Flambée de cas de covid-19

Le Texas appuie sur le frein du déconfinement

Faisant face comme plusieurs de ses voisins à une flambée des cas de coronavirus, le Texas a suspendu jeudi son processus de déconfinement en cours, un changement d’attitude face au virus dans un État jusqu’ici chantre de la réouverture.

Dans le grand État du sud des États-Unis, la barre des 5000 nouveaux cas a été franchie deux jours de suite et le nombre des hospitalisations a plus que doublé en deux semaines, passant de 2008 le 11 juin à 4389 ce jeudi.

Le Texas est l’un des premiers États américains à avoir rouvert son économie. Dès le 1er mai, les restaurants, centres commerciaux et magasins avaient pu rouvrir à capacité réduite. Les bars et les salons de coiffure et de soins esthétiques leur avaient emboîté le pas dans les semaines suivantes.

« En tant qu’État, la dernière chose que nous voulons est retourner en arrière et fermer les commerces », a déclaré jeudi le gouverneur Greg Abbott dans un communiqué, mais « cette pause temporaire va aider notre État à contenir la propagation ».

Une mesure qui n’affectera pas l’ouverture actuelle des restaurants, à 75 % de leur capacité, ni des bars, ouverts à 50 %.

Le gouverneur républicain du Texas a exhorté ces derniers jours les habitants à respecter les consignes de distanciation physique et à porter des masques, qu’il n’a pourtant jamais rendus obligatoires.

Pour garantir « un nombre suffisant de lits disponibles pour traiter les patients atteints de la COVID-19 », le gouverneur du Texas a également mis en pause à compter de vendredi les opérations chirurgicales non indispensables dans les grandes villes comme Houston, Austin et San Antonio.

« Un choix désagréable »

Pour le professeur de santé publique à Harvard Barry Bloom, interrogé par l’AFP jeudi lors d’un breffage avec des journalistes, il se peut que le Texas « doive fermer certaines des choses qu’il avait rouvertes », « un choix désagréable pour un gouvernement d’un point de vue politique ».

De 5 à 8 % de la population américaine a été contaminée par le coronavirus causant la COVID-19, ont estimé jeudi les autorités de santé américaines sur la base de tests sérologiques. Plus de neuf Américains sur dix restent donc susceptibles d’être contaminés et la pandémie est loin d’être enrayée dans le pays, surtout dans les États du Sud et de l’Ouest.

Le Texas, l’Arizona, la Floride et la Californie ont pris le relais du nord-est des États-Unis et affichent à leur tour des chiffres en forte hausse, poussant les autorités locales à changer leur attitude face au virus.

Le gouverneur démocrate du Nevada, Steve Sisolak, a ainsi annoncé mercredi rendre le port du masque obligatoire dans tous les espaces publics, y compris les casinos de Las Vegas qui ont rouvert début juin.

La Floride touristique et républicaine a également enregistré mercredi un nouveau record de nouvelles infections (5508). Depuis mardi, le port du masque a été rendu obligatoire dans la grande ville balnéaire de Miami et une dizaine de villes de la région.

Le maire démocrate de Los Angeles, Eric Garcetti, s’est dit « inquiet » de la situation jeudi sur un plateau de télévision, précisant que 40 % des nouveaux cas concernaient des personnes âgées de 18 à 40 ans.

« Ce virus est tout aussi dangereux aujourd’hui que lorsqu’il est apparu », a-t-il déclaré. « Il s’en prend à notre épuisement, il attaque quand nous devenons paresseux, quand nous sommes divisés. »

Mercredi, plus de 35 900 nouveaux cas de coronavirus ont été recensés en 24 heures aux États-Unis, portant le nombre total d’infections sur le sol américain à près de 2,4 millions.

États-Unis

Plus d’un million de chèques de relance envoyés à… des morts

Le cafouillage de l’administration Trump se chiffre à près de 2 milliards de dollars

L’administration Trump a envoyé par erreur des chèques d’aide gouvernementale à plus d’un million de morts, a indiqué une agence indépendante dans un rapport transmis au Congrès publié jeudi.

« Selon l’inspecteur général du Trésor pour l’administration fiscale, au 31 mai, près de 1,1 million de paiements totalisant près de 1,4 milliard de dollars [environ 1,9 milliard CAN] ont été versés à des personnes décédées » faute de fichiers à jour, explique-t-elle.

Pour leur défense, les responsables du Trésor interrogés ont indiqué avoir dû agir dans la précipitation, puisqu’ils avaient obligation de verser l’argent « le plus vite possible », en quelques semaines.

Le Government Accountability Office a procédé à un examen approfondi de la réponse du gouvernement fédéral à la pandémie de COVID-19.

