Rentrée scolaire

Des centaines de milliers d’élèves sans transport scolaire ?

Des centaines de milliers d’élèves pourraient être privés de transport scolaire pour la prochaine rentrée scolaire, en raison de négociations toujours en cours entre des transporteurs et des centres de services scolaires. Une situation qui risque d’imposer de nombreux bouleversements pour des familles et des parents à travers le Québec.

« Les transporteurs scolaires ne sont pas différentes des autres secteurs : on compose avec une hausse d’au-delà de 50 % du prix du carburant, on manque de main-d’œuvre, et nos postes budgétaires ont explosé au fil des cinq dernières années. Si on veut embaucher de nouveaux chauffeurs et maintenir ceux en place, il faut que ça change », affirme le PDG de la Fédération des transporteurs par autobus (FTA), Luc Lafrance.

Son groupe estime à environ 1500 le manque en chauffeurs scolaires actuellement. Ceux-ci gagnent en moyenne 20 000 $ annuellement. Les négociations sur le renouvellement de leurs conditions de travail achoppent depuis déjà plusieurs mois avec le gouvernement.

D’après nos informations, la situation serait « particulièrement critique » à Montréal, dans Lanaudière, dans les Laurentides, en Montérégie et en Outaouais, les négociations ne semblant pas progresser dans plusieurs établissements, la plupart des contrats de travail étant venus à échéance à la fin du mois de juin.

La FTA réclame des augmentations de tarifs allant de 20 à 25 %, afin de pallier les nouvelles réalités inflationnistes. Bon an mal an, les transporteurs scolaires déplacent environ 500 000 élèves, matin et soir. La FTA estime « qu’au moins » 60 % de ces jeunes pourraient être « pénalisés » si les négociations n’aboutissent pas, ce qui représente environ 300 000 élèves.

Des parents inquiets

Si le transport scolaire n’est pas fonctionnel à la rentrée, Melissa Ryan n’aura pas d’autres choix que de faire l’école à la maison avec le fils de son conjoint. « Mes enfants sont à l’école à côté de la maison donc ils marchent, mais lui est dans une école spécialisée à Montebello », explique-t-elle.

Cette école se trouve à une vingtaine de minutes de route de leur résidence, à Saint-André-Avellin. « On a seulement qu’un véhicule et mon conjoint travaille à une heure de la maison. S’il doit travailler juste quatre heures par jour [pour aller reconduire son fils] nous n’y arriverons pas », se désole Mme Ryan.

Julie Lagassé est aussi préoccupée par la nouvelle. Sa fille de 10 ans, Maude, utilise le transport scolaire depuis la maternelle pour se rendre à l’école du Bois-Joli, à Gatineau. Puisqu’elle est en classe spécialisée, elle ne fréquente pas son école de quartier. « J’ai aucune idée comment je vais faire pour aller la porter et surtout la chercher. Je travaille de 7 h à 16 h 30 chez moi, car j’ai un service de garde », dit Mme Lagassé.

De son côté, Sandra Robichaud a lâché quelques jurons en apprenant les possibles bris de service. « C’est sûr qu’avec le travail on va devoir les mettre en service de garde. Ce que l’on ne faisait pas l’année dernière », dit-elle.

Ses enfants, qui sont en 1re et 4année du primaire, utilisent le transport scolaire depuis leur entrée à la maternelle. Si le transport scolaire s’avère absent à la rentrée scolaire, elle devra les reconduire à leurs écoles respectives. « Il va falloir modifier la routine c’est sûr », dit-elle.

Olivier Laforme, président du Conseil d’établissement de l’école Fleur-de-Vie, à Laval, se trouve dans la même situation. « Il est possible que ma fille n’ait pas d’autobus », laisse-t-il tomber. Pour compenser, le père de famille, aussi représentant au Comité de parents de Laval, devra également reconduire sa fille à l’école. « En juin, au comité de parents, nous savions que les contrats de transport n’étaient pas encore conclus », dit-il. Il estime que le gouvernement doit mettre plus d’argent pour le transport scolaire. « C’était à prévoir. Les compagnies d’autobus subissent le manque de main-d’œuvre, l’inflation et la hausse de l’essence », conclut-il.

Un blogueur antiféministe reconnu coupable d’avoir fomenté la haine

Le blogueur antiféministe Jean-Claude Rochefort a été reconnu coupable vendredi d’avoir fomenté la haine contre les femmes.

En 2019, l’homme de 73 ans a louangé le tueur Marc Lépine dans des publications parues avant les commémorations du féminicide de masse de Polytechnique. Dans l’un de ses blogues, il invitait à célébrer « la fête de Saint-Marc-Lépine », puis encourageait les « disciples » de Marc Lépine « à polir leur carabine ». Selon l’accusé, Marc Lépine avait « redonné de la dignité aux hommes ».

