Les nouvelles de la mode locale

Les dernières nouvelles de la mode locale

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Le fondateur de Matt & Nat lance une marque de mode durable

Après avoir quitté l’entreprise qu’il a créée en 2013, le fondateur de Matt & Nat, Inder Bedi, a pris une pause. Il a consacré ce temps à ses jeunes enfants, à la méditation et à la croissance personnelle ainsi qu’à une réflexion sur l’éthique de la mode. Poussant plus loin celle entamée avec la marque végane Matt & Nat, le Montréalais en lance une nouvelle : 457 Anew, axée sur la réutilisation et la durabilité.

« Je me suis mis à réfléchir à l’industrie de la mode et à la prochaine étape qui est la durabilité, a déclaré Inder Bedi, en entrevue avec La Presse. J’en suis venu à la conclusion qu’il faut peut-être réduire le nombre de designs, le nombre de produits et de travailler avec des designs minimalistes pour avoir des looks qui vont durer. »

Composée notamment de sacs à dos, de sacs de voyage et de sacs fourre-tout, la première collection valorise des matériaux locaux qui étaient destinés à l’enfouissement comme du cuir provenant d’anciens avions d’Air Canada ainsi que des ceintures de sécurité d’avions et de voitures.

Inder Bedi s’est ainsi appuyé sur le concept des 3 R (réduire, réutiliser et recycler), donnant la priorité aux deux premiers, moins énergivores. Une démarche qui a présenté son lot de défis et nécessité plusieurs mois de recherche et développement. « Ça a pris beaucoup de recherche pour trouver une façon de coudre la ceinture, illustre-t-il. Ce sont des matériaux qui sont très forts, qui sont faits pour sauver des vies. Trouver une façon pour que ça fonctionne bien dans le design, que ça dure longtemps, ça a pris six mois. »

457 Anew – un nom qui évoque l’idée de faire du neuf avec l’ancien et qui contient des chiffres que M. Bedi a souvent croisés sur son parcours – mise également sur les fibres recyclées. Parmi les textiles utilisés pour la confection des sacs et des manteaux d’hiver faisant aussi partie de la collection, on retrouve l’Econyl, un nylon fabriqué notamment à partir d’anciens filets de pêche, le Repreve, un polyester fait de bouteilles de plastique recyclées, et un cuir de cactus mexicain qui, contrairement au cuir végane en polychlorure de vinyle (PVC) ou en polyuréthane, est partiellement biodégradable et sans produits chimiques. Des vêtements de base en coton américain complètent la collection.

Avec cette nouvelle marque, Inder Bedi souhaitait également renouer avec la production locale, qu’il avait abandonnée chez Matt & Nat, au fil du temps et de la croissance de l’entreprise. Tous les produits de 457 Anew sont ainsi fabriqués au Canada, principalement à Montréal, en petits lots pour le moment.

Pour éviter que ses produits se retrouvent à l’enfouissement, l’entreprise offre également la possibilité à ses clients de les retourner en échange d’un crédit de 25 % sur l’achat d’un produit de valeur similaire. Les pièces reçues seront transformées et remises à neuf, puis données à l’organisme Dans la rue, qui vient en aide aux jeunes itinérants à Montréal.

Dans une industrie encore dominée par la mode rapide, l’homme d’affaires croit qu’il est possible de lancer une entreprise mue par des valeurs de durabilité et qui soit profitable. « Le commerce en ligne nous permet d’ouvrir de nouveaux marchés. Mais même en Amérique du Nord, il y a une clientèle qui est intéressée à avoir des produits qui sont durables, authentiques. On ne veut pas juste faire des affaires, mais aussi créer de la valeur pour les clients. On a vu aussi avec la COVID-19 le souhait de retourner à des valeurs plus simples. »

Les produits de 457 Anew sont offerts en ligne, sur le site de la marque et sur celui de Simons, ainsi que dans certains magasins de cette chaîne.

