En octobre, Montréal est orgue

Avec la baisse de la pratique religieuse, peu de Québécois ont l’occasion d’entendre celui que l’on qualifie souvent de roi des instruments. Le Concours international d’orgue du Canada (CIOC), établi à Montréal, s’est donné comme mission, notamment avec ses rendez-vous automnaux, de mieux faire connaître cet instrument hors du commun.

« Le CIOC est beaucoup plus qu’un concours », affirme d’emblée Jean-Willy Kunz, directeur artistique de l’organisation depuis trois ans. En plus des différentes épreuves éliminatoires qui commencent ce jeudi à l’église de l’Immaculée-Conception pour se terminer par la finale à la Maison symphonique le 22 octobre, le concours organise une dizaine d’évènements dans la grande région montréalaise.

Certains membres du jury, mais aussi le gagnant de l’édition 2014, le Britannique David Baskeyfield, se produiront dans des lieux emblématiques comme l’oratoire Saint-Joseph, la chapelle du Grand Séminaire de Montréal et l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus.

« L’orgue est indissociable du lieu qui l’héberge. Il y a vraiment un lien entre la musique et l’architecture. Le fait d’organiser des concerts dans 10 lieux différents permet au public de jeter un autre regard sur nos églises, de faire en quelque sorte du tourisme musical. »

— Jean-Willy Kunz, directeur artistique du CIOC

Mais comment rejoindre ceux qui pourraient être réticents à entrer dans un lieu de culte ? Les organisateurs du concours ont eu l’idée, pendant la pandémie, de construire une « Bach-mobile », un orgue numérique installé sur une remorque pouvant être transportée n’importe où, notamment à l’extérieur de l’île de Montréal.

Lors des prestations de la Bach-mobile, « on voit le public qui rajeunit, les enfants avec des étoiles dans les yeux d’entendre et de voir une ou un organiste jouer d’un instrument hors norme, se félicite le directeur artistique. Grâce à cet instrument, on sort l’orgue de l’église, on sort l’église de l’orgue, et on propose au public un répertoire encore plus varié. »

Il n’est toutefois pas question de négliger le patrimoine organistique montréalais, reconnu mondialement. C’est pourquoi M. Kunz assure avoir « toujours cette idée derrière la tête de faire venir ensuite les gens dans une église ou dans une salle de concert pour entendre un vrai orgue à tuyaux ».

Les nouvelles technologies sont essentielles pour rejoindre de nouveaux publics. Dans le cadre du présent concours, l’organisation s’est adjoint les services d’un organiste influenceur états-unien qui parlera des bons coups du festival à ses milliers d’abonnés. Plusieurs évènements seront également diffusés en direct sur Facebook et YouTube.

Retour du concours

En ce qui concerne le concours comme tel, qui se tient tous les trois ans, il a dû être reporté d’un an en raison de la COVID-19. Les quarts de finale ont également été tenus en format numérique, contrairement à la tradition du CIOC.

« Les 16 finalistes ont vraiment joué le jeu. Personne ne s’est désisté. Tout le monde a fait preuve d’une grande flexibilité, d’une grande compréhension. »

— Jean-Willy Kunz, directeur artistique du CIOC

Fondé en 2008 par John Grew, ancien titulaire de la classe d’orgue de l’Université McGill, et l’homme d’affaires philanthrope Noël Spinelli, le concours est maintenant bien établi dans le milieu classique. « On est, à ma connaissance, l’un des – sinon le – concours d’orgue qui offre le plus gros montant d’argent » à l’échelle mondiale, affirme M. Kunz.

Il est vrai qu’avec un premier prix de 25 000 $ (assorti de l’enregistrement d’un disque chez Atma et d’une entrée dans une grande agence artistique américaine) et un total de 125 000 $ si on additionne le total des bourses, le CIOC joue dans les ligues majeures.

Mais ce n’est pas qu’une question de gros sous. « On s’assure que nos lauréats auront un bon début de carrière. On est presque une agence de jeunes artistes, sans utiliser le terme », souligne le responsable.

Symphonie à prix d’ami

Envie d’entendre la relève symphonique à petit prix ? L’Orchestre de l’Université de Montréal se produira à la salle Claude-Champagne le samedi 16 octobre à 19 h 30 sous la direction de Jean-François Rivest. Ce sera l’occasion d’entendre la Symphonie no 7 de Sibelius, en un seul mouvement, mais également le Concerto pour violoncelle no 2 de Chostakovitch avec Thomas Chartré et une création pour basson et orchestre d’un doctorant en composition.

L’Everest du violoncelle en deux concerts

Les six suites de Bach constituent le sommet absolu de la littérature pour violoncelle. Composées dans six tonalités différentes, elles comprennent chacune plusieurs danses stylisées (sarabande, menuet, gigue, etc.) exigeant une grande virtuosité et une indéniable profondeur musicale de la part de l’interprète. La violoncelliste montréalaise Elinor Frey, nommée interprète de l’année lors des derniers Prix Opus, les jouera en deux concerts le dimanche 17 octobre à 11 h et 15 h à la Chapelle historique du Bon-Pasteur.

Tapis rouge pour l’OSL

Alain Trudel dirige l’Orchestre symphonique de Laval depuis maintenant 15 ans. Pour célébrer cet anniversaire, l’ensemble se produira à la Maison symphonique le 2 novembre à 19 h 30 dans deux chefs-d’œuvre orchestraux du XXe siècle, les Danses de Galánta de Kodály et les Métamorphoses symphoniques sur un thème de Weber de Hindemith. Ce sera également l’occasion d’assister à la création, par Robert Langevin, ancien membre de l’Orchestre philharmonique de New York, du Concerto pour flûte du compositeur montréalais Airat Ichmouratov.

Retour d’une star du violon à Montréal

Qui de mieux pour célébrer le centenaire de la naissance d’Astor Piazzolla que le violoniste Gidon Kremer et son ensemble Kremerata Baltica, qui ont contribué à faire connaître la musique du compositeur argentin au disque ? Quatre ans après sa dernière visite dans la métropole, le musicien letton sera l’hôte de la salle Bourgie le 3 novembre à 19 h 30 pour un programme très original mêlant la musique de Piazzolla à celle de Bach.

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