Dans d’autres publications, M. Rochefort glorifiait aussi un personnage fictif de son invention nommé Ulrich, qu’il présentait comme le fils de Dieu et un tueur de femmes. D’autres encore incluaient des montages photographiques et d’autres illustrations mettant en scène Marc Lépine, des armes et des femmes démembrées.

Le juge Pierre Labrie, de la Cour supérieure, s’est longuement attardé sur ces publications dans sa décision de 42 pages rendue au palais de justice de Montréal, citant des passages particulièrement violents. Il n’a pas cru le témoignage de l’accusé, qui prétendait que ces publications étaient exagérées, représentaient de la satire et de la dérision, et visaient les féministes plutôt que les femmes en général.

« Le Tribunal est d’avis qu’une personne raisonnable […] conclurait que ces publications fomentent la haine », peut-on lire dans le jugement. Celles-ci « suscitent des émotions intenses et extrêmes qui sont clairement associées à la calomnie et à la détestation. Il s’agit plus que de simples encouragements ».

Lectorat important

Le juge a également insisté sur le caractère délibéré de l’entreprise. Selon M. Rochefort, environ 60 000 lecteurs suivaient son blogue en octobre 2019, dont beaucoup d’« incels », des célibataires involontaires au discours misogyne et souvent violent.

« M. Rochefort savait donc à qui s’adressaient ses textes », a écrit le juge Labrie. L’accusé « ne pouvait pas ignorer que, par ses déclarations, il fomentait volontairement la haine contre les femmes ».

Vigilance face à la « propagande haineuse »

« Ce que [le jugement] démontre, c’est qu’on est 30 ans après la tuerie de Polytechnique et qu’il est toujours d’actualité et nécessaire de pénaliser la propagande haineuse », a déclaré à la sortie de l’audience MRoxane Laporte, procureure du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) dans ce dossier.

Les représentations sur la sentence de M. Rochefort devraient avoir lieu le 5 octobre prochain. Fomenter volontairement la haine est passible d’un emprisonnement maximal de deux ans, mais MLaporte n’a pas voulu s’avancer sur ce que la poursuite allait réclamer. « On va penser à la question », a-t-elle simplement répondu, soulignant qu’il s’agit d’une infraction qui « ne vise pas simplement une victime, mais vise une collectivité ».

L’avocat de la défense, MRodolphe Bourgeois, et son client n’ont pas souhaité faire de commentaire après la lecture du jugement.

COVID-19

Les deux tiers des Québécois sont à la fois vaccinés et ont été infectés

Plus de la moitié des Québécois sont à la fois vaccinés et ont été infectés par la COVID-19. Malgré cette protection, la province n’est pas à l’abri de nouveaux variants qui pourraient « causer des perturbations importantes », selon les plus récentes prévisions de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et de l’Université Laval.

À l’heure actuelle, la majorité des Québécois (environ 65 %) présente une immunité hybride contre la COVID-19, ce qui signifie qu’ils sont à la fois vaccinés et qu’ils ont été infectés par le virus.

« Cette immunité agit comme un bouclier qui confère une bonne protection contre les infections, les complications graves et les hospitalisations », explique Marc Brisson, directeur du Groupe de recherche en modélisation mathématique et en économie de la santé liée aux maladies infectieuses de l’Université Laval, dans le rapport paru jeudi.

Ces personnes profitent également d’une meilleure protection contre les infections futures que celles qui sont uniquement vaccinées (immunité vaccinale) ou celles qui ont été infectées sans être vaccinées (immunité naturelle).

« L’ampleur des prochaines vagues dépendra, en partie, du maintien de ce bouclier face aux nouveaux variants. Or, il est actuellement impossible de prédire quand un nouveau variant, autre que BA.4 ou BA.5, pourrait arriver au Québec et quelles seraient ses caractéristiques », indique M. Brisson.

Gare aux nouveaux variants

Selon les prévisions, l’évolution de l’épidémie dans les prochains mois dépendra principalement du maintien de cette immunité hybride, mais également des caractéristiques de nouveaux variants potentiels.

En effet, l’automne et la période des Fêtes sont des périodes propices à une recrudescence des cas en raison d’une augmentation des contacts. Si un nouveau variant qui échapperait à l’immunité hybride fait son apparition, il pourrait causer une recrudescence des cas considérable, au point de surpasser celui de la vague Omicron.

