Immobilier

Un gîte avec vue imprenable sur le temps

Après 30 ans à sillonner les studios de Montréal à Cannes en tant que maquilleur de stars, Eddie Maleterre s’est imaginé devenir propriétaire d’un gîte en campagne. Quelques mois plus tard, il a croisé la route d’une maison construite en 1910 à Saint-Irénée, dans Charlevoix. Une demeure où il est en train de vivre son rêve.

Même si le maquilleur se voyait à la tête d’un gîte, son conjoint, Carl Fournier, et lui étaient loin d’éplucher les propriétés à vendre. « On est venus se balader à Saint-Irénée pour visiter des amis, on est passés devant la maison et j’aime dire qu’elle nous a sauté dessus. »

En effet, comment rester indifférent à cette demeure ancestrale rouge et blanche à deux étages, avec une vue fantasmagorique sur le fleuve, un immense terrain verdoyant et une vaste galerie pour se détendre ? « Quand on a vu la pancarte à vendre, on a regardé l’annonce Centris, on a visité le lendemain et on a déposé une offre sans trop réfléchir à si on était prêts à quitter Montréal. » Quelques jours plus tard, leur offre a été acceptée. Ils ont mis  en vente leur grand appartement montréalais, qui s’est vendu en huit jours. « Les choses se sont alignées. »

À un point tel qu’ils ont acheté la maison entièrement meublée. « On n’aurait pas fait mieux si on avait tout acheté nous-mêmes. Les meubles ont du vécu. Il y a une réelle harmonie dans le décor. » Meubles anciens préservés, planchers de bois et moulures avec une réelle personnalité, heureux mélange d’audace et de vieillot : ils sont tombés sous le charme. D’ailleurs, l’idée d’une maison clés en main les a séduits au point où ils ont offert la même chose à leurs acheteurs montréalais. « On laisse tout derrière pour changer complètement d’univers. »

De Cannes à Saint-Irénée

Un choix à l’image de la transition professionnelle de M. Maleterre, qui fut porte-parole national de L’Oréal Paris au Canada, maquilleur à Cannes, au TIFF, aux Grammy et dans plusieurs défilés et semaines de la mode. Après trois décennies, il en a eu assez. « Sans dénigrer le milieu que j’ai adoré et que je respecte encore, je me suis lassé de l’éphémère. Quand tu mets une star en beauté, elle efface tout ensuite. Quand tu te rends à un festival, ils montent un décor qui est défait après. J’avais envie de quelque chose de plus durable. »

Si son départ du milieu glamour, il y a cinq ans, a été suivi de ses débuts en peinture, de ses premières expositions et d’ateliers donnés sur la vente au détail et le service à la clientèle, il a surtout pris du temps pour lui, afin de pratiquer la méditation pleine conscience et la visualisation créatrice.

On en revient donc aux images de sa nouvelle vie.

« Je voyais le projet comme une préretraite : avoir un gîte pour faire des rencontres. La propriété n’a que trois chambres et je n’en voudrais pas plus. Je veux avoir le temps de passer du temps avec eux. »

— Eddie Maleterre, propriétaire

Histoire et modernité

Pendant que les nouveaux propriétaires habitent la portion construite il y a 10 ans, telle une grande suite d’hôtel de luxe, les invités séjournent dans la section bâtie il y a 112 ans. « La maison fut construite par le majordome du fondateur du Domaine Forget comme résidence d’été. Ensuite, elle a été vendue et revendue, utilisée comme gîte et revendue à nos acheteurs qui l’ont transformée en maison unifamiliale. »

La maison d’été a été isolée. Les planchers et le toit ont été refaits. Pour le reste, très peu a changé. Cela dit, les propriétaires n’ont pas peur de son caractère historique. « La maison a été bien entretenue depuis toujours, et les travaux ont respecté l’image de son origine. L’ex-propriétaire était méticuleux et respectueux des belles choses. »

Depuis l’ouverture du gîte en novembre 2021, plusieurs clients ont fait part à Eddie Maleterre de l’effet de la maison sur eux. « On ressent les vibrations de la propriété. Quand on s’assoit dans les chaises Adirondack et qu’on regarde le fleuve, c’est troublant tellement c’est reposant. »

Quand on lui demande s’il s’ennuie de la métropole, il répond rapidement par la négative. « Je pense que c’est la méditation qui fait ça. Je suis dans le moment présent. Vivre à Montréal a été une expérience géniale. Avant ça, j’étais à Paris et j’ai quitté la ville du jour au lendemain pour m’établir au Québec. J’ai une capacité pour le renouvellement. »

Sa nouvelle vie de propriétaire de gîte est exactement ce qu’il imaginait. « Je fais les chambres. J’entretiens l’énorme jardin. Je prépare les petits-déjeuners en faisant un maximum de choses maison (pain, yogourt, confitures, etc.) avec des produits de la région. J’adore ça ! »

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