Mon retour difficile en milieu urbain

J’ai vécu une dizaine d’années dans les quartiers de Dorval et Lachine, et ce, partiellement en raison de mes derniers emplois situés dans l’ouest de l’île. J’ai profité du bord de l’eau, endroit magnifique et très prisé par les cyclistes, les piétons et les familles qui profitent de ce grand espace vert pour pique-niquer, jouer, etc.

Je suis retournée travailler au centre-ville de Montréal en octobre 2017 et j’ai réalisé combien la fébrilité d’un environnement urbain me manquait. J’ai alors déménagé à Rosemont en juillet 2019. J’ai une carte OPUS à l’année ainsi qu’un abonnement annuel à BIXI. J’ai profité de ces moyens de transport au maximum en plus de marcher. Je désirais me défaire de mon automobile et prendre un abonnement d’autopartage en cas de nécessité – aller chez le dentiste dans l’ouest de l’île, lorsque je ferais des achats trop encombrants ou trop lourds. Bref, un mode de vie citadin !

J’attendais le printemps 2020 impatiemment afin de redécouvrir tous les petits quartiers de Montréal et leurs valeurs ajoutées à la vie urbaine. Malheureusement, c’est l’horreur !

Les déplacements, que ce soit à pied, en vélo, en voiture ou en autobus. avec tous les détours, sont infernaux !

Les nouvelles voies pour cyclistes ? J’ai eu le malheur de prendre celle sur Christophe-Colomb… Catastrophe, une installation bric-à-brac… la chaussée est en état lamentable. Les corridors sanitaires ? Une utopie ! Personne ne sait les utiliser correctement. Ceux-ci ne règlent pas l’exigence des mesures de distanciation et amènent un lot d’exaspération. Et que dire des espaces de stationnement inexistants ?

Dans un temps de pandémie où les commerçants de toutes catégories, restaurateurs, souffrent du manque à gagner pour survivre, on impose tellement de restrictions qu’une grande majorité de gens n’osent, ou ne peuvent, se déplacer.

C’est la cohue générale. Les artères fermées à la circulation ; une décision irréfléchie ! Je suis passée en vélo sur Mont-Royal à deux reprises ; tôt le matin et une autre fois en début d’après-midi. Les cyclistes tricotent autour des piétons et, pendant ce temps, pratiquement personne sur les trottoirs… Cherchez l’erreur. On rencontre parfois des personnes qui marchent côte à côte au centre de la rue, et ce, sans faire un effort pour permettre aux autres de passer.

La mairesse a profité de ces temps de crise pour mettre de l’avant tous ses projets, sans se préoccuper ou consulter les personnes touchées directement. Elle a été peut-être la seule personne à saluer cette pandémie. Il y a tellement de dossiers chauds à régler ; ses énergies sont actuellement au mauvais endroit. Exemples : la ville regorge de rebus ; les routes sont dans un état lamentable et j’en passe.

Je marche, je fais du vélo, je prends les transports en commun et, oui, j’ai encore ma voiture ! Et en ce moment, elle me permet de faire les courses pour une tante, d’aller au bureau le week-end pour prendre ou laisser des piles de dossiers, ce que je ne pourrais faire sans une automobile. Évidemment, avec la quantité innombrable de travaux en cours, de corridors sanitaires et de voies cyclables additionnelles, se déplacer met plus de temps. Même si ce n’est pas mon choix de déménager hors de la ville, disons que je commence à comprendre ceux qui désirent s’exiler.

Le succès d’un quartier repose sur la diversité de ses habitants, familles, personnes âgées, personnes à mobilité réduite et toutes ethnies. C’est pourquoi Montréal est une ville attrayante pour les touristes provenant des autres régions du Québec ou de l’étranger. Essayons de faciliter l’accès à tous, de façon coordonnée et sensible.

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