Temple de la renommée

Larry Walker officiellement parmi les immortels

Larry Walker l’a souvent dit : il ne se considère pas comme un membre du Temple de la renommée du baseball. Il devra s’y faire : l’institution de Cooperstown lui a officiellement ouvert ses portes.

« Je me considère comme quelqu’un de moyen dans tous les aspects de ma vie, et ça me sied bien, a-t-il dit en fin d’allocution. Mais de vous dire, en me tenant sur cette scène en ce moment, que je me sens moyen serait un pur mensonge. J’ai été sur un nuage toute la journée. »

« Je dois remercier les journalistes qui ont coché mon nom sur les bulletins de vote. Même ceux qui ne l’ont pas fait : votre travail est ardu », avait-il dit plus tôt.

Après 10 années sur les bulletins de vote et 21 mois d’attente, l’ex-voltigeur des Expos de Montréal a officiellement fait son entrée au Temple de la renommée, mercredi.

Élu en janvier 2020 à sa dernière année d’admissibilité en compagnie de l’arrêt-court des Yankees de New York Derek Jeter, Walker a ensuite vu la pandémie repousser la cérémonie d’abord prévue pour juillet 2020. Elle a de nouveau été reportée en juillet dernier, avant que le Temple ne profite des allègements aux protocoles sanitaires pour tenir l’évènement mercredi.

Walker, qui devient le deuxième Canadien seulement – et le premier joueur de position – après Ferguson Jenkins à être admis à Cooperstown, portera à tout jamais la casquette des Rockies du Colorado sur sa plaque ornant les murs du Temple.

« Je ne suis pas très réseaux sociaux, mais il y a quelques années, j’avais créé le mot-clic #FergieNeedsaFriend [Fergie a besoin d’un ami]. Fergie, c’est un honneur de t’y rejoindre. »

Walker a d’ailleurs fait une belle place à ses années à Montréal – son ex-coéquipier Tim Wallach était d’ailleurs parmi ses invités – dans son allocution.

« Je serai toujours reconnaissant que les Expos de Montréal m’aient donné une chance de jouer au baseball professionnellement.

« À tous les partisans des Expos et aux gens de Montréal, ça a été un grand honneur de porter cet uniforme et de représenter mon pays. J’ai apprécié plusieurs bonnes années à Montréal, aucune autant que 1994. Nous avons tous perdu beaucoup en raison de l’arrêt de la saison cette année-là. Qui sait ce qui serait arrivé, mais j’imagine encore ce que ça aurait été que de donner une Série mondiale au Québec. »

« Aux partisans de Montréal qui espèrent que leur équipe revienne, je me joins à vous et j’espère qu’avant longtemps, le baseball majeur retournera dans votre belle ville. »

– Larry Walker

« Merci, Canada ! Merci de l’appui que vous m’avez donné tout au long de ces années. Je partage cet honneur avec tous les Canadiens et j’espère que les jeunes Canadiens qui regardent aujourd’hui et qui ont pour rêve de jouer dans les Majeures auront une raison de plus de le poursuivre. »

Le baseballeur de Maple Ridge, en Colombie-Britannique, a été admis après avoir vu son nom inscrit sur 76,6 % des bulletins de vote remis par les membres de l’Association des chroniqueurs de baseball d’Amérique (BBWAA).

Au cours de sa carrière de 17 saisons avec les Expos (de 1989 à 1994), les Rockies (de 1995 à 2004) et les Cardinals de St. Louis (2004-2005), Walker a remporté le titre de joueur par excellence de la Ligue nationale, trois championnats des frappeurs, sept Gants d’or, trois Bâtons d’argent et participé cinq fois au match des Étoiles.

Il a terminé sa carrière avec des moyennes offensives de ,313/,400/,565 ; 2160 coups sûrs, dont 417 doubles et 383 circuits, 1311 points produits, 1355 points comptés et 230 buts volés.

Le show Jeter

La plupart des spectateurs réunis au Clark Sports Center de Cooperstown n’étaient toutefois pas vêtus de la chemise numéro 33 de Larry Walker, mais bien de celle numéro 2 de Derek Jeter.

L’ex-capitaine des Yankees a obtenu la faveur de 99,7 % des électeurs lors du scrutin de janvier 2020. Il n’a pas manqué de souligner qu’un seul journaliste n’avait pas voté pour lui.

« Je voudrais remercier tous les journalistes, sauf l’un d’entre vous », a-t-il dit en riant.

Jeter a terminé sa carrière avec 3465 coups sûrs, le sixième total de la MLB, a maintenu des moyennes offensives de ,310/,377/,440 et commencé 2660 matchs à l’inter, le plus grand nombre dans toute l’histoire du baseball, en plus de remporter cinq fois la Série mondiale.

« D’avoir pu jouer toutes ces années avec une seule équipe, c’est à cause du Boss [l’ex-propriétaire George Steinbrenner] et de la famille Steinbrenner. Tout le monde dit à quel point c’est difficile de jouer à New York et surtout pour les Yankees. Le Boss est exigeant et il exige le meilleur de vous-même. Il l’a fait pour voir si j’étais capable d’assumer mon rôle au sein de ce club, de mener les Yankees.

« Nous avons pu bien nous entendre parce que nous n’avions qu’un objectif : gagner. Tout au long de ma carrière, tout ce que je voulais, c’était de gagner plus que les autres. Et nous l’avons fait. »

Une fois le discours de Jeter terminé, les nombreux partisans des Yankees qui avaient fait le trajet ont scandé son nom, comme ils l’ont si souvent fait au Yankee Stadium au cours de sa carrière de 20 ans.

« Quelle sensation ! Après un certain temps, vous oubliez à quel point c’est une bonne sensation ! »

– Derek Jeter

Les deux hommes ont été intronisés en même temps que l’ex-homme fort de l’Association des joueurs Marvin Miller (à titre posthume), ainsi que l’ex-receveur des Cardinals Ted Simmons, élus par le comité de l’ère moderne, en décembre 2019.

Simmons, qui a connu une brillante carrière avec les Cardinals, les Brewers de Milwaukee et les Braves d’Atlanta, est devenu le premier joueur intronisé après avoir été exclu à sa première année d’admissibilité.

Ses 2472 coups sûrs constituaient le plus haut total pour un receveur au moment de se retirer, en 1988. Seul Ivan Rodriguez l’a devancé depuis. Cela n’avait pas impressionné les journalistes électeurs à sa première année d’admissibilité : il n’avait pas obtenu la faveur de 5 % d’entre eux, si bien que son nom avait été retiré des bulletins subséquents.

Le comité de l’ère moderne a visé juste en lui ouvrant les portes du Temple.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.