Mots de camelots

Don d’un ange

Le soir du 20 novembre dernier, je vendais L’Itinéraire sur la rue Ontario, au coin d’Aylwin. J’y ai rencontré un être sympathique, généreux de son cœur et de son âme, qui a dépassé toutes mes attentes. Il s’appelle Marc Primeau.

Par une journée froide et venteuse, cet homme m’a offert un café que j’ai vite accepté. Après avoir fini de vendre mes magazines, on a marché ensemble pendant une demi-heure en parlant de nos vies. À la fin, je lui ai dit que je devais aller faire mon épicerie. Il m’a alors offert un choix : soit il me donnait 20 $, soit il m’accompagnait à l’épicerie et il payait la facture. J’ai tout de suite choisi l’épicerie, sachant que je manquais de nourriture chez moi.

Arrivés à la caisse, j’ai été étonnée de voir M. Primeau payer la facture avec un grand sourire. Une autre surprise m’attendait : il a payé le taxi pour que je puisse rentrer chez moi et, en plus, il m’a remis les 20 $ qu’il m’avait proposés au début. Je l’ai remercié pour tout et je lui ai dit honnêtement et ouvertement à quel point son aide réglait mes problèmes. Il ne m’a pas juste offert sa générosité, mais aussi une pause dans ma misère.

Merci, Marc Primeau. Ce sont des gens comme vous qui rendez le monde meilleur. Vous avez illuminé mon chemin dans les ténèbres. Ce beau moment m’a réconforté l’âme. Vous avez reconnu mes besoins, vous êtes mon ange gardien. Je souhaite que le bonheur que vous répandez autour de vous vous soit rendu au centuple.

— Lynn Champagne, camelot PJC Promenade Ontario

Ouvrir les yeux

La pandémie a mis en évidence des problèmes de société qu’on ne peut plus ignorer. Et ce n’est pas un hasard si tout nous saute au visage en même temps.

Des personnes sont mortes par milliers dans les CHSLD et dans les hôpitaux. Pourtant, ça fait des années qu’on sait qu’on doit faire quelque chose pour améliorer les services en soins de santé, surtout pour les personnes âgées.

Les continents pauvres sont en partie délaissés par les pays riches du fait d’une distribution inégale des vaccins contre la COVID-19. Si on laisse les pays pauvres non vaccinés, la pandémie continuera de faire mourir plein de gens et les problèmes du monde entier vont s’éterniser.

Les changements climatiques menacent la survie de l’humanité. On ne pourra pas prospérer si on ne prend pas soin des plus pauvres et si on détruit la nature. L’humain contemporain ne pourra pas survivre s’il ne peut plus respirer d’air pur et s’il n’a plus accès à de l’eau potable.

La seule voie possible, c’est de prendre nos responsabilités en tant que société et humains sur la planète Terre. Pour aspirer à une vie meilleure, l’humain doit prendre en considération l’environnement, les inégalités entre les riches et les pauvres, les soins en CHSLD et dans les hôpitaux. Sinon, la situation va s’aggraver et on ne pourra pas éviter le pire pour les générations futures.

Les inégalités sociales, les changements climatiques, les grèves, l’inflation, tout est relié. On ne peut plus faire l’autruche devant ces problèmes. Nous devons ouvrir les yeux et agir maintenant. Chacun de nous peut et doit faire sa part.

— Gabriel Lavoie, camelot Metro Chemin Chambly, Longueuil

Enfin un sommeil calme

Je fais de l’apnée du sommeil, la plus intense, 66 arrêts de respiration par heure. Aujourd'hui, j’ai une machine pour ça. J’ai passé beaucoup de tests avant de l’obtenir.

Avant ça, je me réveillais souvent la nuit. Au moins trois à quatre fois. Me rendormir était quasiment impossible. Tourne d’un bord, tourne de l’autre, les pensées négatives circulaient beaucoup dans ces moments à cause de ma phobie nocturne. J’ai peur dans le noir. J’ai demandé à mon psychologue de passer des tests parce que mon sommeil était perturbé par toutes mes pensées, le stress et l'anxiété.

J’ai eu la machine le 7 décembre, exactement cinq mois après le décès de mon père. Aussitôt, j’ai été soulagé. Un spécialiste est venu chez moi pour m’expliquer comment l’utiliser, quel type de masque porter et comment le nettoyer chaque jour. C’est tout un changement dans ma vie. Quand je me couche, même l’après-midi, il faut absolument le mettre.

Le plus important est l’état d’esprit et le comportement. Il ne faut pas consommer de drogues ni de boissons énergisantes pour que la respiration reste à un bon rythme, il ne faut pas être trop agité. Surtout, il faut se sentir en paix avec la machine, l'accepter.

La journée la plus difficile, c’est toujours la première. Puis, on s'habitue à dormir avec quelque chose sur le visage et du bruit. À un moment donné, ce bruit aide à s’endormir et on oublie la machine.

L'apnée du sommeil se règle en adoptant un nouveau mode de vie, en confiance.

— Sylvain Pépin, participant aide-cuisinier

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