L. Fournier et fils

Virage vert et virtuel dans le monde minier

Ce n’est pas parce que L. Fournier et fils a été fondée dans les années 1930 qu’elle cesse d’innover. Non seulement l’entreprise valdorienne prévoit de tester le premier camion minier électrique au Québec l’été prochain, mais elle s’intéresse également aux carburants de rechange et à l’intégration du virtuel dans ses activités.

L’entreprise planche en fait sur l’électrification de ses activités depuis des années. « Dans nos usines de produits cimentaires, on envisage sérieusement l’automatisation et la robotisation, explique le président Jérémi Fournier. Dans une conjoncture de manque de main-d’œuvre et d’une demande en hausse, on planche sur un projet d’usine très moderne pour améliorer nos processus. »

Sans oublier l’apport des modules 3D et du téléguidage dans ses équipements lourds. « On travaille avec une nouvelle génération d’opérateurs qui ont grandi avec des consoles de jeux vidéo et qui sont beaucoup plus aptes à travailler dans un monde virtuel. » Grâce à l’assistance virtuelle, ils peuvent savoir où creuser en limitant leurs actions. En plus de profiter d’une aide à la conduite qui analyse les accélérations trop rapides, ainsi que les virages ou les freinages trop brusques.

L’entreprise bientôt nonagénaire ne souhaite toutefois pas révolutionner à tout prix. « Il ne faut pas perdre de vue la recette traditionnelle éprouvée et efficace, tout en cherchant à faire mieux. »

Depuis une quinzaine d’années, faire mieux signifie pour L. Fournier et fils d’offrir un éventail de plus en plus large de produits, de services et d’expertises. « On offre un service clés en main à l’industrie minière. Des premiers jours d’exploration jusqu’à la fermeture, on veut être le fournisseur privilégié pour les accompagner dans tous leurs travaux pour opérer une mine. »

Faire mieux, c’est également développer une multitude de partenariats de formation et d’affaires avec des entreprises issues des Premières Nations. Et racheter une reprise de faillite de la mine Sigma en 2015.

« Nous avons acheté les stocks de stériles miniers, des roches qui ne contiennent pas de minerais ou très peu, pour les revaloriser dans l’industrie de la construction et de l’asphaltage. On fait disparaître les déchets miniers passifs du paysage peu à peu et on les transforme en actifs.  »

— Jérémi Fournier, président de L. Fournier et fils

De génération en génération

Inaugurée par Léo Fournier et son frère en 1938 (certains vieux oncles disent plutôt 1936), l’entreprise a ensuite été dirigée par trois des fils du fondateur, Serge, Denis et Gaston, avant d’être reprise par Jérémi et Nicola Fournier au cours des dernières années.

Figurant parmi les Sociétés les mieux gérées au Québec pour la première fois en 2022, l’entreprise témiscabitibienne met de l’avant son caractère familial. « C’est un gros avantage dans le recrutement quand les gens sentent notre proximité. On est accessibles et connus dans la communauté. On rencontre nos clients et nos employés au dépanneur et au restaurant. »

Même si elle emploie entre 1000 et 1200 personnes, l’entreprise n’a rien d’une multinationale avec un siège social délocalisé qui ne veut que brasser des chiffres. « On a une réputation à protéger et à développer. On prend ça à cœur. Il y a de l’émotion là-dedans. »

Et beaucoup de communication avec les employés qui peuvent faire des suggestions pour changer les choses. « On a les avantages d’une PME familiale où on peut discuter sans être trop rigide, avec les ressources financières, humaines et matérielles pour accomplir de grands projets. »

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