« Même si les nouveaux variants sont moins sévères, le nombre important de cas pourrait causer des perturbations importantes dans la société et des pressions sur le système de santé », indique Patricia Hudson, directrice scientifique de la Direction des risques biologiques à l’Institut national de santé publique du Québec, par voie de communiqué.

Baisse des hospitalisations

Par ailleurs, le Québec a rapporté vendredi une baisse de 56 hospitalisations liées à la COVID-19 et 18 décès supplémentaires.

La province a également enregistré 1154 nouveaux cas, pour une moyenne quotidienne de 1055 cas au cours de la dernière semaine. Notons que ces données ne reflètent toutefois qu’une partie des infections totales en raison de l’accès limité aux tests de dépistage par PCR.

En ce moment, 4334 travailleurs de la santé sont absents pour des motifs liés à la COVID-19, une baisse de 12 personnes par rapport à la veille.

Au cours des 24 dernières heures, 10 563 doses de vaccin ont été administrées. Un peu plus de 91 % de la population de 5 ans et plus a jusqu’ici reçu au moins une dose, 56 %, trois doses et à peine 19 %, quatre doses.

Est de Montréal

Deux arrestations lors d’une importante opération policière

Une opération policière majeure a été menée vendredi matin pour retrouver des suspects en cavale en lien avec plusieurs coups de feu tirés à Rivière-des-Prairies la nuit précédente. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a arrêté deux des quatre individus soupçonnés d’être impliqués dans ce nouvel épisode de violence où plus de 30 projectiles ont été tirés.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, vers minuit, une femme de 25 ans a été atteinte par balle alors qu’elle se trouvait sur le boulevard Maurice-Duplessis, près de la 27Avenue, à Rivière-des-Prairies. Elle se dirigeait vers un restaurant à bord d’un véhicule avec un homme, qui n’a pas été blessé.

Plusieurs suspects, à pied, ont fait feu. Selon nos informations, plus d’une trentaine de douilles ont été retrouvées sur la scène.

Les patrouilleurs ont ensuite repéré un véhicule suspect et une vaste opération policière s’est aussitôt enclenchée. Après un accident de la route, les quatre suspects qui se trouvaient à l’intérieur de la voiture ont pris la fuite à pied.

Deux d’entre eux ont déjà été arrêtés. Il s’agit de deux hommes âgés de 18 et 23 ans, membres d’une clique liée à Zone 43, un gang de rue du nord-est de Montréal, nous rapportent nos sources.

Suspect lourdement armé

Au passage de La Presse, on pouvait toujours apercevoir la voiture suspecte grandement endommagée après l’accident. Dans le véhicule, les policiers ont retrouvé un gilet pare-balles, une arme à feu et au moins un chargeur, selon nos informations.

L’évènement pourrait être lié aux fusillades de mercredi, selon nos sources.

La présence policière vendredi matin s’étendait sur un large quadrilatère compris entre le boulevard Métropolitain, l’avenue Marien, le boulevard Henri-Bourassa et l’avenue Broadway, dans l’est de Montréal.

— Avec la collaboration de Daniel Renaud, La Presse

Montréal

Un jeune homme poignardé dans Saint-Michel

Un homme de 24 ans a été poignardé jeudi après-midi devant un commerce de l’arrondissement de Saint-Michel, à Montréal. Le suspect a été arrêté, et on ne craint pas pour la vie de la victime. Les policiers ont été appelés vers 13 h 30 pour une agression devant un commerce de la 10e Avenue, près du boulevard Robert. La victime a été blessée par arme blanche au haut du corps et transportée en centre hospitalier, a précisé l’agente Gabriella Youakim du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). « Selon les informations recueillies, c’est un possible conflit de travail entre les deux parties qui aurait dégénéré », a-t-elle ajouté. Le suspect, un homme de 21 ans, a été arrêté peu après. Il a comparu devant le tribunal vendredi. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales n’avait pas encore répondu aux demandes de La Presse concernant la nature des accusations et l’identité du suspect au moment de publier ce texte. L’organisation américaine Stop Antisemitism (Arrêter l’antisémitisme) a partagé sur Twitter une vidéo vendredi montrant un jeune homme assénant un coup au visage d’un autre à l’aide d’une paire de ciseaux. La légende et des tweets subséquents situent l’agression à Montréal jeudi et identifient la victime comme un homme juif orthodoxe de 24 ans. La Presse n’a pas été en mesure de confirmer l’authenticité des images ni qu’il s’agit bien du même évènement. La porte-parole du SPVM n’avait pas vu la vidéo vendredi soir, mais elle a indiqué que l’hypothèse d’un crime haineux était écartée.

