Royaume-Uni

« Apparemment, je ne peux pas venir avec mon bébé de trois mois bien élevé et endormi lorsque je parle à la Chambre. »

— La députée britannique Stella Creasy a publié ce commentaire sur Twitter après avoir été rappelée à l’ordre par plusieurs politiciens britanniques. Face aux critiques, l’institution a promis mercredi de revoir ses règles imposées aux élus devenant parents. (AFP)

Rwanda

Une église offre un refuge aux membres de la communauté LGBT

Depuis plusieurs années, l’Église de Dieu en Afrique au Rwanda affiche publiquement son ouverture aux personnes LGBT. Bien que l’homosexualité ne soit pas interdite au Rwanda, les LGBT y sont fréquemment victimes de discrimination : licenciés, reniés par leurs proches, privés de soins médicaux ou même passés à tabac.

Quand le chanteur populaire rwandais Albert Nabonibo a révélé son homosexualité en 2019, il a tout perdu du jour au lendemain : travail, amis, famille… Rejeté de sa paroisse, il a trouvé un accueil inattendu dans cette église évangélique de Kigali.

Soutien de longue date de la cause LGBT au Rwanda, Jean de Dieu Uwiragiye a décidé d’ouvrir l’église il y a quatre ans, quand il en a pris la direction. Sa décision a déclenché une onde de choc. En quelques semaines, de nombreux fidèles ont quitté l’église, qualifiant la décision d’abomination.

Les pasteurs d’autres églises ont affirmé qu’Uwiragiye était possédé par le démon, les insultes homophobes ont plu venant de fidèles comme de parfaits inconnus. Aujourd’hui, son église compte deux pasteurs homosexuels et une communauté de 200 fidèles, dont la majorité s’identifie comme hétérosexuelle.

« J’ai été maltraité et rejeté par d’autres pasteurs rwandais parce qu’ils craignent ce que je représente, mais c’est ma vocation », explique Seleman Nizeyimana (sur la photo), un des pasteurs homosexuels. « Ils ont déformé la Bible pour donner l’impression que Dieu nous déteste. Mais pourquoi Dieu détesterait-il sa propre création ? ».

« Cette église m’a offert quelque chose que personne d’autre ne m’a jamais offert : l’acceptation et la compréhension. J’aime chanter. Mais d’autres églises vous jugent et n’offrent pas à une personne comme moi l’opportunité de servir Dieu. Ici, j’ai cette opportunité et je trouve d’autres personnes qui se sentent comme moi », explique Cadette, transgenre de 23 ans et membre de la chorale.

L’Initiative pour le développement de la santé (HDI), organisation à but non lucratif basée à Kigali, a recensé 36 cas de violations présumées des droits humains contre les personnes LGBTI à Kigali en 2019.

Les victimes déposent rarement plainte à la police, car elles craignent d’être davantage dénigrées et pensent qu’« il est peu probable qu’il soit donné suite à leurs plaintes », explique le directeur de l’IHD, Aflodis Kagaba.

Pour Albert Nabonibo, l’existence même de cette église est source d’espoir. Il se prend à rêver : « Aucune église n’autorise les homosexuels à se marier au Rwanda, mais on peut espérer qu’à l’avenir les choses changent ».

— Agence France-Presse

Suède

À peine élue, la nouvelle première ministre doit démissionner

Moins de huit heures après son élection par le Parlement, la nouvelle première ministre suédoise Magdalena Andersson a été contrainte de démissionner mercredi après avoir été la victime d’un douloureux jeu de domino politique. Mardi soir, cette économiste de 54 ans, jusqu’ici ministre des Finances de son prédécesseur Stefan Löfven, s’était assurée in extremis les soutiens nécessaires pour arriver au pouvoir, grâce à un accord de la dernière heure avec le parti de Gauche pour augmenter les petites retraites. Mais un autre parti clé, le parti du Centre, mécontent des concessions faites à l’aile gauche, lui a retiré son soutien pour le budget, sans pour autant bloquer son accession au pouvoir. Conséquence : le même Parlement qui l’avait élue dans la matinée a mis son budget en minorité dans l’après-midi, et adopté celui de l’opposition de droite, préparé pour la première fois avec l’extrême droite des Démocrates de Suède (SD). Peu après la défaite budgétaire, le parti écologiste a donc annoncé son départ du gouvernement, contraignant Mme Andersson à rendre son tablier à peine acquis.

— Agence France-Presse

Sénégal

L'organisatrice de Miss Sénégal accusée de faire l'apologie du viol

Plus de 300 femmes sénégalaises ont déposé mercredi à Dakar des plaintes contre la présidente du comité d’organisation de Miss Sénégal, Amina Badiane, qu’elles accusent d’« apologie du viol ». Miss Sénégal 2020 Ndèye Fatima Dione, âgée de 20 ans, a dit avoir été droguée et violée dans un hôtel au cours d’une soirée à laquelle l’avait invitée le Comité d’organisation. Elle a affirmé être tombée enceinte et écartée des activités du comité Miss Sénégal. Aujourd’hui, elle est mère d’un bébé de 5 mois dont elle dit ignorer qui est le père. Le lendemain de cette sortie, Amina Badiane a déclaré, au cours d’une conférence de presse, qu’« un viol implique deux personnes ». « Si on te viole, c’est que tu l’as cherché. Elle est majeure », a-t-elle déclaré, en langue wolof. Ces paroles ont suscité de vives réactions de condamnation de femmes et d’associations de défense des femmes.

