Saisie record de crystal meth à Montréal

Une peine de huit ans pour 3,3 millions de dollars de drogues

Un homme apparemment sans histoire chez qui les policiers ont trouvé pas moins de 44 kilogrammes de cocaïne et 50 kilogrammes de méthamphétamine en cristaux (crystal meth) évalués à plus de 3 millions de dollars a été condamné à huit ans de pénitencier il y a deux semaines.

Après avoir vu deux juges de la Cour du Québec et de la Cour supérieure lui refuser coup sur coup sa liberté provisoire, Peter Taylor a décidé de plaider coupable à un chef de possession de drogue dans un but de trafic. Il a aussitôt été condamné à huit ans d’emprisonnement par la juge Nathalie Duchesneau, de la Cour du Québec, qui a ainsi entériné une suggestion commune de la poursuite et de la défense.

Taylor, 49 ans, a été arrêté le 25 mars dernier par les enquêteurs de la Division du crime organisé (DCO) du Service de police de la Ville de Montréal dans le cadre d’une enquête baptisée Amener. Après avoir reçu en décembre 2020 des informations voulant qu’un individu soit impliqué dans le trafic de drogue, les enquêteurs se sont mis à suivre ce dernier, qui les a menés à d’autres suspects, dont Peter Taylor.

Après avoir observé Taylor à 44 reprises entre janvier et mars derniers, allant même jusqu’à installer des caméras de surveillance devant sa résidence de la rue Henri-Dunant, les policiers l’ont appréhendé le 25 mars et ont découvert chez lui d’importantes quantités de cocaïne et de méthamphétamine en cristaux cachées dans un coffre à outils sur roulettes.

Après son arrestation, Peter Taylor a indiqué aux policiers où la drogue était cachée. Il a ensuite refusé de collaborer, indiquant toutefois aux enquêteurs qu’il s’était fait burner (fait voler de l’argent ou de la drogue) pour une somme de 300 000 $ à 500 000 $ dans le passé et qu’il n’avait pas eu le choix de garder cette drogue, en raison de sa dette.

Peter Taylor, qui n’avait pas d’antécédents judiciaires et qui semblait mener une vie rangée, a déjà été gardien de sécurité durant 15 ans pour une firme reconnue et se rendait travailler normalement tous les matins chez un concessionnaire de motocyclettes du sud-ouest de Montréal durant l’enquête Amener.

Lien avec les Hells Angels ?

L’un de ses coaccusés était Lauro Baba, qui habitait le même immeuble que lui. Baba est mort dans une collision alors qu’il était aux commandes de sa moto, sur l’autoroute 13, à la hauteur du boulevard Gouin, dans le nord de Montréal, le 20 mai dernier.

Selon ce qu’un enquêteur a raconté en cour et d’après nos informations, Baba était membre des Rolling Aces, un club subalterne des Hells Angels, dont le parrain serait un membre de la section de Montréal.

Les enquêteurs de l’enquête Amener ne sont vraisemblablement pas parvenus à arrêter et à accuser les têtes dirigeantes du réseau à qui appartenait la drogue.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.

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