COVID-19

« Quand on manque de solidarité, et quand nous sommes divisés, c’est une excellente occasion pour le virus et c’est pour cela qu’il continue de se répandre. »

— Tedros Adhanom Ghebreyesus, grand patron de l’OMS, au moment où le seuil des 900 000 morts a été franchi dans le monde (AFP)

Colombie

Les affrontements post-bavure reprennent, le bilan revu à 10 morts

Le bilan des personnes tuées, la plupart mortellement blessées par arme à feu à Bogotá, a été réévalué à 10 jeudi, alors que des affrontements entre la police et des protestataires révoltés par une bavure policière ont repris en soirée. Sept personnes, dont la plupart étaient « très jeunes », sont mortes à Bogotá, tuées par balles, a déclaré la mairesse de la capitale, Claudia López, lors d’une conférence de presse annonçant jeudi la mort sur son lit d’hôpital d’une jeune fille de 19 ans. Les autorités de Soacha, dans la banlieue de Bogotá, ont indiqué à l’AFP que trois autres morts avaient été enregistrées dans la ville. À la tombée de la nuit, jeudi, les heurts avec la police ont repris à Bogotá, selon les journalistes sur place, des rassemblements s’étant reformés durant la journée dans plusieurs quartiers de la ville. Le gouvernement a annoncé l’envoi en renfort de 1600 policiers et 300 militaires supplémentaires. La maire López a par ailleurs précisé que 175 personnes avaient été blessées, dont 66 par arme à feu et 12 par arme blanche. « Pourtant, nous ne sommes pas sur un champ de bataille », s’est-elle indignée. Selon le gouvernement, 56 postes de police ont été « vandalisés » et 70 personnes interpellées pour « violence contre les forces de l’ordre ». — Agence France-Presse

vaccin russe

La revue The Lancet demande des éclaircissements

The Lancet a annoncé jeudi avoir demandé des éclaircissements aux développeurs du vaccin russe après des doutes émis sur la vraisemblance de leurs résultats publiés par cette prestigieuse revue médicale. L’auteur principal de l’étude incriminée, le chercheur russe Denis Logounov, cité par l’agence de presse publique RIA Novosti, a rejeté les accusations et souligné que The Lancet avait eu accès « à toutes les données recueillies au cours des recherches scientifiques ». Dans une lettre ouverte signée par une trentaine de chercheurs, essentiellement européens, le scientifique italien Enrico Bucci s’interroge sur la vraisemblance de données de l’article publié le 4 septembre par The Lancet, signé par Denis Logounov et ses collègues. Ce travail indiquait que le candidat vaccin russe déclenchait une réponse immunitaire et n’entraînait pas d’effets indésirables graves. Depuis, les autorités de Moscou ont commencé à tester le vaccin, baptisé Spoutnik V, chez 40 000 habitants de la capitale. Le scientifique italien, qui travaille et enseigne à la Temple University de Philadelphie, pointe des « incohérences potentielles dans les données » publiées dans l’article incriminé. Il déplore l’absence d’accès aux données originales de l’essai russe et estime que l’article publié dans The Lancet « présente plusieurs points de préoccupation ». En réponse à la lettre ouverte, la revue britannique « a invité les auteurs de l’étude sur le vaccin russe à répondre aux questions soulevées » et assuré qu’elle « suivait la situation de près ».

