Vegas–Colorado

Et si ce n’était pas l’Avalanche ?

Il y a une semaine à peine, l’Avalanche du Colorado voguait tranquillement vers une finale de la Coupe Stanley, avec au passage un affrontement contre le gagnant de la finale canadienne entre Montréal et Winnipeg.

L’Avalanche avait terminé au premier rang du classement général avec une fiche de 39-13-4, pulvérisé les Blues de St. Louis en quatre matchs lors du premier tour et remporté ses deux premiers matchs de deuxième tour contre les Golden Knights de Vegas, 7-1 et 3-2 (en prolongation). Puis soudainement, la machine s’est déréglée.

On ne parle plus du troisième tour à Denver. L’allégresse a fait place à l’inquiétude. L’Avalanche a perdu 5-1 dimanche soir, sa deuxième défaite de suite devant Marc-André Fleury et les Golden Knights. La série est égale à deux gains de chaque côté.

L’entraîneur-chef de l’Avalanche, Jared Bednar, a pourtant vilipendé ses joueurs après le troisième match. Il s’agissait de toute évidence d’un coup d’épée dans l’eau, puisque la défaite était encore plus laide dimanche.

« Nous nous trompons en croyant que nous allons battre l’équipe qui a terminé l’année avec autant de points que nous avec un tel niveau de compétitivité, a déclaré Bednar après la troisième rencontre. Ils ont affiché plus de ténacité que nous lors des cinq dernières périodes. C’est devenu une perte de temps d’analyser nos performances sur vidéo.

« Je nous regarde entrer en zone adverse et voir leurs joueurs nous barrer la route rapidement. Et je les vois entrer dans notre territoire sans que nous ne fassions rien de valable. Même quand nous gagnons nos courses, ils ressortent généralement avec la rondelle quand même. »

Plus de place aux jeunes ?

Après la défaite de 5-1, la colère des médias a bifurqué vers Bednar. « Alors, comment a fonctionné ta colère, Jared Bednar ? », écrit Mark Kiszla, du quotidien Denver Post, dans un article titré : « Si Jared Bednar ne trouve pas les réponses, peut-être n’est-il pas le bon entraîneur ».

« L’Avalanche a besoin de quelqu’un qui ressemble à un entraîneur, capable de réagir à l’adversité vécue lors des séries éliminatoires, poursuit le chroniqueur. Il doit arrêter de se plaindre du niveau de compétitivité de l’équipe et commencer à coacher. Il doit changer son approche au lieu de montrer du doigt Nathan MacKinnon et le premier trio. »

« Pas besoin de s’appeler Scotty Bowman pour comprendre que le Colorado n’a aucune chance de battre Vegas en jouant de cette façon. »

— Mark Kiszla, du Denver Post

On aimerait voir l’Avalanche faire davantage confiance à ses jeunes. Alex Newhook, repêché un rang après Cole Caufield en 2019, a disputé les six premiers matchs de l’Avalanche en séries, mais il n’a jamais atteint la marque des dix minutes d’utilisation par match. Il a joué à peine six minutes lors de la deuxième rencontre, avant d’être rayé de la formation lors des deux dernières parties, perdues par le Colorado.

On exige désormais l’entrée en scène du jeune défenseur Bowen Byram, quatrième choix au total en 2019.

« Serait-ce trop demander à Bednar de trouver une seule bonne idée pour stopper l’hémorragie ? écrit Kiszla. Peut-être commencer par remplacer Patrik Nemeth par Bo Byram ? Byram a seulement 19 ans. Il n’a pas joué depuis sa commotion cérébrale subie contre les Golden Knights en mars. Mais il sait comment garder la rondelle collée sur la palette de son bâton. Il est à noter qu’un défenseur habile en possession de rondelle est toujours utile pour se défaire de la pression exercée par les attaquants des Golden Knights. »

L’entraîneur-chef des Golden Knights, Peter DeBoer, a commis une erreur majeure en séries : confier le filet à Robin Lehner lors du premier match pour accorder un répit à Marc-André Fleury. Mauvaise idée. Lehner s’est fait défoncer.

Depuis son retour dans le deuxième match, Fleury a accordé six buts en trois rencontres et remporté deux victoires, dans lesquelles il a accordé seulement trois buts.

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