Mine

Main-d’œuvre : avez-vous le goût de l’aventure ?

Plus de la moitié (55 %) des entreprises travaillant dans l’exploration minière prévoient embaucher d’ici 2024, selon une étude de l’Association de l’exploration minière du Québec. Géologues, foreurs, manœuvres, ingénieurs miniers et administrateurs figurent dans la liste de la main-d’œuvre convoitée. Comment attirer les jeunes dans un secteur au pouvoir d’attraction limité et aux prises avec un taux de roulement de 57 % ?

Recruter dans les régions

Valérie Fillion, directrice générale de l’Association de l’exploration minière du Québec (AMEQ), admet que certaines caractéristiques des métiers liés à l’exploration minière, comme les horaires atypiques, la nature cyclique de l’industrie, les conditions de travail exigeantes et l’éloignement, peuvent déplaire aux futurs candidats.

« Notre bassin potentiel de relève se situe surtout dans les régions minières ou forestières comme La Tuque parce que les travailleurs ont déjà une idée de ce qui les attend. Lorsqu’on vient de Montréal, il faut être prêt à s’intégrer à une vie de région. Cela veut dire aimer la nature, le travail d’équipe, être autonome et ne pas être ennuyeux. »

– Valérie Fillion, directrice générale de l’Association de l’exploration minière du Québec

Si les formations typiques au domaine minier sont offertes à Val-d’Or et à Chibougamau, les formations universitaires sont surtout offertes dans les grands centres. « Le personnel en exploration minière est fortement instruit. Près de 60 % des travailleurs ont un diplôme universitaire. Ce qui veut dire que les jeunes doivent aller étudier en ville pour ensuite revenir en région pour travailler », explique Valérie Fillion.

Vouloir « voir plus grand »

Ces défis n’ont pas rebuté Valérie Roy, diplômée en géologie depuis deux ans. La jeune femme de 31 ans a exercé mille et un métiers, dont ceux d’agente de bord, d’assistante-opticienne et de technicienne de scène, avant de plonger. « Je me cherchais beaucoup, j’ai même fait des cours à l’École des beaux-arts. C’est à la suite d’un reportage sur la formation de la Terre et des volcans que je me suis dit que cela pourrait être une avenue à envisager parce que j’aimais aussi beaucoup les sciences. »

Originaire de Joliette et ayant résidé longtemps à Montréal, elle ne connaissait rien de cet univers, mais l’urbaine a quand même fait le saut. Après un an de sciences pures à l’université et un certificat en géologie appliquée, elle a décidé de poursuivre au baccalauréat en sciences de la Terre et de l’atmosphère, concentration géologie.

« C’est un domaine tellement vaste. Je voulais voir plus grand et comprendre comment tout ce qui nous entoure a pu se former tout seul. Une seule roche nous en apprend tellement sur notre planète. »

– Valérie Roy, géologue

Au cours de ses études, elle a réalisé quatre stages qui lui ont permis de toucher au travail de terrain et d’avoir un aperçu des possibilités qui s’offraient à elle. « Un de mes stages consistait à faire de la cartographie de surface dans le bois. Je peux dire que cela m’a demandé une période d’adaptation parce que je n’étais pas habituée aux ours et aux autres animaux, ainsi qu’aux moustiques et à toutes leurs variantes. Il s’agit vraiment d’un métier pour ceux qui ont le goût de partir à l’aventure et de se tenir en forme », dit-elle en riant.

Mettre en place des stratégies d’attraction

Partir à l’aventure, la géologue continue de le faire deux semaines par mois lorsqu’elle se rend tout près de Matagami travailler pour Wallbridge Mining. Son rôle ? Découvrir un possible gisement d’or. « Je suis deux semaines chez moi à Saint-Jean-sur-Richelieu et deux semaines dans le Nord. »

Ce type d’horaire de travail fait partie des multiples stratégies d’attraction qu’ont mises en place 71 % des entreprises en exploration. Parmi elles : des horaires adaptés et flexibles, l’accès à des infrastructures d’accueil et un réseau de télécommunications efficace, etc. « Les gens avec qui je travaille sont tous âgés de 20 à 35 ans et nous avons beaucoup de plaisir ensemble. Le travail représente un défi, car c’est un peu comme d’assembler en équipe des morceaux d’un immense casse-tête. Nous sommes des découvreurs et je ne m’ennuie pas du tout », dit la jeune géologue.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.