Daher veut se relancer dès l’an prochain

La perte d’un contrat oblige la division canadienne de l’avionneur français Daher à prendre un pas de recul, mais le directeur de Daher Aérospatiale Canada planche déjà sur la reprise des activités l’an prochain. « On a le projet de créer un centre de logistique multiclients en vue de faire de la sous-traitance logistique, indique Thierry Boitier, directeur de Daher Canada. C’est quelque chose que nous voudrions bien ouvrir d’ici la fin de l’année 2022 ou en 2023. En fédérant différentes sociétés, nous pourrions avoir un bâtiment, par exemple, de 5500 mètres carrés [60 000 pieds carrés] et puis le subdiviser en cinq ou six sections selon le nombre de clients. » « On aimerait bien se placer à mi-chemin entre l’île de Montréal et Mirabel pour se rapprocher des différentes entreprises aéronautiques de Mirabel », a-t-il précisé.

— André Dubuc, La Presse

En avril et en mai

Ottawa a enregistré un surplus combiné de 5,3 milliards

Ottawa — Le déficit fédéral pourrait fondre comme neige au soleil en 2022-2023, grâce à une bonne tenue de l’économie canadienne et à un taux d’inflation élevé.

Durant les deux premiers mois de l’exercice financier actuel, le gouvernement fédéral a, contre toute attente, enregistré un surplus de 5,3 milliards de dollars, comparativement à un déficit de 23,8 milliards durant les deux premiers mois du précédent exercice, révèle la plus récente revue financière du ministère des Finances.

Il s’agit d’un revirement spectaculaire de l’état des finances publiques à Ottawa qui laisse entrevoir un déficit nettement moins important que les 54 milliards qui avaient été prévus dans le dernier budget, déposé par la ministre Chrystia Freeland le 7 avril.

Mme Freeland prévoyait alors un déficit de 52,8 milliards pour l’ensemble de l’exercice financier 2022-2023. Mais si la tendance se maintient, il pourrait fondre comme neige au soleil et atteindre seulement 16 milliards, selon Finances of the Nation, organisation qui suit de près l’évolution des finances du gouvernement fédéral et des provinces.

« Un déficit de 16 milliards serait une réduction énorme comparativement à ce que l’on prévoyait dans le budget. »

— Trevor Tombe, professeur d’économie à l’Université de Calgary, qui participe aux travaux de Finances of the Nation

Un retour à l’équilibre budgétaire paraît également envisageable après des années de budgets marqués à l’encre rouge si le gouvernement Trudeau s’astreint à une plus grande discipline budgétaire et que l’économie canadienne ne sombre pas dans une profonde récession.

Au plus fort de la crise économique provoquée par la pandémie de COVID-19, le gouvernement fédéral a enregistré un déficit record de 327 milliards en 2020-2021 afin de financer notamment les programmes d’aide d’urgence pour soutenir les familles, les travailleurs et les entreprises durant la crise sanitaire. Le déficit s’est ensuite établi à 113,8 milliards en 2021-2022.

Forte hausse des revenus

Durant les deux premiers mois de l’exercice financier actuel, le fisc fédéral a empoché 71,7 milliards de dollars en revenus, soit une hausse de 12,1 milliards (20,3 %) comparativement à la même période en 2021-2022. La fin des mesures de déconfinement et l’inflation expliquent cette forte augmentation des revenus.

Les revenus provenant de la TPS ont augmenté de 29,4 % durant les deux premiers mois de l’exercice financier comparativement à la même période du précédent exercice, passant de 7,4 milliards à 9,6 milliards. Les revenus de cette taxe, qui s’applique aux produits et aux services, sont susceptibles d’augmenter rapidement lorsque l’inflation est à la hausse. L’inflation a atteint 8,1 % en juin, un sommet en près de 40 ans.

« Les résultats financiers du gouvernement pour 2022-2023 continuent de montrer une amélioration par rapport au point le plus critique de la pandémie et au niveau sans précédent des mesures de soutien temporaire COVID-19 prises à ce moment. »

— Adrienne Vaupshas, attachée de presse de la ministre des Finances

Une source gouvernementale a toutefois souligné que durant les trois premières années au pouvoir des libéraux (2015-2016, 2016-2017 et 2018-2019), Ottawa affichait aussi un surplus en mai, mais qu’on a quand même terminé chacune de ces années en déficit étant donné que les dépenses sont généralement orientées vers la fin de l’exercice financier.

D’ailleurs, des paiements importants devant être faits d’ici la fin de l’exercice financier n’ont pas été imputés durant les deux premiers mois, notamment des paiements concernant l’apprentissage et la garde des jeunes enfants, le Fonds pour le développement des collectivités du Canada, les soins à domicile et la santé mentale, entre autres choses.

Conservateurs et bloquistes critiquent

Le Parti conservateur affirme que ces résultats financiers démontrent que le gouvernement Trudeau engrange des sommes supplémentaires sur le dos des familles qui ont de la difficulté à boucler leur budget mensuel à cause de la hausse du coût de la vie.

« C’est exactement ce que l’on appréhendait. On savait que le gouvernement allait engranger des sommes supplémentaires à cause notamment de l’inflation. C’est pour cela qu’on lui demandait d’aider les Canadiens qui doivent payer plus cher pour tout. On voulait qu’il offre un congé de TPS, qu’il offre une pause sur l’augmentation de la taxe sur le carbone. Mais il a refusé chaque fois pour payer ses dépenses incontrôlées et pour satisfaire les désirs du NPD », a déclaré le chef adjoint du Parti conservateur, Luc Berthold.

Le Bloc québécois s’est aussi montré critique. « Les libéraux qui observent l’orage inflationniste passer depuis des mois en se refusant à lever le petit doigt n’ont désormais plus d’excuses. Cet excédent budgétaire, qui s’explique en bonne partie par la hausse des revenus liés à l’inflation, prouve que le gouvernement fédéral a non seulement la marge de manœuvre requise pour adéquatement financer notre système de santé, mais a aussi les moyens de donner un peu de lest aux citoyens qui doivent plus que jamais se serrer la ceinture », a soutenu le député Gabriel Ste-Marie, porte-parole du Bloc québécois en matière de finances.

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