Les Grands Explorateurs

Soirée de lancement de la saison 2022-2023

Un retour haut en couleur pour Les Grands Explorateurs lors de la soirée de lancement de la saison 2022-2023 au Cabaret du Lion d’Or à Montréal marquant dignement leurs 50 ans d’exploration, d’aventures et de découvertes à travers le monde. Une salle emblématique, un public impatient, un conférencier heureux de faire découvrir son expérience hors du commun au travers d’un film émouvant.

En effet, c’est le jeudi 8 septembre dernier que le film « Rêves d’Afrique » des réalisateurs et globe-trotters Muammer Yilmaz et Milan Bihlmann, a été présenté en avant-première. Muammer étant présent pour raconter leur expérience, répondre aux questions du public et dédicacer leur livre « Le tour du monde en 80 jours… sans un sou ». Le film du même nom avait été présenté auparavant avec un vif succès par Les Grands Explorateurs à la saison 2018-2019 et représenté dans la formule virtuelle en ligne en 2019-2020.

Arrivé au sein de ce magnifique lieu choisi pour l’occasion, le public a pu découvrir une ambiance intime, regroupant près de 130 personnes, dont des ambassadeurs, partenaires et autres fidèles abonnés. Les convives ont pu visionner le film où se mêlent générosité, solidarité et bienveillance, des valeurs partagées par les Grands Explorateurs, qui sont fiers de lancer cette nouvelle saison avec ce duo de voyageurs optimistes au grand cœur.

Le public a pu plonger dans ce beau voyage, positif et solidaire, où l’on découvre à quel point chaque pays d’Afrique est différent. Muammer et Milan ont rencontré une foule de gens, échangé, aidé et parfois même changé des vies. Ils nous ramènent à l’essentiel avec cette devise « moins l’on s’occupe de soi, plus on peut s’occuper des autres ». Curieux du monde, ils nourrissent un intérêt particulier pour les peuples, pour leurs différences culturelles, leurs coutumes et leurs croyances. Nos deux voyageurs munis d’un petit sac à dos de dix kilos chacun-essentiellement du matériel de tournage, un jeu de cartes et un diabolo-, ont su gagner la confiance des hommes et des femmes croisés sur leur route. Leur méthode était simple : pas d’itinéraire, pas d’apriori, et une foi inébranlable en l’autre. Ces deux aventuriers, partis sans rien ou presque, nous prouvent qu’avec de l’écoute, de la communication, un peu de technologie et parfois un simple tour de cartes, on peut changer le monde…

Ce fut donc une belle soirée de célébration qui a permis de lancer cette 50e saison, « 50 ans ensemble, l’extraordinaire aventure », et pour l’occasion entourée des fans appartenant à cette grande famille passionnée de voyages et de découvertes qu’est Les Grands Explorateurs.

Quand la santé des femmes devient un business comme un autre

De l’application numérique pour le suivi du cycle menstruel au yoga des hormones, la santé des femmes, longtemps négligée, est un écosystème en pleine expansion, sur fond de décollage des « femtech ». Mais aussi un marché fourre-tout, au point de devenir un business comme un autre.

C’est un récent rapport du cabinet de conseil McKinsey qui l’affirme : si la santé féminine a longtemps été considérée comme un « marché de niche » – bien qu’elle concerne la moitié de l’humanité –, les choses commencent à changer, avec à la clé, aussi, « de nouvelles opportunités » pour les investisseurs.

Les jeunes pousses spécialisées dans ce domaine, nées avec l’essor des nouvelles technologies, ont même un nom : les « femtech », contraction de « female » et « technology ». Ce marché représenterait 50 milliards de dollars américains en 2024, d’après le cabinet Frost & Sullivan.

Mais au confluent de la santé, un secteur très encadré, et du bien-être, aux règles beaucoup plus floues : vêtements spéciaux pour la ménopause, tisanes fertilité, compléments alimentaires, le champ des possibles est immense et ne répond pas à des règles identiques.

Manque de validité

Or c’est l’un des problèmes posés par l’intérêt croissant des entreprises pour le sujet de la santé féminine : le manque de validation scientifique. Ainsi, un dispositif médical doit répondre à des normes strictes.

