Omicron

« Plus de 50 % de la population sera infectée », estime l’OMS

Copenhague — Plus de la moitié des Européens pourraient être touchés par le variant Omicron d’ici à deux mois au vu du « raz de marée » actuel, a estimé mardi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), deux ans jour pour jour après l’annonce du premier décès officiellement lié au coronavirus en Chine.  

La pandémie continue sa progression fulgurante à travers la planète, au rythme de 2,5 millions de cas quotidiens supplémentaires ces sept derniers jours, selon un comptage de l’AFP.

Dans ce contexte, les gouvernements sont à nouveau confrontés au choix délicat entre restrictions sanitaires et préservation de l’économie et du fonctionnement de la société en général.

Surtout que la croissance mondiale va ralentir cette année et qu’un scénario du pire n’est pas exclu sous l’effet d’Omicron, qui se répand comme une traînée de poudre sur tous les continents, accentuant pénurie de main-d’œuvre et problèmes logistiques, a prévenu mardi la Banque mondiale.

L’Europe en première ligne

L’Europe est la région qui enregistre actuellement le plus de cas dans le monde, soit 7 942 397 au cours des sept derniers jours (45 % du total mondial), suivie de la zone États-Unis–Canada (5 632 321 cas, 32 %).

« À ce rythme, l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) prévoit que plus de 50 % de la population de la région sera infectée par Omicron dans les six à huit prochaines semaines », a averti le directeur de l’OMS Europe, Hans Kluge, pendant une conférence de presse.

Selon M. Kluge, ce variant de la COVID-19 très contagieux présente des mutations « lui permettant d’adhérer plus facilement aux cellules humaines et pouvant même infecter les personnes qui ont été préalablement infectées ou vaccinées ».

La Pologne, dont la population est une des moins vaccinées d’Europe, a dépassé mardi les 100 000 morts dues au coronavirus, d’après les autorités.

La pandémie accélère également très fortement en Amérique latine et dans les Caraïbes, où on approche des 50 millions de cas.

Le coronavirus a fait près de 5,5 millions de morts, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles, qui pourrait en réalité être deux à trois fois plus élevé, selon l’OMS.

Des mégapoles chinoises confinées

Les premiers cas avaient été détectés fin 2019 en Chine et, le 11 janvier 2020, Pékin annonçait le premier mort officiellement recensé d’une pneumonie atypique, plus tard baptisée COVID-19, dans la ville de Wuhan.

Confrontée à une multiplication des foyers de cette maladie, la Chine, qui a largement endigué l’épidémie début 2020, vient à nouveau de confiner plusieurs de ses mégapoles.

Dernière en date, Anyang, dans la province du Henan, a ordonné lundi soir à ses cinq millions d’habitants de rester chez eux, interdit la circulation des véhicules particuliers, fermé les commerces non essentiels et entamé une campagne de dépistage générale à cause d’Omicron.

Les autorités sont sur le qui-vive à l’approche des Jeux olympiques d’hiver de Pékin (4 au 20 février).  

Hong Kong a également renforcé ses mesures : garderies et écoles primaires sont fermées jusqu’au début de février.

Le Japon voisin a prolongé mardi, jusqu’à la fin de février, l’interdiction d’entrée de la plupart des ressortissants étrangers sur son sol et va rouvrir des centres de vaccination de masse.

Du jamais-vu

Des experts de l’OMS ont estimé mardi que combattre la pandémie de COVID-19 à coups de doses de rappel des vaccins actuels n’est pas une stratégie viable, réclamant aussi des vaccins qui évitent mieux la transmission.

Un peu plus de six semaines après l’identification d’Omicron en Afrique du Sud, les données de plusieurs pays convergent sur deux points : ce variant se transmet beaucoup plus rapidement que celui auparavant dominant, Delta, et semble globalement provoquer des formes moins graves de la maladie.

Omicron progresse de façon fulgurante dans de nombreux pays et le nombre de cas double tous les deux ou trois jours, du jamais-vu avec les variants précédents. Les experts de l’OMS appellent à modifier la composition des vaccins pour s’assurer qu’ils protègent davantage contre la maladie.

Les autorités scientifiques françaises ont déclaré mardi étudier l’hypothèse d’une quatrième dose de vaccin contre la COVID-19 pour les personnes âgées, même si cette question est pour l’heure « prématurée », selon le ministère de la Santé.

Le gouvernement israélien a pour sa part déjà donné son feu vert à une quatrième dose pour les personnes vulnérables.

Au même moment, un profond scepticisme et une opposition – parfois violente – aux vaccins règnent dans de nombreux pays.

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