COVID-19 au Québec

Des variants qui évoluent, mais qui demeurent sous contrôle

Le portrait des variants prédominants change au Québec, mais demeure jusqu’ici dans la « famille Omicron », ce qui permet d’espérer que la transmission demeurera stable, croient des experts. Si la situation montre une tendance à la baisse du nombre de cas, il faudra toutefois assurer une surveillance serrée des souches du virus au cours des prochains mois.

« Je ne pense pas qu’on a besoin de s’inquiéter outre mesure. Il y a de bonnes chances que ces nouveaux sous-variants ne provoqueront pas un changement majeur. Ils vont probablement rester au même niveau de virulence », explique le virologue Benoit Barbeau, professeur au département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Si BA.2 demeure le principal sous-variant qui circule au Québec, représentant un peu plus d’un cas sur trois, les souches du virus qui en sont issues prennent toutefois de plus en plus de place dans la province, montrent de nouvelles données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). D’après les chiffres de l’INSPQ, BA.2.12.1, BA.2.3 et BA.2.9 – de nouvelles souches émanant de BA.2 – représentent désormais ensemble la moitié des cas au Québec (51 %).

Pour M. Barbeau, ces nouvelles souches ne montrent pas de signes particulièrement inquiétants. « On ne verra pas de transformations aussi fortes que le passage qu’on a vu entre BA.1 et BA.2, par exemple. Ça risque d’être plus subtil », note-t-il.

« Il faut toutefois toujours faire preuve d’humilité. Le Québec a une trajectoire qui semble aller dans la bonne direction, mais une surprise, ça peut toujours arriver avec ce virus. Et ça pourrait venir d’un autre variant qui aurait évolué indépendamment des autres. »

— Benoit Barbeau, virologue et professeur au département des sciences biologiques de l’UQAM

« Mais en ce moment, la situation se maintient vraiment avec une base Omicron très spécifique à travers le monde », explique l’expert.

Des mutations constantes

BA.2 a fait son apparition au Québec à la fin de janvier, mais c’est en mars qu’il est devenu le principal variant circulant dans la province. Son arrivée a contribué à alimenter la sixième vague, qui a touché le Québec ces dernières semaines.

Pour Alex Carignan, médecin microbiologiste-infectiologue, épidémiologiste et professeur à l’Université de Sherbrooke, ces nouveaux variants prouvent que le virus de la COVID-19 mute constamment et « qu’il va toujours continuer de le faire ». Mais il ne faut pas s’inquiéter pour autant, soutient-il.

La situation devient préoccupante lorsqu’un variant a la capacité de supplanter un variant prédominant, selon ses dires. « Si on regarde, par exemple, en Afrique du Sud, il y a un remplacement du variant BA.2 par BA.4 et BA.5, donc ça, dans ces cas-ci, ce sont des variants qui valent la peine d’être surveillés », illustre-t-il.

Aux États-Unis, un léger rebond de l’infection semble d’ailleurs lié au BA.2.12.1, affirme M. Carignan. « Ça ne veut pas dire qu’on va avoir un rebond aussi au Québec », dit-il. En effet, le moment de l’année pourrait nous être bénéfique. « Généralement, au mois de mai et juin, les conditions sont moins favorables pour le virus. » Mais puisqu’il semble avoir une capacité de transmission accrue par rapport au variant BA.2, il est tout de même à surveiller, conclut l’expert.

Décès en hausse, cas et hospitalisations en baisse

Pendant ce temps, le Québec a recensé mardi une légère hausse des décès liés à la COVID-19, malgré la baisse soutenue des hospitalisations et des nouveaux cas depuis plus de deux semaines. Québec a en effet rapporté 35 nouveaux décès. Ce lourd bilan porte la moyenne quotidienne calculée sur sept jours à 20, une tendance en hausse de 9 % sur une semaine.

Pourtant, les hospitalisations continuent leur baisse soutenue depuis plus de deux semaines. D’ailleurs, mardi, le Québec a signalé 9 hospitalisations de moins. Les 1901 personnes hospitalisées actuellement représentent une diminution de 13 % sur une semaine. Aux soins intensifs, les 66 patients représentent une baisse de 13 % sur une semaine.

Le nombre de personnes hospitalisées devrait continuer de diminuer au cours des prochains jours, le nombre de sorties surpassant les admissions. On recense en moyenne 42 patients de moins chaque jour. Les cas poursuivent aussi leur tendance à la baisse depuis trois semaines. Mardi, le Québec a signalé 772 nouveaux cas, portant la moyenne quotidienne à 1082. La tendance est ainsi en recul de 26 % sur sept jours.

Notons que le soubresaut dans les décès pourrait être dû aux contrecoups des infections survenues lors du long congé de Pâques. Le nombre de cas dépistés avait légèrement augmenté dans la foulée de cette fin de semaine où des rassemblements familiaux avaient été organisés.

— Avec la collaboration de Pierre-André Normandin, La Presse

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