VOYAGE

Trophée Roses des Sables : une aventure solidaire

Chaque année au Maroc, des centaines de femmes venant de toute la francophonie se réunissent pour une compétition d’orientation dans le désert. Pour les Québécoises qui y participent, c’est l’expérience d’une vie ; une aventure intense où se dépasser et développer de belles amitiés, le tout sous le soleil du Sahara.

20 ans de désert et de passion

Le Trophée Roses des Sables est un rallye d’orientation qui s’adresse exclusivement aux femmes, tant aux sportives confirmées qu’à celles qui sont néophytes pour ce qui est de la conduite tout-terrain et de la course d’orientation.

Ce rallye féminin, imaginé par Désertours, a été inauguré en 2001. Son fondateur, Jean-Jacques Rey, un pilote émérite qui a fait ses classes à l’occasion du rallye Paris-Dakar, rêvait d’ouvrir les portes du désert aux femmes, sous-représentées dans les compétitions de moto et de voiture. Sa fille Géraldine, amoureuse des grands espaces, le seconde dans l’organisation, aidée d’une équipe de salariés et de bénévoles passionnés.

La compétition : ne pas perdre le nord

Les participantes, en équipe de deux ou en solo, s’engagent dans un périple de 5000 kilomètres qui les mènera jusqu’aux portes du Sahara. Attention : ici, la vitesse n’a pas d’importance. Pour les concurrentes, l’objectif consiste à réaliser chaque étape en passant tous les points de contrôle en ayant le moins de kilomètres au compteur.

Munies d’une boussole et d’un carnet de route, elles s’orientent d’un point A à un point B. En chemin, elles s’arrêtent régulièrement afin de prendre leurs repères et de discuter de « coupes » éventuelles ou des raccourcis qu’elles décident de prendre pour soustraire du kilométrage (sans manquer les points de contrôle).

Entraide et sécurité

Le rallye exige des compétences en conduite, quel que soit le bolide choisi : 4 x 4, autoquad biplace (communément appelé « véhicule côte à côte »), quatre-roues ou moto. Émilie Arcand, compétitrice de Québec, considère que nos hivers nous donnent une longueur d’avance : en effet, ne pas s’embourber dans la neige n’est pas si loin du défi qui consiste à ne pas s’enliser dans les dunes !

Suivant les valeurs de solidarité que prône la compétition, les équipes peuvent s’entraider, le tout sans pénalité, sauf si elles font appel aux mécaniciens professionnels — toujours présents sur les pistes — ou à l’équipe médicale. C’est l’une des grandes forces du Trophée : une organisation bien rodée, où aucun compromis n’est fait sur la sécurité.

Solidarité et dépassement de soi

Le Trophée Roses des Sables s’associe au Club des petits déjeuners, à la Croix-Rouge française, à Enfants du Désert et au Ruban rose, un organisme qui soutient les femmes touchées par le cancer du sein. Cette cause est intimement liée au Trophée Roses des Sables : de nombreuses participantes font de leur expédition un pied de nez au cancer.

Témoignages

Pour Alexandra Lafleur, 35 ans, le rallye s’avère un magnifique voyage : « C’est l’occasion de sortir de sa zone de confort, de se dépasser et de prendre du temps pour soi. » De son côté, Ninon Dalton, 49 ans, ne s’attendait pas à autant de difficultés. « Mais ça fait du bien à l’âme de se retrouver en équipe, d’échanger avec toutes ces femmes et de relever des défis au quotidien, dit-elle. C’est une multitude d’émotions. À la fin de chaque journée, on est crevées, mais tellement bien… »

Organiser son rallye

Le périple des « Roses », comme on les surnomme sur les pistes, débute longtemps avant de s’envoler vers le Maroc : les équipes doivent amasser près de 25 000 $ chacune pour couvrir les frais de participation, la location du véhicule, le voyage et les assurances. La plupart font appel à des commanditaires ou organisent des levées de fonds.

Côté hébergement, la caravane est logée dans un bivouac de tentes berbères, lequel sera déplacé deux fois au cours de la semaine. Après l’épreuve de la journée, les femmes regagnent le camp pour la douche, l’apéro, le repas, la vidéo récapitulative et le feu de camp, qui s’enchaînent paisiblement jusqu’au coucher.

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