L’administration américaine est accusée de cafouillage dans la distribution de l’aide d’urgence, certains foyers ne correspondant pas aux critères d’attribution l’ayant reçue.

L’agence précise qu’en vue d’aider les ménages, l’agence du gouvernement fédéral qui collecte les impôts sur le revenu et les taxes diverses (Internal Revenue Service ou IRS), ainsi que le Trésor, ont distribué quelque 160 millions de paiements totalisant 269,3 milliards US (environ 367 milliards CAN), dont 1,4 milliard US (environ 1,9 milliard CAN) versés à des morts.

Le Congrès avait adopté fin mars un énorme plan d’aide d’urgence de plus de 2000 milliards US, appelé CARES Act, destiné à atténuer l’impact économique de la pandémie pour les travailleurs et les entreprises américaines les plus vulnérables.

Procédures de 2008

Acculés par le temps, « les responsables du Trésor ont déclaré que pour les trois premiers lots de paiements, le Trésor et l’IRS ont utilisé un grand nombre des procédures opérationnelles développées en 2008 (pendant la Grande Récession) pour les paiements de relance, qui n’incluaient pas l’utilisation des registres de décès [de la sécurité sociale] comme filtre pour interrompre les paiements aux personnes mortes », précise le rapport.

La loi prévoit que les paiements sont effectués sur la base de leurs déclarations de revenus de 2018 ou 2019, ou en remplissant une simple déclaration de revenus.

Les particuliers gagnant jusqu’à 75 000 US annuels ont reçu des chèques de 1200 $, et 2500 $ pour les couples gagnant jusqu’à 150 000 $ en produisant une déclaration de revenus commune. Les familles peuvent aussi se voir attribuer 500 $ de plus par enfant.

Les paiements étaient ensuite dégressifs pour ceux qui gagnaient plus de 75 000 $ avec un plafond de revenus de 99 000 $ par personne ou 198 000 $ pour les couples.

Chine

Des sanctions pour défendre l’autonomie de Hong Kong

Le Sénat des États-Unis a approuvé jeudi à l’unanimité un texte qui prévoit des sanctions automatiques contre les responsables chinois qui violent les obligations internationales de la Chine en faveur de l’autonomie de Hong Kong. Cette proposition de loi doit encore passer le cap de la Chambre des représentants puis être promulguée par le président Donald Trump pour entrer en vigueur. Mais elle a été promue et soutenue à la fois par les républicains et les démocrates, désireux de renforcer la pression sur Pékin au-delà des mesures déjà annoncées par le gouvernement américain depuis que la Chine a annoncé une loi sur la sécurité dans l’ex-colonie britannique. Le texte du Sénat permettrait à Washington de sanctionner toute entité ou personne qui contribue matériellement à la violation des obligations chinoises. Ses auteurs citent l’exemple de « dirigeants du Parti communiste chinois responsables de l’imposition d’une loi sur la sécurité nationale à Hong Kong », ou encore d’unités de police impliquées dans la répression de manifestants hongkongais. « Il est important de faire quelque chose qui montre au gouvernement chinois que s’il continue sur cette voie, il en paiera le prix », a déclaré le sénateur démocrate Chris Van Hollen, l’un des auteurs de la proposition de loi.

— Agence France-Presse

Pas de quarantaine pour Trump dans le New Jersey

La Maison-Blanche a indiqué mercredi que Donald Trump se rendrait comme prévu ce week-end dans le New Jersey en dépit des recommandations de quarantaine pour toute personne ayant voyagé dans un État où les chiffres de la COVID-19 sont en hausse. « Le président n’est pas un civil », a indiqué Judd Deere, porte-parole de l’exécutif, interrogé sur le cas spécifique du président qui s’était rendu mardi en Arizona, l’un des États où les indicateurs sont au rouge. « Concernant l’Arizona, la Maison-Blanche a suivi sa procédure sur le coronavirus pour s’assurer que le président n’entre pas en contact avec une personne qui a eu des symptômes ou qui n’a pas été testée », a-t-il poursuivi. « Toute personne voyageant avec le président ce week-end sera testée et suivie de près concernant d’éventuels symptômes et ne posera par conséquent aucun risque pour les populations locales », a-t-il ajouté. Donald Trump doit se rendre ce week-end dans son club de golf de Bedminster, dans le New Jersey, avec, comme chaque fois que le président se déplace, des conseillers et un groupe de journalistes. Les gouverneurs du New Jersey, de l’État de New York et du Connecticut, Phil Murphy, Andrew Cuomo et Ned Lamont, ont annoncé mercredi la mise en place d’une quarantaine de 14 jours pour les personnes s’étant rendues dans des États où les taux d’infection sont en hausse.

— Agence France-Presse

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