— Agence France-Presse

Afghanistan

Début samedi de pourparlers de paix historiques

Les pourparlers de paix historiques entre les talibans et Kaboul, retardés depuis plus de six mois, démarreront samedi au Qatar afin d’essayer de mettre un terme à près de 19 ans de conflit entre les deux parties en Afghanistan. Dans un communiqué, les talibans ont annoncé jeudi être « prêts à participer à la cérémonie inaugurale des négociations interafghanes devant se tenir au Qatar […] le 12 septembre 2020 », soit samedi. Ils ont insisté sur leur intention de « faire avancer le processus de négociation » et d’« apporter une paix globale et un système islamique pur dans le cadre de [leurs] valeurs islamiques et de [leurs] intérêts nationaux supérieurs ». La présidence afghane, sur Twitter, a ensuite annoncé le départ ce vendredi pour Doha de ses 21 négociateurs. Le chef du conseil de réconciliation, l’ex-chef de l’exécutif et candidat malheureux à la dernière présidentielle Abdullah Abdullah, représentera notamment le gouvernement afghan à la cérémonie inaugurale, a-t-elle précisé. Donald Trump a dans la foulée fait savoir que son secrétaire d’État, Mike Pompeo, quitterait dès jeudi soir Washington « pour un voyage historique à Doha ». Prévus en mars, les pourparlers de paix, inédits entre les deux camps, ont été reportés régulièrement du fait de désaccords persistants autour d’un échange de prisonniers : quelque 5000 talibans contre un millier de membres des forces afghanes.

— Agence France-Presse

incendies en Grèce

« Nous sommes laissés à nous-mêmes »

Des milliers de demandeurs d’asile avaient passé vendredi matin leur troisième nuit dehors dans l’île de Lesbos, parfois sans couvertures, près du camp de Mória ravagé par deux incendies, le gouvernement grec peinant à les secourir, alors que les Européens tentent de trouver des solutions.

Dans l’île française de Corse, où avait lieu un sommet des pays du sud de l’Europe, le premier ministre de la Grèce, Kyriákos Mitsotákis, a exhorté l’Union européenne à placer la crise migratoire au cœur de ses préoccupations : « L’Europe doit passer des paroles de solidarité à une politique d’actes de solidarité. Nous devons mettre la crise migratoire au cœur de nos discussions et être beaucoup plus concrets. »

À Mória, des familles désespérées, souvent avec de très jeunes enfants, s’apprêtaient jeudi soir à passer leur troisième nuit en plein air, sans tentes, certaines sans couvertures.

« Nous avons tout perdu, nous sommes laissés à nous-mêmes, sans nourriture, sans eau, sans médicaments », soupire Fatma Al-Hani, Syrienne de Deir ez-Zor, son enfant de 2 ans dans les bras.

Les incendies de mardi et de mercredi, qui ont détruit le camp surpeuplé et sordide de Mória, surnommé « la jungle », ont laissé près de 12 700 personnes sans abri, dont 4000 enfants.

Angela Merkel, chancelière d’Allemagne, a annoncé jeudi le lancement d’une initiative franco-allemande afin de permettre l’accueil dans l’UE de migrants mineurs qui se trouvaient à Mória.

« L’Allemagne et la France y participeront, j’espère aussi d’autres États membres », a-t-elle déclaré lors d’une conférence à Berlin, estimant aussi que le drame de Mória devait pousser les pays de l’UE à « enfin » aboutir à une politique migratoire commune, qui « n’existe pas ».

Emmanuel Macron, président de la République française, a indiqué que Paris était en train de se coordonner avec Berlin pour accueillir des réfugiés.

Dans la foulée, les Pays-Bas ont proposé d’accueillir une centaine de migrants, pour moitié mineurs, parmi les milliers qui se retrouvent sans abri.

Margarítis Schinás, vice-président de la Commission européenne, qui s’est rendu jeudi à Lesbos, a indiqué qu’il y aurait dans les prochaines heures des navires financés par l’UE pour héberger les demandeurs d’asile vulnérables.

La Commission a contribué au transfert en Grèce continentale de 400 mineurs non accompagnés en vue de leur relocalisation en Europe, a-t-il souligné.

Troisième incendie

À l’intérieur de Mória, jonché de conteneurs et de tentes calcinés, un troisième incendie s’est déclaré jeudi après-midi avant d’être rapidement circonscrit.

Les incendies n’ont pas fait de victime, mais ont détruit surtout la partie principale du centre d’enregistrement et d’identification, mis en place depuis 2015 à Lesbos pour limiter le nombre des exilés à destination de l’Europe.

— Agence France-Presse

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