— Frédérik-Xavier Duhamel, La Presse

Montréal doit en faire plus pour appliquer les recommandations de la VG

Montréal devra « identifier des ressources financières et humaines » pour augmenter le taux d’application des recommandations de sa vérificatrice générale (VG), dont plusieurs tardent à être appliquées, a recommandé vendredi une commission municipale. Dès cette année, il faudra en effet identifier les ressources nécessaires « ainsi que les outils adéquats afin d’augmenter davantage le taux de mise en œuvre des recommandations du Bureau du Vérificateur général », a affirmé le président de la Commission sur les finances et l’administration et maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais. En mai, dans son rapport annuel, la vérificatrice générale, Michèle Galipeau, déplorait que, globalement, « la majorité des engagements [n’étaient] pas honorés ». « Cette situation n’est pas acceptable », regrettait Mme Galipeau. Pour remédier à la problématique, la commission présidée par M. Lessard-Blais suggère de réaliser « une synthèse » qui présenterait « le portrait global et actualisé des recommandations non réalisées, par unités d’affaires, afin d’en faciliter le suivi » auprès des autorités municipales.

— Henri Ouellette-Vézina, La Presse

Défilé de Fierté Montréal annulé

Philippe Schnobb, ex-président de la STM, mènera l’enquête

C’est l’ancien président du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal (STM) Philippe Schnobb qui sera chargé de mener l’enquête indépendante sur Fierté Montréal, dans la foulée de l’annulation surprise et fortement dénoncée de son défilé, dimanche dernier. La Ville dit d’abord et avant tout vouloir « rétablir la confiance du public envers l’organisme ». « J’entame cette mission avec diligence et sensibilité. J’ai à cœur le succès des prochaines éditions de cet évènement essentiel pour la communauté et la Ville de Montréal. L’analyse que j’effectuerai, en collaboration avec le conseil d’administration de Fierté Montréal, permettra de solidifier la gouvernance de cette organisation et de rétablir la confiance du public », a expliqué le principal intéressé dans une déclaration, vendredi. Sa nomination a été officiellement entérinée la veille par le conseil d’administration de Fierté Montréal. M. Schnobb, qui travaillera de façon bénévole, dit souhaiter que les recommandations qui se dégageront de ses travaux « contribuent au succès et à la pérennité de la mission de Fierté Montréal ». De l’avis de l’administration Plante, l’expertise de M. Schnobb en gouvernance sera centrale durant l’enquête.

— Henri Ouellette-Vézina, La Presse

« Contamination élevée » de l’eau

La plage du parc-nature du Cap-Saint-Jacques fermée jusqu’à nouvel ordre

La très populaire plage du parc-nature du Cap-Saint-Jacques, dans l’ouest de Montréal, sera temporairement fermée en raison d’une « contamination bactériologique élevée » enregistrée lors d’un prélèvement des eaux, un peu plus tôt cette semaine. Dans un communiqué diffusé vendredi, le ministère de l’Environnement a en effet indiqué avoir convenu avec la Ville de Montréal de fermer l’endroit. « L’analyse des prélèvements effectués le 10 août a démontré que les eaux de baignade de cette plage n’étaient pas conformes aux normes de qualité bactériologique », ont indiqué les autorités. « En conséquence, la population doit s’abstenir de fréquenter [la plage] à des fins de baignade tant qu’un avis contraire n’aura pas été diffusé », précise aussi le Ministère, rappelant toutefois que « les citoyens peuvent avoir accès à d’autres plages participant au programme Environnement-Plage ». Sur son site, la Ville avance que la qualité de l’eau de la plage est cotée « D », et que la baignade y « est interdite jusqu’à nouvel ordre ». Il s’agit d’un changement important pour la qualité de l’eau dans le secteur qui, jusqu’en juin, avait une cote de A.

— Henri Ouellette-Vézina, La Presse

Pénurie d’eau potable

Iqaluit déclare l’état d’urgence

Iqaluit, capitale du Nunavut, a déclaré l’état d’urgence en raison d’une pénurie d’eau potable due au temps sec. La Ville affirme qu’il y a eu peu de précipitations cet été et que le débit de la rivière Apex, source d’eau secondaire d’Iqaluit, est à son plus bas depuis 40 ans. Par conséquent, le lac Geraldine, qui sert de réservoir d’eau pour Iqaluit, ne sera pas réapprovisionné avant le prochain gel, indique-t-on. La Ville assure qu’elle s’efforce d’obtenir l’approbation réglementaire pour pomper du lac voisin de l’eau supplémentaire dans la rivière Apex, puis dans le lac Geraldine. La Ville estime qu’elle devra pomper plus de 500 millions de litres d’eau. Ce pompage, s’il est approuvé, devrait prendre 40 jours.

— La Presse Canadienne

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