— Agence France-Presse

République démocratique du Congo

Ouverture d’une enquête visant le clan de l'ex-président Kabila

Une information judiciaire visant le clan de l’ancien président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila a été ouverte à Kinshasa après des révélations de détournements présumés de 138 millions de dollars, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Dans une enquête intitulée « Congo Hold-up », menée par 19 médias internationaux et cinq ONG, coordonnés par le réseau European Investigative Collaborations (EIC), M. Kabila et sa famille sont accusés d’avoir « siphonné » au moins 138 millions de dollars des caisses de l’État. L'enquête s’appuie sur 3,5 millions de documents bancaires confidentiels et soutient que les détournements présumés ont eu lieu de 2013 à 2018 et ont été détournés « avec la complicité de la banque BGFI RDC » dans laquelle des proches de M. Kabila avaient des intérêts et responsabilités, « en particulier à travers une société écran installée dans un garage ». Le service de communication de l’ex-président Kabila a qualifié dès vendredi les conclusions de cette enquête de « Kabilabashing » et de « tentative de décrédibilisation » de l’ancien chef de l’État.

— Agence France-Presse

Tanzanie

Les mères adolescentes pourront poursuivre leurs études

La Tanzanie a annoncé mercredi sa décision d’autoriser les étudiantes enceintes et les mères adolescentes à poursuivre leurs études, balayant ainsi une interdiction très critiquée mise en place par son défunt leader autocratique, John Magufuli. En 2017, ce pays d’Afrique de l’Est avait commencé à expulser des filles enceintes des écoles publiques et à leur interdire de retourner en cours après avoir mis au monde leur enfant, une décision critiquée par des militants des droits de la personne qui avaient appelé à l’abrogation de la loi. Après le décès de Magufuli cette année, Samia Suluhu Hassan qui lui a succédé à la tête de l’État a cherché à rompre avec certaines des politiques menées par l’autocrate et a largement révisé la politique du défunt président, s’engageant à défendre la démocratie et les libertés fondamentales, et à autoriser de nouveau les médias interdits. 

— Agence France-Presse  

Allemagne

Gouvernement tripartite inédit au pouvoir

Le social-démocrate allemand Olaf Scholz a annoncé mercredi un accord pour prendre la tête du premier gouvernement post-Angela Merkel, avec les verts et les libéraux, une coalition inédite puisque jamais une telle combinaison politique n’a été au pouvoir dans l’Allemagne d’après-guerre.  

« Le feu tricolore est là », a lancé devant la presse Olaf Scholz, en référence au nom donné à cette coalition du fait des couleurs politiques des trois partis – rouge, vert et jaune.  

Près de deux mois après les élections législatives allemandes marquées par une débâcle historique pour le camp conservateur de la chancelière, Olaf Scholz s’apprête donc à lui succéder avec cette alliance hétéroclite sur le papier.

D’ores et déjà, les Verts sont assurés d’accéder au ministère des Affaires étrangères ainsi que d’un « super » ministère du Climat et de l’Économie tandis que le FDP, très orthodoxe sur les comptes publics, détiendra le portefeuille des Finances.

Des mesures phares

Ces trois formations, allant de la gauche pour les Verts, au centre gauche pour les sociaux-démocrates, à la droite avec les libéraux, ont indiqué être tombées d’accord sur un « contrat » de coalition pour les quatre ans à venir à l’issue de plusieurs semaines de tractations.

Il fait la part belle à la protection de l’environnement, avec notamment une sortie « dans l’idéal » du charbon anticipée à 2030, contre 2038 auparavant.

Parmi les mesures phares que le nouvel attelage veut également mettre en œuvre figurent le retour à la rigueur budgétaire dès 2023, la légalisation du cannabis et l’augmentation, chère aux sociaux-démocrates, du salaire minimum à 12 euros, contre 9,6 actuellement.

Des priorités

Cela dit, le nouvel exécutif, qui doit encore être confirmé à la Chambre des députés début décembre avant de pendre ses fonctions, devra gérer en priorité la crise sanitaire qui frappe de plein fouet la première économie européenne.

« La situation est sérieuse », a admis Olaf Scholz, 63 ans,  alors que l’Allemagne craint une saturation des hôpitaux. 

« Nous allons prendre le gouvernement […] à une période où il y a tant d’inquiétude, de peur et d’incertitude », a souligné le coprésident des Verts Robert Habeck.

Enfin, une autre crise majeure à leurs portes est l’afflux de milliers de migrants à la frontière avec la Pologne, orchestré par la Biélorussie.

— Agence France-Presse

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.