Entrepreneuriat

Femmessor devient Evol et élargit sa mission

Un quart de siècle après sa création, Femmessor devient Evol. Ce changement, auquel a participé l’agence de communications Cossette, n’est pas que cosmétique. Il s’aligne avec la nouvelle mission de l’organisation qui appuie financièrement et accompagne les entrepreneures.

Désormais, soutenu par un fonds de plus de 52,5 millions de dollars, Evol appuiera aussi les entrepreneurs, femmes et hommes, issus de différents groupes : immigrants, Premières Nations, Inuits, handicapés et LGBTQ+. « Ces groupes n’ont pas atteint leur plein potentiel et vivent des biais comme les femmes », analyse Sévrine Labelle, PDG d’Evol.

Autrefois de 19 millions, la nouvelle enveloppe de 52,5 millions provient d’Investissement Québec, de la Banque Nationale, de la BDC, du Fonds de solidarité FTQ et de Fondaction. « Ça va nous permettre des prêts plus élevés, allant de 20 000 $ à 450 000 $, et non plus limités à 150 000 $ », explique Sévrine Labelle.

La mission élargie d’Evol s’appuie sur un désir d’avoir une empreinte globale sur l’économie de la province. « On se repositionne dans une perspective d’investissement d’impact », dit Sévrine Labelle.

« Ce qu’on souhaite est de soutenir les entrepreneurs qui ont une volonté de créer de la valeur avec leur entreprise, pas juste économique, mais sociale et environnementale, alignée avec les 17 objectifs de développement durable de l’ONU. Notre financement est prêt à être déployé. On peut recevoir les demandes maintenant. »

— Sévrine Labelle, PDG d’Evol

Du même coup, la femme d’affaires Danièle Henkel, conseillère stratégique de Sévrine Labelle et qui connaît Femmessor depuis des années, devient l’ambassadrice de cette mission renouvelée. « Elle porte la voix de ce nouveau positionnement en tant qu’entrepreneure d’impact et immigrante, estime Sévrine Labelle. C’est une voix mobilisatrice forte. Son mandat est de rejoindre ces clientèles le plus rapidement possible. »

« Femmessor a acquis des compétences en servant un des pans de la diversité, note Danièle Henkel. On est capables maintenant d’élargir ces compétences. »

« Analyser autrement »

Cette idée d’élargissement du soutien, pour une économie plus inclusive et durable, a émergé en 2018. « On est convaincus qu’on ne développera pas le plein potentiel du Québec entrepreneurial tant que toutes ces communautés n’auront pas réussi à faire pleinement leur place », dit Sévrine Labelle.

Ce soutien est jugé nécessaire dans une économie où on ne tient pas compte des obstacles que connaissent divers groupes de la société, où les institutions semblent analyser tous les dossiers selon les mêmes critères. « Il y a 20 ans, il n’y avait pas d’intérêt pour que les femmes soient entrepreneures, pas de modèles, pas d’aspirations, se rappelle Danièle Henkel. On n’avait rien sur quoi se baser. Dans notre système bancaire, en réalité, c’est pas de risque ou peu de risque. On juge les personnes sous-représentées sur ce qu’elles font là, ici, maintenant, sur une preuve qu’elles ont réussi. On demande aux femmes les mêmes choses qu’à un homme. Il faut analyser autrement. »

Les fonds d’Evol seront accordés à des entreprises à propriété inclusive et diversifiée. Le quart des parts doit être détenu par un entrepreneur qui fait partie d’une communauté actuellement sous-représentée. Il doit détenir un poste stratégique et décisionnel au sein de l’entreprise et être en mesure de démontrer que l’entreprise s’engage à adopter des pratiques de développement durable conformes à au moins 1 des 17 objectifs de développement durable de l’ONU. « On va pouvoir financer du démarrage, de la croissance, de l’acquisition, de la relève d’entreprise comme on le faisait avant, énumère Sévrine Labelle. On a plus d’argent qu’on n’en a jamais eu. Nos prêts vont avoir des conditions beaucoup plus intéressantes : par exemple, une période de remboursement sur huit ans au lieu de cinq avec des taux d’intérêt vraiment intéressants. »

Un tel accompagnement a donné de très bons résultats par le passé, selon la PDG. « Plus de 80 % des entrepreneurs qu’on finance sont toujours en activité après cinq ans, affirme-t-elle. C’est au-delà de la moyenne québécoise. »

Depuis 2001, 31 millions ont été accordés à plus de 1250 entreprises. « Ça a contribué à la création de 6000 emplois, dit Mme Labelle. Là, on accélère notre croissance et on augmente les montants et services. Notre équipe a plus que doublé pour faire face à cette hausse de demandes. »

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