— Valérie Simard, La Presse

Actualités

Marie-Ève Lecavalier, finaliste à l’International Woolmark Prize

La créatrice montréalaise Marie-Ève Lecavalier vient d’ajouter une nouvelle distinction à son CV déjà bien rempli, elle qui a entre autres été finaliste au concours LVMH en 2019 et s’est démarquée au prestigieux Festival d’Hyères en 2018 avec sa première collection, en remportant le prix Chloé et une mention spéciale du jury. Voici qu’elle est de nouveau finaliste pour l’International Woolmark Prize 2021, qui souligne chaque année le talent de designers émergents à travers le monde. Karl Lagerfeld lui-même avait été le premier lauréat, en 1954, et Lecavalier devient la première Canadienne à se hisser parmi les finalistes. Depuis quelques années, le concours est plus que jamais axé sur l’écoresponsabilité et l’approvisionnement éthique et responsable, des qualités mises de l’avant par la designer dans son travail. Les six finalistes ont été sélectionnés parmi 380 participants issus de 55 pays. Au cours des prochains mois, ils devront créer une collection à partir de la laine mérinos australienne, qui devra présenter leur vision de l’écoresponsabilité, mais aussi s’attarder aux implications de la pandémie mondiale actuelle. Les collections devraient être présentées lors de la prochaine Semaine de la mode de Londres. Le gagnant, qui remportera une bourse de 200 000 $ (en dollars australiens), sera dévoilé le 17 février.

— Iris Gagnon-Paradis, La Presse

Mode masculine

Gaia & Dubos habille maintenant les hommes

La marque québécoise Gaia & Dubos, connue pour son approche durable, lance sa première collection pour hommes. Fabriquées au Québec, comme tous les produits de la marque, les pièces de cette collection sont composées principalement de coton biologique. Apôtre de l’écoresponsabilité, la designer Léonie Daignault-Leclerc mise sur des morceaux intemporels, confortables et classiques. Pour sa première incursion en mode masculine, elle propose deux chemisiers décontractés, deux t-shirts, ainsi que deux chandails en jersey. D’abord, lancés dans le cadre d’une campagne de sociofinancement, les vêtements sont maintenant offerts sur le site web de Gaia & Dubos, en précommande. Il faut prévoir un délai de trois à quatre semaines pour la livraison.

— Valérie Simard, La Presse

Nouveauté

Des leggings biodégradables québécois

Moov Activewear a été fondée en 2017 par deux sœurs, Geneviève et Stéphanie Tremblay, et se spécialise dans les vêtements pour le sport et l’entraînement fabriqués au Québec avec un grand souci de performance, mais aussi d’écoresponsabilité, notamment grâce à une chaîne de production réfléchie qui réutilise les tissus et retailles et limite les gaz à effet de serre, avec des équipes de conception, production et vente situées dans un rayon de 30 km.

Leurs leggings, très seyants et confortables, sont parmi nos modèles favoris de tous les temps et restent en très bon état, même après quelques années d’utilisation. Voilà que l’entreprise innove en lançant le premier legging dit biodégradable au Canada afin de poursuivre son combat contre les microplastiques rejetés dans l’environnement, un sujet qui tient particulièrement à cœur aux fondatrices, puisque Geneviève est aussi océanographe de métier. La matière utilisée, le Bio-Moovflex, est exclusive à l’entreprise et composée à 80 % de nylon biodégradable, obtenu grâce à une nouvelle génération de fils durables, où la fibre synthétique du nylon est modifiée pour devenir biodégradable, grâce à un procédé chimique complexe, mais non dommageable pour l’environnement – les fils sont certifiés OEKO-TEX (donc sans danger pour la santé ou la peau).

Résultat : le legging, biodégradable à 80 %, ne libère aucune microparticule de plastique lors du lavage, un des problèmes actuellement observés avec les fibres synthétiques ou recyclées, puisque celles-ci peuvent se retrouver dans les océans et les organismes vivants. Selon l’entreprise, son legging se décomposerait en quatre ans dans un site d’enfouissement, contrairement à 400 ans pour la plupart des fibres synthétiques. Comme les autres modèles de legging de l’entreprise, ces derniers offrent une taille haute confortable et gainante, aucune couture au niveau de l’entrejambe, une grande respirabilité et une large éventail de modèle allant de XS à 3 X. À celles qui ont déjà un legging Moov Activewear, nous conseillons de prendre une taille de plus que leur taille habituelle, car les modèles biodégradables sont faits plus petits que les autres modèles de l’entreprise.

— Iris Gagnon-Paradis, La Presse

Prix : 115 $, offerts en ligne et dans les points de vente.

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