguel Bujold :

Bonjour, M. Gagné. Dans la NFL, si deux joueurs (ou plus) contribuent clairement à un sac du quart-arrière, ils obtiendront 0,5 sac. Dans la LCF, un seul joueur reçoit crédit pour un sac, il n’y a donc pas de 0,5 sac.

L'origine des joueurs juniors

« Pourquoi y a-t-il des joueurs étrangers dans la LHJMQ ? »

— Jean-Guy Roy

Réponse de Katherine Harvey-Pinard :

Bonjour, M. Roy. Comme vous le savez probablement, la LHJMQ fait partie, avec la Ligue de l’Ontario (OHL) et la Ligue de l’Ouest (WHL), de la Ligue canadienne de hockey (LCH). Chaque année depuis le début des années 1990, la LCH organise un repêchage international, qui permet à chacune des 60 équipes du circui de sélectionner jusqu’à deux joueurs de l’extérieur des États-Unis et du Canada. Pour répondre à votre question, j’ai contacté le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, qui m’a expliqué que c’est « à la demande de la LNH » que le repêchage européen a été mis en place au départ. Le principal argument de la Ligue nationale était que ça permettrait aux meilleurs joueurs européens de s’adapter plus tôt au niveau de jeu nord-américain. La Ligue canadienne avait accepté à condition que ce soit elle qui réglemente le tout. C’est elle qui avait alors établi à deux le nombre maximal de joueurs européens par équipe.

Les simagrées au baseball

« Au baseball, pourquoi tolérer toutes ces simagrées du lanceur ou du frappeur, comme ajuster sa casquette, faire le tour du monticule, sortir de la boîte des frappeurs pour resserrer ses gants ? Tous ces gestes complètement inutiles au spectacle retardent le déroulement du match. C’est beaucoup trop long entre chaque lancer au marbre. Je pense que 15 secondes de préparation sont suffisantes entre chaque lancer. Qu’en pensez-vous ? »

— Guy Corbin

Réponse d’Alexandre Pratt :

Un million de fois d’accord avec vous. Encore mieux : les dirigeants du baseball majeur pensent la même chose. Depuis le début de la saison, des tests sont en cours dans les ligues mineures. Les lanceurs ont droit à 14 secondes entre 2 lancers si les buts sont vides, et à 18 secondes s’il y a un coureur. Les premiers résultats, publiés à la mi-avril, sont encourageants. Selon ESPN, les matchs disputés avec le cadran durent maintenant 2 h 39 min. Ceux sans cadran ? 2 h 59 min. Attendez-vous à ce que cette nouvelle règle soit implantée dans les ligues majeures en 2023.

Encore le dossier Weber !

« Comment se fait-il que Shea Weber, même si blessé, ne côtoie pas ses coéquipiers plus souvent... »

— Ghislain Boivin

Réponse de Mathias Brunet :

C’est une bonne question qui turlupine bien des fans. On semble avoir tenu pour acquis que Shea Weber ne reviendra jamais au jeu et on le laisse vivre le reste de son existence tranquille dans son coin de pays en Colombie-Britannique. L’ancien capitaine du Canadien est donc officieusement à la retraite, mais on ne l’annonce pas officiellement puisqu’il lui restait encore, au début de la saison 2021-2022, 12 millions de dollars à recevoir sur cinq années de contrat. Et il est en droit de les recevoir puisque toute entente de la LNH protège les joueurs sur le plan salarial, advenant une blessure. Jonathan Drouin avait d’ailleurs évoqué sa retraite par inadvertance au cours d’une interview, ces derniers mois. Tous dans l’entourage du CH savent qu’il ne reviendra jamais.

« Je ne comprends toujours pas pourquoi, si Shea Weber prenait sa retraite comme membre du Canadien, cela entraînerait une pénalité de plusieurs millions à… son ancienne équipe. »

— Bertrand Ouellet

Réponse de Simon-Olivier Lorange :

En 2012, les Predators de Nashville ont consenti à Weber un contrat de 14 ans et 110 millions de dollars. La valeur annuelle moyenne de cette entente est de 7 857 143 $, ce qui équivaut à son « poids » sur la masse salariale. Or, la somme réelle qui lui était versée n’était pas répartie équitablement entre les 14 saisons, mais plutôt comme suit : 4 x 14 millions, 2 x 12 millions, 4 x 6 millions, 1 x 3 millions et 3 x 1 million.

Conséquemment, pendant les six premières années du contrat, l’équipe profitait d’une somme largement inférieure, sur sa masse salariale, au salaire réel de Weber. À la fin du contrat, c’est l’inverse : le joueur pèse plus lourd sur la masse salariale de son club qu’en dollars réels. La pénalité imposée en cas de retraite prématurée évite les abus. Faisons-en la preuve par l’absurde. Cas fictif : l’été prochain, le Canadien embauche Patrice Bergeron et lui offre 15 millions pour 5 ans, mais en lui versant 12 millions la première année. Son impact sur la masse salariale ne serait pourtant que de 3 millions. Si Bergeron prenait sa retraite après une saison sans pénalité, le Canadien aurait fait une sacrée aubaine.

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