Sortie de zone saison 3, Épisode 1

La vie sans Carey Price

Vingt-quatre heures après le tsunami causé par l’annonce de la pause de Carey Price, que retenir de cette nouvelle ? En dehors du hockey, sa sortie a eu pour effet de faire parler de santé mentale. Sur la patinoire, cependant, on est en droit de se demander comment s’en remettra le Tricolore. La défense est-elle prête à amorcer la saison ? Comme le souligne Alexandre Pratt, le CH vient de perdre ses trois meilleurs joueurs défensifs en trois mois. Qu’en est-il du leadership ? Parlant de leadership, comment s’établit le groupe de meneurs du Kraken de Seattle, une équipe qui part de zéro ? Notre invité de la semaine, l’attaquant Yanni Gourde, passe une vingtaine de minutes avec nous. On discute de ça, mais aussi de sa vie dans une nouvelle ville.

Kraken

Yanni Gourde se plaît déjà à Seattle

Yanni Gourde se remet toujours d’une opération subie cet été à une épaule et devra regarder les premiers matchs de la première saison du Kraken en complet, du haut des loges. Ça ne l’empêche cependant pas de s’entraîner avec l’équipe, de découvrir Seattle et de faire connaissance avec ses nouveaux coéquipiers.

L’émission balado Sortie de zone, une collaboration entre le 98,5 FM et La Presse, est de retour pour sa troisième saison. Yanni Gourde s’est entretenu avec les animateurs Jérémie Rainville et Jérémy Filosa ainsi que les journalistes de La Presse Alexandre Pratt et Guillaume Lefrançois dans le cadre du premier épisode. Au menu : sa rééducation, la vie à Seattle, ses attentes pour la saison et le recours de Carey Price au programme d’aide aux joueurs de la LNH.

Gourde, qui vient tout juste de remporter la Coupe Stanley à deux reprises avec le Lightning de Tampa Bay, ne s’attendait pas à changer d’équipe au repêchage d’expansion. La nouvelle a été difficile à avaler au départ, a-t-il admis.

« Je ne m’y attendais pas beaucoup. Je pensais qu’Ondrej Palat et qu’Alex Killorn avaient peut-être plus de chances d’être repêchés. J’étais très flatté de savoir que c’était moi. À partir du moment où j’ai été repêché, j’ai été super excité de l’expérience que j’allais vivre. »

Une expérience qui est déjà bien entamée. À l’écouter parler, l’attaquant de 29 ans est bien heureux dans sa nouvelle vie, lui qui s’est établi en banlieue de Seattle.

« Je suis allé voir les Seahawks jouer, a-t-il dit. C’est une ville de sport et l’ambiance dans le stade est exceptionnelle. J’ai tellement hâte de voir de quoi l’ambiance va avoir l’air dans le Climate Pledge Arena. Ça va être vraiment tripant. »

« La ville a vraiment l’air prête à recevoir une équipe de hockey. Honnêtement, l’organisation est exceptionnelle et la ville est super belle. On est vraiment bien traités jusqu’à présent. L’engouement derrière l’équipe est vraiment présent. Ça va être tellement excitant cette année. »

— Yanni Gourde

Même si plusieurs joueurs du Kraken sont des vétérans de la grande ligue, ils sont tous nouveaux au sein de l’organisation. Qui donc joue un rôle de meneur dans le vestiaire ? a demandé Alexandre Pratt.

« Il y a beaucoup de joueurs qui prennent le lead, a répondu Gourde sans toutefois citer de noms. En arrivant, tout le monde est devenu vraiment proche parce qu’on connecte tous à ce niveau-là. »

Le Québécois a raconté avoir profité d’un match hors concours pour inviter chez lui les 13 joueurs qui n’étaient pas en uniforme. Ils ont soupé et regardé le match ensemble ; une belle façon de faire connaissance.

« Honnêtement, je m’entends bien avec tout le monde, c’est super facile, a-t-il indiqué. On est tous des gars pareils : on est des joueurs de hockey dans une nouvelle ville. On tripe tous ensemble. Ce n’est pas difficile de se faire des chums. »

Trouver une identité

À leur arrivée dans le circuit en 2017, les Golden Knights de Vegas ont atteint la finale de la Coupe Stanley. Questionné pour savoir ce qui constituerait une saison respectable pour le Kraken, Yanni Gourde est resté prudent, tout en se montrant convaincu qu’il verra son club tirer son épingle du jeu.

« Moi, honnêtement, ce que je veux, c’est qu’on soit une équipe compétitive, qu’on trouve une identité et qu’on joue dans cette identité. Une fois qu’on aura trouvé ça, on va être une équipe difficile à affronter. Mais je ne veux pas qu’on se mette des attentes. On a un très bon club. »

— Yanni Gourde

« Le but, c’est sûr que c’est de faire les séries éliminatoires. Une fois que tu es en séries, tout est possible. C’est ça, l’objectif. »

On le disait plus tôt : le numéro 37 se remet encore d’une opération à une épaule. Il s’entraîne néanmoins avec ses coéquipiers depuis le début du camp d’entraînement. Et depuis lundi, il a rangé le chandail rouge qui l’empêchait de jouer avec contacts.

La saison passée, sa quatrième complète dans le circuit Bettman, Gourde a amassé 36 points en 56 matchs avec le Lightning. Cette année, le natif de Saint-Narcisse-de-Beaurivage veut jouer dans son identité, simplement.

« Ils m’ont repêché pour une raison, et je pense que c’est parce que j’apporte mon énergie, a-t-il dit. La façon dont je joue, sans relâche… C’est ce que je vais apporter à l’équipe. Si je suis capable d’apporter plus d’offensive, c’est tant mieux, mais je ne veux pas me mettre trop de pression pour ça. »

Le Kraken disputera son premier match de saison régulière mardi prochain, à Vegas, contre les Golden Knights, sans Gourde dans son alignement. L’équipe ne jouera pas à domicile avant le 23 octobre.

« L’important, c’est de s’écouter »

La LNH a annoncé jeudi que le gardien numéro 1 du Canadien, Carey Price, intégrait le programme d’aide de la LNH et de l’Association des joueurs. La nouvelle a secoué tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au hockey professionnel. Même les joueurs eux-mêmes.

« Oui, ça fait jaser, mais pour les bonnes raisons, estime Yanni Gourde. Je pense que tout le monde réalise à quel point c’est difficile, et il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide parce que justement, on vit dans un sport qui est très exigeant et il n’y a pas de gêne à demander de l’aide quand on en a besoin. »

« Souvent, c’est plus facile de trouver des solutions ensemble, a-t-il ajouté. On a beaucoup d’aide avec la ligue et les organisations pour nous aider à naviguer un peu là-dedans. Ce que Carey fait, c’est qu’il met sa personne en premier, et je pense que c’est très important dans le milieu du sport. »

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