Les lumières sur Peel

Une déco lumineuse et millénaire !

Plus que de simples décorations de Noël, Les lumières sur Peel mettent en valeur la richesse de l’histoire millénaire de Montréal, en étroite collaboration avec les Premières Nations.

À l’été 2018, des milliers d’objets fabriqués par les Iroquoiens du Saint-Laurent ont été trouvés sous l’intersection des rues Peel et Sherbrooke. Deux ans plus tard, cette découverte archéologique majeure a inspiré la compagnie ISM Art et design, dans le cadre d'un appel à projet lancé par la SDC Montréal centre-ville pour les nouveaux décors lumineux de l’une des principales artères commerçantes de Montréal. En plus de diffuser la magie du temps des fêtes, Les lumières sur Peel rendent un merveilleux hommage aux Premières Nations qui ont habité ces lieux bien avant nous, ainsi qu’aux animaux qui représentent le système du clan Rotinonhsión:ni.

Une communauté impliquée

La tortue, symbole de persévérance, le loup, qui représente la loyauté, et l’ours, qui renvoie l’image de la force, se retrouvent au cœur des installations lumineuses conçues par ISM Art et design. La SDC a demandé la collaboration de la communauté mohawk de Kahnawake, qui est la plus proche de Montréal. « On leur a demandé s’ils pouvaient nous raconter leur histoire et nous expliquer la symbolique des animaux qui représentent les trois clans de la nation mohawk », explique Cristina d’Arienzo, directrice des opérations pour la SDC Montréal centre-ville, qui a entrepris le projet avec la SDC du centre-ville de Montréal l’été dernier.

« Plutôt que de prendre la parole à leur place, on voulait s’assurer que les Premières Nations soient informées du projet et que celui-ci corresponde au message qu’ils voulaient envoyer », renchérit Aurélie Arnaud, conseillère en relations gouvernementales et municipales, responsable du dossier de la stratégie de réconciliation auprès de la ville de Montréal. « On a organisé une rencontre avec des chefs du conseil de bande de Kahnawake. Ça a permis de mieux orienter le projet en lui donnant une assise culturelle plus forte. »

Une histoire méconnue

Fruits de cette étroite collaboration, les décors de la rue Peel mettent en lumière la riche histoire des lieux en revisitant les traditionnelles illuminations de Noël. Constitués de points lumineux, les visages des animaux renvoient à la conception très imagée du ciel étoilé qu’avaient les peuples autochtones du Canada. Chaque animal a, par ailleurs, été placé au centre d’un cadre rectangulaire lumineux qui épouse la forme que l’on retrouve sur la fameuse ceinture de Hiawatha, symbole de la confédération iroquoise.

Au-delà des lumières, l’idée est de se pencher plus en profondeur sur une histoire souvent méconnue, à l’aide de codes QR qui renvoient à des plateformes informatives. « C’est une opportunité très intéressante de permettre aux gens d’en apprendre plus sur notre communauté, l’histoire et l’origine des clans », souligne Kahsennenhawe Sky-Deer, la cheffe du conseil de bande de Kahnawake qui a participé au projet. « Notre nation se trouve juste à côté, à la sortie du pont Mercier, de l’autre côté du fleuve Saint-Laurent, et pourtant, peu de gens connaissent notre histoire. »

Une première étape

Programmée du 15 novembre au 15 février, l’illumination de la rue Peel s’inscrit dans un projet plus large qui dépasse le simple temps des fêtes. « C’est une belle première étape, l’objectif étant par la suite de mettre en valeur les découvertes archéologiques de la rue Peel à travers le mobilier urbain », explique Aurélie Arnaud. « Ce projet s’inscrit dans l’objectif de réconciliation de la ville de Montréal. Il s’agit de travailler directement avec les Premières Nations pour mettre de l’avant l’histoire millénaire du territoire de l’île. »

Avant de découvrir les projets développés dans le cadre du chantier de réaménagement de la rue Peel, il était essentiel de ramener la magie de Noël au centre-ville, particulièrement en ces temps difficiles. Avec ces installations aussi instagrammables que chargées d’histoires, Les lumières sur Peel répondent certainement à ce besoin. « C’est une belle occasion d’amener les gens à venir se promener au centre-ville, souligne Aurélie Arnaud. On espère aussi qu’ils vont profiter de ces nouveaux luminaires pour en apprendre plus sur l’histoire de la ville. »

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