Roland-Garros

Zverev avance en huitièmes de finale

La logique est respectée chez les hommes ; l’hécatombe se poursuit chez les femmes

Paris — Alexander Zverev a su se montrer présent dans les moments importants pour s’imposer face au Serbe Laslo Djere en trois manches (6-2, 7-5 et 6-2), vendredi, au troisième tour de Roland-Garros.

Après un premier tour compliqué où le finaliste des derniers Internationaux des États-Unis avait dû remonter deux manches de retard face au qualifié Oscar Otte pour s’en sortir (3-6, 3-6, 6-2, 6-2 et 6-0), l’Allemand de 24 ans prend ses marques sur la terre battue parisienne.

Après avoir remporté la première manche sans encombre, la sixième raquette mondiale a su parfaitement réagir dans la deuxième où Djere, 55e au classement de l’ATP, lui avait pourtant ravi son service à deux reprises et s’était procuré trois balles de manche. Mais profitant de la nervosité de son adversaire au moment de conclure, Zverev a inversé la tendance pour l’emporter 7-5.

« On ne revient pas toujours d’un score comme ça [quand on est mené 5-3]. Face à un joueur comme Laslo, il m’a fallu hausser mon niveau de jeu et jouer mieux que lors des premiers tours. C’est ce que j’ai réussi à faire et j’en suis satisfait », a commenté l’Allemand sur le court après le match.

Dès le premier jeu de la troisième manche, Zverev a brisé son adversaire, réussissant ensuite à contenir les tentatives de retour au jeu suivant de Djere, finaliste à Cagliari en avril. Avant de dérouler tranquillement pour s’imposer sur un as en 2 h 9 min.

Celui qui a déjà remporté deux titres cette année (Madrid et Acapulco) ne cache pas son envie d’aller plus loin dans le tournoi.

« Mon but dans ma carrière est de remporter un tournoi du Grand Chelem. Je joue mieux depuis l’an dernier, j’ai pris de la maturité. On va voir où ça me mène. »

— Alexander Zverev

En huitièmes de finale, Zverev rencontrera le Japonais Kei Nishikori (49e), qui, après ses matchs en cinq manches des deux premiers tours, s’est qualifié plus facilement vendredi en bénéficiant de l’abandon du qualifié suisse Henri Laaksonen après une manche.

Une première pour Medvedev

Le no 2 mondial, Daniil Medvedev, a décroché vendredi pour la première fois de sa carrière une qualification pour les huitièmes de finale de Roland-Garros, en battant l’Américain Reilly Opelka (6-4, 6-2 et 6-4).

Brillant sur dur (vainqueur du Masters 1000 de Paris et des Masters de fin d’année en 2020, finaliste des Internationaux des États-Unis 2020, notamment), le Russe n’avait jusqu’ici enregistré que de piètres performances sur terre battue, notamment à Roland-Garros où jusqu’à cette année il n’avait jamais gagné un match lors de ses quatre précédentes participations.

Face au récent demi-finaliste du tournoi de Rome, Medvedev savait qu’il devait être vigilant et « que ça n’allait pas être facile ». « Je suis content de m’en être sorti », a-t-il avoué à la fin du match.

« Mais les conditions humides [vendredi] m’ont un peu aidé », notamment pour contrer le puissant service de l’Américain (35mondial), a analysé le natif de Moscou en français. Ce qui a ravi le public du court Suzanne-Lenglen, qui l’a acclamé en scandant « Daniil, Daniil » lors de son interview d’après-match.

« Cette année, je me sens vraiment bien ici. Je voulais faire un grand truc, je suis en train d’y arriver. J’espère ne pas m’arrêter là. »

— Daniil Medvedev

Pour une éventuelle place en quarts de finale, Medvedev rencontrera un expert de l’ocre, le Chilien Cristian Garín (23e), récent quart de finaliste à Madrid et à Estoril.

Tsitsipás, encore cette année

Stéfanos Tsitsipás, cinquième tête d’affiche, a vaincu l’Américain John Isner (5-7, 6-3, 7-6 et 6-1).

Le Grec a surmonté les 19 as d’Isner ; il en a même signé huit lui-même.

