Nouvelles promesses d’armements

Ce qu’il faut savoir

Quatre pays ont promis de l’aide militaire à l’Ukraine

Zelensky attend des « décisions fortes » de la rencontre de vendredi à Ramstein

Moscou poursuit ses efforts pour reprendre Bakhmout

Kyiv — Les États-Unis et trois États européens ont promis jeudi de nouvelles livraisons substantielles de blindés, de missiles et d’artillerie à Kyiv, à la veille d’une réunion cruciale des principaux pays aidant militairement l’Ukraine à se défendre face à l’invasion russe.

Avec pour objectif affiché de coordonner la poursuite de cette assistance, seront notamment présents vendredi sur la base aérienne de Ramstein, en Allemagne, les ministres de la Défense des principales nations occidentales la fournissant, au premier rang desquels l’Américain Lloyd Austin.

« Nous nous préparons à Ramstein [vendredi]. Nous attendons des décisions fortes. Nous attendons un soutien militaire puissant de la part des États-Unis », a déclaré jeudi M. Zelensky dans son adresse du soir.  

Avant même cette rencontre du « groupe de contact », les États-Unis ont annoncé jeudi une nouvelle tranche d’aide militaire à l’Ukraine de 2,5 milliards de dollars (3,3 milliards CAN).

Cette aide supplémentaire prévoit l’envoi de 59 blindés Bradley, qui s’ajouteront aux 50 véhicules blindés légers de ce type promis le 6 janvier, et 90 blindés de transport de troupes Stryker « qui doteront l’Ukraine de deux brigades blindées », selon le Pentagone.

L’armée américaine va également livrer à l’Ukraine 53 véhicules blindés antimines (MRAP) et 350 véhicules de transport M998, le fameux Humvee.

Mais cette nouvelle tranche ne comprend aucun char lourd, comme les Abrams, que les États-Unis ne sont pas encore prêts à fournir à Kyiv, justifiant ce refus par des questions de maintenance et de formation.

Cette nouvelle tranche porte à 26,7 milliards de dollars l’aide militaire totale des États-Unis à l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe le 24 février.

« Il faut des chars »

Le Royaume-Uni s’est engagé quant à lui à envoyer à l’Ukraine 600 missiles Brimstone supplémentaires, le Danemark ses 19 canons Caesar de fabrication française, et la Suède des canons automoteurs Archer.  

Des systèmes qui ont tous une portée de plusieurs dizaines de kilomètres, mais inférieure à celle réclamée par les Ukrainiens.

Mais les Occidentaux craignent, malgré les assurances ukrainiennes, que Kyiv ne puisse provoquer une escalade en usant de ces armes pour frapper en profondeur le territoire russe et les bases aériennes et navales de Crimée, péninsule annexée en 2014 par la Russie.

Londres avait déjà promis 14 chars lourds Challenger 2 à Kyiv, et la Pologne se dit prête à lui livrer 14 chars Leopard 2 de construction allemande, un total encore loin des centaines de ces véhicules dont l’Ukraine dit avoir besoin.

« Nous entendons votre message »

« Nous entendons votre message. Vous avez besoin de plus de systèmes de défense antiaérienne et d’artillerie, de plus de munitions », a souligné sur Twitter Charles Michel, président du Conseil européen, après une rencontre à Kyiv avec le président Volodymyr Zelensky.

S’exprimant par visioconférence en marge du Forum économique de Davos en Suisse, M. Zelensky a de son côté brocardé, dans une allusion claire aux Allemands, ceux qui disent : « “Je livrerai des chars si quelqu’un d’autre le fait.” »

L’Allemagne fait face à des pressions non seulement pour envoyer certains de ses chars Leopard 2 en Ukraine, mais aussi pour permettre à d’autres pays qui exploitent les mêmes chars de faire de même.

Cela inclurait le Canada, qui possède 112 chars Leopard 2, achetés à l’Allemagne en 2007, au plus fort de la guerre en Afghanistan.

« Contre des milliers de chars de la Russie […], le courage de notre armée et la motivation du peuple ukrainien ne suffisent pas. »

— Volodymyr Zelensky, président d’Ukraine, s’exprimant par visioconférence en marge du Forum de Davos

Peu après, l’un de ses conseillers, Mykhaïlo Podoliak, a appelé les Occidentaux à cesser de « trembler devant Poutine » et à livrer les blindés dont l’Ukraine dit avoir besoin.

Les Russes redoublent d’efforts

Le Kremlin a d’ailleurs adressé jeudi un avertissement clair : la livraison d’armes de plus longue portée « signifierait que le conflit atteindrait un nouveau palier ».

Sur le terrain des combats, les forces russes, appuyées par le groupe paramilitaire privé Wagner, redoublent d’efforts pour prendre Bakhmout, une localité de la région de Donetsk (est) qui fait l’objet d’une bataille sanglante depuis des mois.  

Ces 15 derniers jours, les combattants russes ont un peu avancé, s’emparant d’une grande artie de la cité voisine de Soledar.

— Avec La Presse Canadienne

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