Fondatrice de la jeune pousse Fizimed, qui a mis au point une sonde de rééducation du périnée, Emeline Hahn a fait valider son produit par un essai clinique.

Ce n’est pas le cas de tous ses concurrents, regrette-t-elle : « Faire un essai clinique permet de prouver l’intérêt du dispositif et de sortir de la case “gadget”. Mais cela représente de gros investissements, c’est aussi pour cela que tout le monde ne le fait pas. »

« On parle souvent du marquage CE, qui permet d’indiquer que tel produit correspond aux normes de sécurité en vigueur. Mais ce n’est pas un essai clinique, qui prouve son efficacité. Cela peut être trompeur pour les consommatrices. »

— Emeline Hahn, fondatrice de Fizimed

Autre point d’attention, propre aux applis en ligne : la question de la confidentialité. Car si le règlement européen RGPD protège en effet l’utilisation des données de santé, il existe « un flou dans lequel s’engouffrent des prestataires » qui vont parfois préférer parler de données de « bien-être », souligne Lydia Morlet-Haïdara, directrice de l’Institut Droit et santé de l’Université Paris Cité, spécialiste du numérique.

En outre, « quand on télécharge une appli, on accepte des conditions générales d’utilisation et on donne son consentement : derrière, tout dépend de ce que l’on autorise », avertit Mme Morlet-Haïdara. D’où l’importance de lire en détail ces fameuses « CGU ».

Négligence

Le développement de ces offres vient cependant répondre, de façon plus ou moins sérieuse, à des problèmes trop longtemps laissés sans solution. Car les femmes ont souvent été considérées comme des patientes aux récriminations plus ou moins valides par des médecins traditionnellement masculins. De nombreuses études ont analysé la question, montrant du doigt notamment la sous-représentation historique féminine dans les essais cliniques.

Pour le Dr Thomas Borel, directeur des affaires scientifiques de la fédération des entreprises du médicament (Leem), s’il n’y a pas aujourd’hui de différence dans le souhait d’inclusion d’hommes et de femmes dans les essais cliniques, il existe « toutefois un certain déficit dans l’analyse en fonction du genre ».

Un phénomène qui n’est pas sans conséquence : le rapport de McKinsey note que les femmes ont « deux fois plus de risques que les hommes d’expérimenter des effets indésirables après la prise de médicaments ».

Hors oncologie, approximativement 1 % des dépenses en recherche et innovation dans la santé sont consacrées à des maladies propres aux femmes, poursuit McKinsey.

Exemple emblématique de la négligence associée à la santé des femmes, l’endométriose commence tout juste à devenir une affection reconnue, correctement diagnostiquée. C’est aussi l’une des pathologies sur lesquelles se penchent d’innombrables applis. Mais la recherche, elle, demeure au ralenti.

C’est l’arbre qui cache la forêt, juge Claudine Junien, professeure de génétique et membre de l’Académie de médecine. « On dit qu’on s’occupe de la santé des femmes parce qu’on parle d’endométriose, mais qu’en est-il d’autres maladies, comme les maladies auto-immunes, où il existe des différences importantes entre les sexes ? », interroge-t-elle.

Ainsi, « les femmes ont neuf fois plus de risques de développer un lupus érythémateux que les hommes. Il faudrait que tous les essais sur les médicaments incluent des animaux mâles et femelles », plaide la médecin.

Il y a aussi les risques cardiovasculaires pour les femmes, qui demeurent mal connus du grand public, déplore la professeure Claire Mounier-Vehier, cardiologue, qui cherche à promouvoir un meilleur diagnostic. « Si on communique avec un langage adapté, les femmes vont apprendre à reconnaître leurs symptômes », explique-t-elle.

Dans ce contexte, les nouvelles offres de santé pour les femmes « représentent une avancée », avance Emeline Hahn. « Mais s’il devait y avoir un problème lié à certains produits non testés cliniquement, cela pourrait nuire à tout le secteur », juge-t-elle.

Pour preuve, l’actrice et gourou du bien-être Gwyneth Paltrow s’est illustrée il y a quelques années avec des « œufs » pour vagin de sa marque Goop, présentés un temps, sans validation scientifique, comme une solution pour réguler le cycle menstruel. Goop a été condamnée en 2018 pour publicité mensongère.

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