Il n’y a eu que quatre bris, dont trois en faveur du vainqueur. Tsitsipás a également converti les trois quarts de ses 20 montées au filet.

Tsitsipás compte déjà 36 victoires en 2021, un sommet à l’ATP. Il se retrouve en huitièmes de finale parisiennes pour la troisième année de suite.

Son prochain rival sera Pablo Carreño Busta, 12tête de série.

Serena des beaux jours

Serena Williams, ex-no 1 mondiale aujourd’hui 8e, a rallié la deuxième semaine de Roland-Garros pour la première fois depuis 2018 aux dépens de sa compatriote Danielle Collins (50e), battue en deux manches de 6-4 et 6-4 vendredi.

En huitièmes de finale, elle affrontera la Kazakhe Elena Rybakina (22e).

À 39 ans, l’Américaine, dont les chaussures portent l’inscription « Je ne m’arrêterai jamais », est toujours en quête d’une 24e couronne en tournoi du Grand Chelem, qui lui permettrait d’égaler le record absolu de titres majeurs détenu par l’Australienne Margaret Court.

Serena Williams, malgré un imposant bandage à la cuisse droite, a compté une manche et un bris d’avance (1-0) avant que Collins ne se relance jusqu’à mener 4-1 dans la seconde manche. Mais la cadette des sœurs Williams, qui a multiplié les cris rageurs, a alors aligné cinq jeux pour s’imposer en un peu moins d’une heure et demie.

La championne américaine est arrivée à Paris avec une seule victoire sur terre battue au compteur cette saison en deux tournois (Rome et Parme). On ne l’avait alors plus vue sur le circuit depuis sa défaite en demi-finales des Internationaux d’Australie (contre Naomi Osaka), début février.

Lundi soir, elle avait inauguré avec succès les toutes nouvelles séances nocturnes de Roland-Garros.

Sabalenka évincée

La Biélorusse Aryna Sabalenka, no 4 mondiale, a été sortie vendredi au troisième tour par la 32e mondiale Anastasia Pavlyuchenkova (6-4, 2-6, 6-0).

Après les forfaits ou abandons des trois premières mondiales (Ashleigh Barty, Simona Halep, Naomi Osaka), Sofia Kenin est la dernière membre du top 5 encore présente dans le tableau féminin.

Avec seulement quatre membres du top 10 encore en compétition, la route semble donc s’ouvrir plus largement pour la tenante du titre, Iga Świątek (9e).

Début mai, Sabalenka avait clairement battu Pavlyuchenkova en demi-finale à Madrid, avant de remporter le titre face à Barty, no 1 mondiale. Un mois plus tard, le rapport de force s’est totalement inversé en faveur de la Russe.

Après avoir remporté la deuxième manche, à l’issue de laquelle Pavlyuchenkova avait dû faire appel au kinésiologue, la no 4 mondiale a semblé totalement dépassée dans la troisième manche, où elle n’a pas marqué le moindre jeu, multipliant les signes d’agacement et les fautes directes (17 sur la manche, 39 sur le match).

En atteignant les huitièmes de finale, la Russe de 29 ans se rapproche de sa meilleure performance à Roland-Garros (quart de finale en 2011). Au prochain tour, elle sera opposée à une autre joueuse biélorusse, Victoria Azarenka, 16e mondiale.

Soupçons de match truqué

La garde à vue de la joueuse russe levée

La joueuse de tennis russe interpellée jeudi dans une enquête sur des soupçons de paris truqués lors d’un match en double de l’édition 2020 de Roland-Garros a été remise en liberté vendredi en fin de journée sans poursuite à ce stade, a indiqué le parquet de Paris. Yana Sizikova, 26 ans, 101e joueuse mondiale au classement WTA en double, avait été placée en garde à vue jeudi soir à l’issue d’un match du tournoi, dans le cadre de l’enquête ouverte le 1er octobre dernier pour « corruption sportive » et « escroquerie en bande organisée » et confiée au Service central des courses et jeux de la police judiciaire, avait précisé plus tôt dans la journée le parquet, confirmant une information du Parisien.

— Agence France-Presse

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