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flambée des cas probable si la population baisse la garde

La vitesse à laquelle augmenteront les cas de variants au Québec dépendra largement du respect des mesures sanitaires par la population, estime l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) dans ses projections présentées mercredi matin.

Pour les prochaines semaines, l’INSPQ prévoit différents scénarios allant d’une stabilisation du nombre de nouveaux cas de COVID-19 à environ 1000 par jour à une hausse exponentielle pouvant atteindre 2000 cas par jour avec l’arrivée d’un nouveau variant qui deviendrait prédominant en mars.

« La suite de ce qu’on peut voir avec les variants, c’est encore incertain. Ça dépend du comportement de tout le monde. Et ça dépend aussi du nombre de variants qui circulent présentement », affirme Marc Brisson, qui dirige le Groupe de recherche en modélisation mathématique et en économie de la santé liée aux maladies infectieuses de l’Université Laval. Il estime que les gens doivent rester « très vigilants parce qu’on peut avoir une situation où ça monte très rapidement ».

Dans son analyse, l’INSPQ établit que le variant britannique est « de 1,2 à 1,8 fois plus transmissible que la souche de base » du SARS-CoV-2, le coronavirus responsable de la COVID-19. L’ampleur de l’augmentation des cas dans les prochaines semaines dépendra notamment de l’adhésion aux mesures sanitaires par la population, « particulièrement aux mesures [concernant] les visites et les rassemblements à domicile » et la distanciation au travail, explique Marc Bisson.

Selon l’INSPQ, les mesures mises en place par Québec depuis le 8 janvier ont permis de limiter la transmission d’un nouveau variant dans la région de Montréal.

Mais le virus est tout de même présent, notamment dans les écoles. « C’est dans ces milieux-là qu’on pourrait potentiellement voir le variant en premier », note M. Bisson.

Variants déjà présents

Mercredi matin, Québec a mis à jour le nombre de cas présomptifs de variants à travers la province. Ce nombre, qui était de 86 mardi, est passé à 135. « Il y a déjà des éclosions de variants. Il y a des cas à Laval. Plusieurs cas à Montréal. Quelques cas en Abitibi », dit la Dre Jocelyne Sauvé, vice-présidente associée aux affaires scientifiques à l’INSPQ.

M. Brisson souligne d’ailleurs que la baisse générale des cas de COVID-19 observée ces jours-ci au Québec « peut cacher une hausse de cas de variants ».

Le portrait exact de la présence de variants au Québec ne peut toutefois être établi avec précision puisque la province est en train d’étendre son programme de criblage. Les projections de l’INSPQ pour les prochaines semaines présentent des intervalles d’incertitude assez larges. Ces projections, en outre, ne tiennent pas compte des assouplissements aux mesures sanitaires présentées mardi par Québec et prévues pour la relâche scolaire.

L’INSPQ a toutefois tenu compte du fait que la vaccination a débuté et devrait s’accélérer dans les prochaines semaines. D’ailleurs, même si une hausse importante de cas survenait, l’INSPQ estime que la hausse des hospitalisations ne serait peut-être pas aussi importante puisque, justement, la vaccination de populations vulnérables est en cours.

La baisse se poursuit, la vaccination s’accélère

La tendance à la baisse s’est poursuivie mercredi au Québec avec 800 nouveaux cas de COVID-19 et 12 décès supplémentaires. Après un lent départ dans la vaccination, la récente livraison de plus de 90 000 doses de vaccin devrait par ailleurs permettre au gouvernement Legault d’accélérer la campagne. La moyenne quotidienne des nouveaux cas de COVID-19 mesurée sur une semaine vient de passer sous la barre des 900, pour s’établir à 894 cas par jour. La moyenne quotidienne des décès, aussi mesurée sur une semaine, continue également à fléchir et se situe actuellement à 21 par jour. Des 12 décès, cinq sont survenus à Montréal et deux à Laval. La baisse des hospitalisations, elle, est plus modeste. On compte actuellement 766 personnes hospitalisées, soit cinq de moins que la veille. Aux soins intensifs, on en recense 130, soit quatre de moins. Mercredi, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal a par ailleurs annoncé que son premier centre de vaccination massive contre la COVID-19 serait déployé dans l’Atrium du Stade olympique, avenue Pierre-De Coubertin.

Une école de Laval forcée de fermer un pavillon

L’école de l’Arc-en-ciel, située dans le quartier Laval-des-Rapides, à Laval, fait face à une sérieuse éclosion de COVID-19 qui touche une trentaine de personnes. Les autorités y distribueront des tests de salive au cours des prochains jours. « En date [du 17 février], il y a 28 cas confirmés de COVID liés à l’éclosion dans cette école. La Direction de santé publique suit la situation de très près », a confirmé la porte-parole du CISSS de Laval, Judith Goudreau. D’après nos informations, une dizaine de classes sont touchées par cette éclosion, dont deux comptant au moins huit cas chacune. Cinq membres du personnel de l’école ont aussi contracté la maladie, dont un est actuellement hospitalisé. Le pavillon 2 est complètement fermé pour le moment, au moins jusqu’au 28 février, puisque c’est à cet endroit qu’on trouve la majorité des cas.

Pas de relâche pour la police

Le gouvernement Legault a annoncé mercredi que les corps policiers du Québec mèneraient une opération de surveillance des lieux achalandés du 26 février au 7 mars pour s’assurer que les mesures sanitaires seront respectées pendant la semaine de relâche. Cette « présence policière bonifiée » représente environ 15 000 heures de travail pour les policiers qui patrouilleront particulièrement dans les lieux de villégiature, les sentiers de motoneige, les parcs, les patinoires, les centres commerciaux et les restaurants. La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a rappelé que la police avait remis dans la dernière semaine 1695 constats ou rapports d’infraction à des citoyens qui ne respectaient pas les mesures sanitaires. De ce nombre, 1034 ont été remis pour non-respect du couvre-feu.

— Avec la collaboration d’Hugo Pilon-Larose, La Presse

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